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PLACE VENDOME

C’est à Louvois, ministre et surintendant des bâtiments sous Louis XIV, qu’est due l’idée première d’une place mettant en communication la rue Saint-Honoré et la rue des Petits-Champs. Louvois portait un vif intérêt à son quartier, aussi voulut-il que la place, dont les plans et les achats de terrains venaient d’être approuvés par le roi en 1685, eût des proportions grandioses et qu’on y bâtit sur ses côtés des établissements publics. On acheta tous les enclos qu’y possédait César de Vendôme, fils légitimé d’Henri IV et de Gabrielled’Estrées. Jules Hardouin Mansart donna bientôt les dessins. La place s’édifia peu à peu, et, en 1699 le 13 août, on la décorait d’une statue de Louis XIV, œuvre de Girardon.

Le gouverneur de Paris d’alors, M. de Gesvres, se souvenant de la récente flatterie de La Feuillade, fit une cérémonie d’inauguration qui rappelait celle de la place des Victoires. Quant au monument, il se composait, outre la statue, d’un colossal piédestal de marbre blanc de 30 pieds de haut sur 24 de long et 13 de large; il était orné de cartels, de bas-reliefs et de tro-

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phées en bronze doré sculptés par Coustou. Sur ses quatre faces étaient des inscriptions latines, composées par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, relatives aux grandes actions du monarque et exprimant particulièrement la reconnaissance de la ville de Paris.

En 1792, la statue fut détruite et fondue. La place Vendôme s’appela place des Piques. Cette section des Piques fut une des plus chaudes et des plus remuantes : Robespierre en faisait partie. Le 24 janvier 1793, on y célébra les funérailles de Le Peletier- Saint-Fargeau, dont le lit de mort fut placé sur le piédestal de la statue détruite. Le 19 février 1796, on y brisa et brûla solennellement tous les instruments qui avaient servi à la fabrication des assignats.

A la fin de 1805, après la mémorable campagne d’Ulm et d’Austerlitz, l’empereur décréta qu’une colonne faite de bronze avec les 1,200 canons autrichiens et russes, serait érigée à Paris pour éterniser les victoires de la Grande Armée. Les Romains, qui se croyaient prédestinés à la conquête du monde, n’avaient pas agi autrement. C’est par des arcs de triomphe, des colonnes monumentales, de fastueux trophées* qu’ils attestèrent à leur époque et dans les différentes contrées qu’ils avaient asservies l’éclat de leurs conquêtes.

Napoléon , enclin à les imiter, décida donc que la colonne d’Austerlitz devait avoir les proportions de la colonne Trajane et qu’elle serait élevée sur la ci-devant place Vendôme. Le baron Denon, direc-

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teur général des musées, fut chargé d’en surveiller l’exécution.

Celui-ci choisit le peintre Bergeret pour composer les dessins des bas-reliefs qui montent en spirale autour de la colonne, PeyrepourFarchitecte, et le célèbre Chaudet pour sculpter la statue de l’empereur.

« Les dessins mis à exécution dans ce beau et grand monument, écrit Bergeret lui-même, portent 845 pieds de développement; j en fis près de 1,000 dans l’espace de quatorze mois.

Ce surcroît de travail fut occasionné par des chan-

ofements

qu

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lait faire, tantôt

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