‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 93 sur 142 · Partie latérale de droite. — Pavillon nord. — Deuxième étage · texte numérisé non relu

Partie latérale de droite. — Pavillon nord. — Deuxième étage

BOUGAINVILLE (Louis-Antoine de)

NAVIGATEUR

Louis- Antoine de Bougainville naquit à Paris le 12 novembre 1729.

Il fit d’excellentes études, surtout dans les langues anciennes et les sciences exactes et, jeune encore, publia, en 1752, la première partie de son Traité du calcul intégral, dont la suite parut en 1756. Il posa ainsi Us fondements de sa réputation de savant, avant d’entrer dans la carrière militaire qu’il devait parcourir avec tant d’éclat.

En 1753, il entra comme aide-major dans le régiment de Picardie; Tannée suivante, il devint aide de camp du général Chevert, puis secrétaire d’ambassade à Londres. En 1756, il accompagna Montcalm au Canada.

Dans cette expédition, Bougainville se distingua par de nombreux traits de valeur; il se montra à tous les postes les plus périlleux et fut blessé, le 6 juin 1758, d’un coup de feu qu’il reçut à la tête.

Le gouverneur du Canada, ne se croyant pas en état de défendre la colonie, le chargea d’aller auprès du roi solliciter des renforts; Bougainville se rendit en France, mais ne réussit pas à obtenir ce qu’il avait mission de demander.

Le ministre, surchargé d’embarras à l’intérieur, lui répondit avec insouciance : « Quand le feu est à la maison, on ne s’occupe pas des écuries. — On ne dira pas du moins, monsieur, répondit Bougainville, que vous parlez comme un cheval. » Toutefois, en récompense de ses services, il reçut le grade de colonel et la croix de Saint-Louis.

De retour au Canada, Montcalm le nomma commandant des grenadiers et des volontaires et lui ordonna de couvrir, avec ses deux corps, la retraite de l’armée française lorsqu’elle se replia sur Québec. Bougainville s’acquitta de cette tâche avec la bravoure et l’habileté dont il avait donné tant de preuves. La bataille du 10 septembre 1759, où Montcalm fut tué, décida du sort de la colonie et mit fin aux exploits de Bougainville dans ces contrées.

Cette première partie de la longue carrière de Bougainville offre une suite de services et d’actions d’éclat dont tout homme, avide de gloire, aurait pu se contenter ; mais son génie ardent ne lui permettait pas de se borner à ses premiers succès. La paix le privait des moyens de s’illustrer de nouveau les armes à la main, il se fit navigateur.

Ayant obtenu du roi l’autorisation de fonder, à ses frais, un établissement aux îles Malouines, il partit de Saint-Malo avec une petite flotte, en 1763. Mais l’Espagne, jalouse de cette colonie naissante qui venait se former près de ses possessions, la réclama pour elle. On crut devoir faire droit à ses revendications, et Bougainville fut chargé de remettre lui -même ces îles, à condition que le gouvernement espagnol le dédommagerait de ses frais.

Ce fut alors qu’il entreprit, de 1766 à 1769, son voyage autour du monde pendant lequel il fit de nombreuses découvertes géographiques dans l’océan Pacifique et dont le récit, publié par lui-même, a illustré son nom et est devenu son premier titre de gloire comme navigateur. Il commanda enfin plusieurs vaisseaux pendant la guerre d’Amérique, devint chef d’escadre en 1779, et fut chargé, en 1790, de commander l’armée navale de Brest; mais bientôt il se retira définitivement du service pour ne plus s’occuper que de sciences. Elu à l’Institut dans la section de géographie en 1796, et nommé ensuite membre du Bureau des longitudes, il devint sénateur sous l’Empire.

Bougainville, dont la vie fut si remplie et si accidentée, mourut le 31 août 1811 dans sa quatre-vingt-neuvième année.

BOUGAINVILLE (Louis-Antoine de)

NAVIGATEUR

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STATUE DE M. E.-L. TRUFFOT

FAÇADE SUR LA RUE LOBAU

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