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MATHÉMATICIEN

Alexis-Claude Clairaut naquit à Paris le 7 mai 1713. Son père, Jean-Baptiste Clairaut, maître de mathématiques distingué, l’initia, de bonne heure, à la science qu’il professait.

Il y fut, d’ailleurs, engagé par la justesse d’esprit que fit paraître l’enfant, pour ainsi dire, dès qu’il put parler.

Il commença par exciter sa curiosité pour la géométrie en’ lui enseignant à connaître les lettres de l’alphabet sur les figures des Élénienls d’Euclide, dont les ouvrages, écrits avant notre ère, servent encore de base à l’enseignement de la géométrie.

On sait, en effet, que, vers l’an 320 avant J. -G., le célèbre savant grec enseigna les mathématiques à Alexandrie, sous Ptolémée Philadelphe, qu’il compta au nombre de ses disciples.

On raconte même que le roi, rebuté des difficultés que lui offrait l’étude de la géométrie, demanda à Euclide s’il n’y avait pas une voie plus facile pour l’apprendre et que celui-ci lui répondit : «Non, il n’y a pas de route royale pour les mathématiques. »

Le jeune Clairaut, moins rebelle à l’étude de cette science que le monarque égyptien, fit de tels progrès qu’à neuf ans il avait assez de connaissances techniques pour comprendre et développer les opérations d’un simulacre de siège qu’on fit, à cette époque, au camp établi à Montreuil, près Paris, en 1772, pour l’inAruction du jeune roi Louis XV.

Clairaut montrait alors un grand désir d’embrasser la carrière militaire, et son père tira plus d’une fois partie de ce penchant pour l’exciter aux études mathématiques.

A treize ans, le jeune Clairaut présentait déjà plusieurs mémoires à l’Académie des sciences et, à dix-sept ans, il publiait les liecherclies sur les courbes à doubles courbures qui attirèrent sur lui l’attention du monde savant.

En 1731, Clairaut fut jugé digne d’entrer à l’Académie; mais, comme il n’avait que dix-huit ans, on fut obligé de demander au roi une permission spéciale pour lui présenter le jeune candidat, le règlement portant qu’on n’y était éligible qu’à vingt ans. Cette dispense fut accordée alors pour la première fois; il n’y eut pas lieu à la solliciter depuis.

A peine entré à l’Académie, Clairaut fut désigné pour faire partie de la commission scientifique envoyée en Laponie pour y déterminer la longueur d’un degré du méridien. Peu après son retour (17Zi3), il donna sa Théorie de la figure de la terre, fondée sur la loi de l’attraction, puis sa Théorie de la lune, qui remporta le prix proposé par l’Académie de Saint-Pétersbourg en 1750.

Indépendamment d’une foule de mémoires académiques et des ouvrages plus considérables cités plus haut, Clairaut a laissé des Eléments de géométrie et des Eléments d^algèbre très estimés.

Il forma des élèves qui lui firent honneur; de ce nombre était l’illustre et malheureux Bailly.

Clairaut ne s’est pas marié. Très répandu dans le* monde, il se livra trop à l’empressement général qu’on avait de le connaître et de le posséder. Voulant allier le plaisir à ses travaux ordinaires, il abusa des soupers et des veilles et perdit le repos.

Sa santé en fut ébranlée, et la maladie l’enleva aux sciences à l’âge de cinquante-deux ans, le 17 mai 1765.

CLAIRAUT (Alexis-Claude)

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