IT STATUE. — LA SANTÉ
La Santé est, dans saint Anselme, la cinquième Béatitude du corps, la cinquième aussi dans la série collective; elle suit la Liberté et précède la pure Volupté.
La Santé a pour sceptre un étendard et pour armoiries trois poissons. Le sceptre et l'étendard déployé sont les marques de la souveraineté et de la victoire. La Santé tient un étendard, parce qu'elle a vaincu l'Infirmité, qui est en même temps son contraire et la sœur aînée de la Mort.
<c Quelques auteurs, dit Vulson de la Colombière, en parlant des poissons \ les ont fait servir de hiéroglyphe pour dénoter la santé, suivant ce proverbe : <« Il est sain comme un poisson. i>
«La cinquième partie de la Béatitude, dit saint Anselme, est la Santé; son contraire est l'infirmité. L'homme, en entrant dans la vie, commence à manquer de celle-là et à subir celle-ci. Le premier cri qu'il fait entendre est
* La Science hér(nqv£y chap. 29.
une expression de douleur. Déjà il est tributaire de la faim, de la soif, de l'anxiété et de toutes les exigences
du corps — Comment définir la Santé céleste? Le
psalmiste Ta fait dignement dans ce peu de mots : « La santé des justes leur viendra de la main de Dieu^ r> Quant à ce qu'elle est sur la terre, comment aussi la définir? Nous nous persuadons posséder la santé quand nous ne sentons en nous aucune douleur ; mais combien nous nous abusons I Cette santé imaginaire ne redoute-t-elle pas jusqu'au moindre contact, à la moindre pression? L'homme qui se croit le plus sain, si vous le heurtez, si vous serrez fortement l'un de ses membres, de quelque façon que ce soit, s'écrie aussitôt qu'on le blesse et n'a plus de repos que l'on n'ait cessé. Ne se disait-il pas sain tout à l'heure? Pourquoi maintenant ces plaintes? Pourquoi ces clameurs? Est-ce donc là être sain? Assurément non. Aussi, la santé que Dieu communiquera à nos corps sera bien différente... La santé, dans rette autre vie, sera étemelle et inaltérable; telle sera la santé du juste. Les pervers souffriront tous les maux contraires, et ces maux seront sans remède '. »