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IMPRIMEUR. — LITTÉRATEUR

Firmin Didot naquit à Paris en 176Zi. Il appartient à une famille d’imprimeurs-libraires qui, à l’égal de la famille Estienne au XV® et au XVI® siècle, contribua beaucoup au progrès de l’imprimerie moderne, et dont François-Ambroise Didot (1750-180/i), père de Firmin, fut la souche.

Firmin Didot se distingua de bonne heure par son goût pour les lettres et par les nouveaux progrès qu’il fit faire à l’art de la typographie déjà illustré par son père.

Comme graveur et fondeur, nul ne l’a surpassé.

C’est lui qui fondit les beaux caractères qui ont servi à l’impression de la magnifique collection in-folio, dite « du Louvre » et qui comprend un Virgile, un Horace et un Racine, trois volumes in-folio ornés de gravures d’après les dessins de Gérard, Girodet, Prud’hon et Chaudet, les Voyages de Denon, VIconographie de Visconti, les Fables de La Fontaine, la Henrîarie de Voltaire.

En 1797, il imagina de fixer les types mobiles qu’il employait pour l’impression des Tables de logarUhmes de Callet, et de les faire arriver ainsi à une correction absolue.

Ce procédé lui fit découvrir la stéréotypie.

Ce nouvel auxiliaire de l’art qu’il appliqua, après l’avoir perfectionné, aux classiques français et latins, rendit un grand service aux lettres.

Didot, d’ailleurs, dans toutes les éditions qu’il produisit, eut toujours un respect scrupuleux des textes et un soin particulier de la correction.

Les hommes les plus distingués de la France et de l’étranger se sont plu à visiter l’établissement de Firmin Didot, où les diverses branches de la typographie se trouvaient réunies.

L’empereur de Russie, Alexandre, y vint en 181à; il examina tout dans le plus grand détail, et confia à Firmin Didot deux jeunes Russes pour les instruire dans son art.

S’étonnant de la rapidité avec laquelle les feuilles sortaient de la presse (c’étaient alors des presses à bras), le czar dit au célèbre imprimeur : « Vous avez là aussi votre artillerie non moins puissante que la nôtre. »

C’est dans l’établissement de Firmin Didot que les grands imprimeurs de tous les pays envoyèrent leurs fils s’instruire dans l’art de l’imprimerie.

Après avoir voyagé en Italie, en Grèce et en Espagne, Firmin Didot abandonna, en 1827, les affaires de sa maison à ses deux fils, Ambroise et Hyacinthe, et vint, cette même année, s’asseoir à la Chambre des députés comme représentant du département d’Eure-et- Loir. Il fit partie de l’opposition constitutionnelle et signa l’adresse des 221, en 1830.

Érudit écrivain en même temps qu’habile typographe, Firmin Didot est auteur de deux tragédies, la Reine de Portugal et la Mort d’Annibal, remarquables, l’une et l’autre, par une fermeté de style qui rappelle quelquefois la manière de Corneille.

On lui doit aussi des traductions en vers français des Bucoliques de Virgile, des Chants de Tyrtée, des Idylles de Théocrite, aussi remarquables par la fidélité que par l’élégance du style, une Notice sur Robert et Henri Estienne, etc.

H mourut le 2à avril 1836 dans sa soixante-douzième année.

Firmin DIDOT

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