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Conze, Alt. Grabreliefs, n° 1084, pl. CCXXI

2. Gecil Smith, Burlington Magazine, mars 1908, p. 33 r et suiv. avec deux planches. E.-A. Gardner , Journal of Hellen. Stiulies, t. XXVIII, 1908, p. 1 38 et suiv., pl. XXVII-XXIX. Cf. S. Reinach, Gaz. des Beaux-Arts,

pér., t. III, 1910, p. 81-82.

3. Elle a di'i être copiée à Rome. Une réplique se trouve à Florence. S. Reinach, Rèpert. stat., II2 3, p. 666, 7. M aria Millington Evans, Burlington Magazine, septembre 1910, p. 371, avec planche.

4. M. Cecil Smith propose de la placer à la fin du ive siècle, ce qui nous semble être une date trop basse. M. E.-A. Gardner y voit une œuvre contemporaine de la jeunesse de Praxitèle. Nous serions plus volontiers d’accord avec lui.

LE IV SIÈCLE. — i.LS IMAGES DES DEFUNTS

absolument nouveau. 11 a déjà éié traité au v' siècle, avant 45o, par le sculpteur inconnu auquel est dû l’original <1 une statue souvent copiée, celle de la femme drapée qui a été restituée par VI. Vmelung avec la tète dite d Aspasie'. Mais combien la différence est frappante entre cette statue à la draperie rigide et la nouvelle venue du British Muséum ! Dans 1 intervalle prend place toute une évolution de style dont les étapes sont marquées par les ligures drapées du Parthénon, et par les prototypes des Muses niant méennes. V n en pas douter, la statue de Londres est apparentée à ces dernières, et trahit I influence des innovations introduites dans la draperie par Praxitèle. Si la tête garde un certain caractère sévère, sans être nécessairement, comme le pense M. E. A. Gardner.

« pré-praxitélienne », le vêtement est traité avec un sens du pittoresque et une sorte de naturalisme qu’on ne comprendrait pas dans une œuvre antérieure à la période de floraison du grand sculpteur athénien. I) autre

part, l’expression du visage et 1 attitude dénotent une recherche discrète du pathétique qui est bien du même temps. C est à un contemporain de Praxitèle qu il faut faire honneur de la statue du British Muséum. Elle est bien la sœur de la « ficus mutrona » sculptée par le maître de la Cnuhcnne.

Nous rapprocherons volontiers de la statue de Londres une jolie tète provenant de Thasos, et appartenant à la collection NV ix de Zsol na, à V lenne "( lig . 96). J1 ne parait point douteux qu elle ail été détachée d une statue tombale. Le voile, ramené sur la tète, encadre un visage pensif , aux traits lins, aux yeux allonges

Fig. 96. — Tête féminine trouvée à Thasos (Vienne, Collection Wix de Zsolna). D’après les 11 irner Jahreshefte, XI. i(|o8.

t . Amclung, Roem. Miltheil., XV, 1900, p. 181, pl. III— IV . Voir page 1 0>. lig. 09. a. H. Sitte, Wiener Jnhreshefle. XI, 1908, p. 1 5 3-1 54* pl. 1 1 1TV , cl lig pi.

LES STATUES FUNÉRAIRES 1)1 V ET DI IVe SIÈCLE

entre îles paupières qui semblent a demi closes, tant le regard est noyé; il laisse voir au-dessus du Iront deux bandeaux divisés par des sillons parallèles. Ce détail de coillure, aussi bien que le modelé nuancé du visage, crée une certaine analogie entre la tète de Thasos et celle de la Corc de Munich, œuvre d un contemporain <li‘ Praxitèle1. Ce qui est certain, c est que I influence atlique se manifeste ici très nettement. En publiant ce remarquable morceau, M. H. Sitte émet I hypothèse qu il a appartenu à une statue funéraire représentant la morte debout et drapée de 1 himation formant voile. Le type serait identique à celui < ( u i nous est connu par un autre marbre de Thasos, une statue de femme debout, conservée au Musée impérial ottoman de Constantinople" (lig. 97). Cette dernière n est. 1! est vrai, qu une œuvre décorative de I époque hellénistique ou gréco-romaine. Mais le copiste avait certainement sous les yeux un original du i\ siècle, et probablement une statue tombale. La forme de la draperie, la pose du bras droit en-

(. Cette dernière est bien connue. Elle a été attribuée par Arndt à Praxitèle. Festschrift für J. Overbeck (1893), p. 96. Cf. S. Reinach, Tètes antiques,

pl 22 1-272.

2. Il Sitte, art cité, p. i55, fig. 47- Cf. S. Reinacli , Ripert, de la statuaire, II, p. 665, et lient, .tournai of Hellen. Ftudies, l II, 1887, p. 438.

l' io. 97. — Statue de femme drapée provenant de Tha: (Constanlinople, Musée impérial ottoman)

veloppé du manteau, lent penser «à une œuvre exécutée entre 3oo et 020 environ. La statue de Constantinople peut donc nous aidera restituer celle d où provient la tête de la collection \\ i\.

Jusqu ici les statues ne nous ont montré que des images de femmes en pleine jeunesse, ou dans la maturité de leur beauté épanouie. C’est bien là un des traits de cet euphémisme grec, qui s’attache à ne laisser du mort qu'une elligie idéalisée, la plus belle possible. Pourtant, à certains indices, on reconnaît qu an cours du iv‘ siècle la sculpture Itinéraire n échappe pas à I influence du réalisme. Nous en avons relevé des traces encore discrètes dans les types masculins des stèles attiques ; un curieux monument nous apprend que.

dans les types féminins, les sculpteurs obéissent parfois à la même tendance. L 11e stèle d Athènes nous oflre une elligie exécutée en haut relief, qui donne I impression d une véritable statue1 (lig. q8). \ voir les traits fortement accusés, le menton empâté, on reconnaît une femme d âge unir, et la chevelure coupée court, massée en boucles drues et serrées, achève de donner au visage un accent individuel très ressenti.

Nous retrouvons d ailleurs dans la draperie des formes que nous connaissons déjà, et le geste de la main écartant le manteau n est lias moins fréquent. Comme tant d autres, ce relief dérive probablement d un I \ pc statuaire.

l’iiot. Alinari.

’ig. ()«. — Stèle funéraire provenant du Dipylon. II. ('",08 (Musée national d’Athènes).

1. Conze, Alt. Grabreliefs. nn 8o,i, pl. CLI. Slaïs, 1 Inrbrcs W brun :i\<. n" > .

i. Musée nat. d’Athènes. Gavvadias, Calai., n° i ig. Le Bas, Iiev. arch.. i846, p. 248, pl. LIII, i. Ross, In-

selreisen, II, p. 16. Cf. Le Bas-Reinach, Voy. arch., pi. riq. Amelung, Die Basis des Praxitcles, p. 26, fig. 7.

3, Je ne crois pas qu’il y ait lieu de reconnaître dans la statue féminine une Perséphoné, comme le suppose M. Amelung, ouvr. cité, p. 28. C’est la morte représentée à côté du mort héroïsé sous les traits d’IIermès.

LES STATUES Fl AÉRAIRES DU Ve ET DU IVe SIÈCLE

Pliot. Alinari.

' [G. qf). — Figure féminine provenant d’Andros. IL im,72 (Musée national d’Athènes).

Il faut placer au iv' siècle la création de certains types généraux, communs à la statuaire icomque et à celle des tombeaux. Ils représentent des formules d’art, où l’attitude, les gestes, la disposition de la draperie, sont définitivement fixés. Dans un temps où l'art attaque travaille surtout pour une clientèle bourgeoise, ces formules, créées sans doute par des maîtres, trouvent vite laveur. Elles passent dans le répertoire des sculpteurs hellénistiques et restent en usage pendant toute la période gréco- romaine.

Telle est la fortune réservée à mi type de femme drapée dont nous connaissons un exemplaire provenant certainement d un tombeau et conservé au Musée d Xlhènes. En même temps qu un Hermès dont il sera question plus lard, on a découvert dans 1 île d Andros une statue de femme 1 * 3 ( fig. 99).

Placées sur la même base, les lieux elligies figuraient un couple de défunts '. Dans la

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statue féminine, la tète, travaillée à part, a disparu; il en reste tout le corps, dont l’attitude et la draperie sont très caractéristiques. La jambe gauche est légèrement fléchie. L himation, drapé sur un chiton de line étoile, et rejeté sur I épaule gauche, enveloppe complètement le bras et s’entortille autour de la main tombante, ne laissant libre que l'extrémité des doigts. Le bras droit est ramené sur la poitrine, soutenu dans une pose aisée par le vêtement qui I enserre étroitement, tout en dégageant la main. Un pli oblique, dessmé avec décision, souligne le mouvement de la draperie et \ met comme un accent de vigueur. si r exécution du revers est négligée, le travail, exempt de sécheresse, est d’une bonne tenue, et, commecelui de I Hermès, accuse encore les traditions d’art du ivc siècle. La statue paraît dater des premières années du siècle suivant .

Le tvpe est bien connu, et a été maintes fois étudié. G est celui d une statue célèbre du Musée de Dresde, dite la Grande Hercalanaise, trouvée au xvme siècle k Herculanum, avec deux autres plus petites, de stvle analogue1. Le problème de l'origine de cette formule d’art a été très discuté, et les avis sont partagés sur le maître auquel il convient d en taire honneur.

La question est liée à celle qui concerne

Phot. Adinari.

100. — Figure féminine en haut relief, provenant d’une stèle attique (Musée national d'Athènes).

1. Jlettner, Die Bildw. der h. Antiken.sommlunfj. n° 1)1. Clarae, pl. 7OG, 1889. Brunn-Bruckmann, Denkinaeler, n° 3io. Cf. notre liisl. île la sculpt. grecque. Il, p. 5ç)3. fig. 3i <. S. Reinach, Rev. arch., 1 900, II, p. 38o-4o3. Waldst. îin, Ilerniilaiieuni , pl. \ II. Pour lrliule fie ];i U'Ie. voir S. Reinach, Tries antiques, pl. 21O-217, p. i~4*

LES STATUES FUNÉRAIRES DU Y- ET DU IVe SIÈCLE

Phot. Rhomaïdès.

Fig. ioi. — Statue de femme trouvée à Ægion. FI. im,6g (Musée national d’Athènes).

nous devons nous occuper plus loin. Remarquons seulement (pie. vers la lui du ivc siècle, ce type est adopté par la sculpture funéraire. Une stèle en haut relief du Musée d Athènes, antérieure sans doute au décret de Démétrios de Phalère, le montre déjà modifié dans le goût hellénistique1 (fig. ioo). Nous aurons à rappeler avec quelle prédilection d est reproduit par l’art grécoromain.

On ne peut guère séparer la statue d’Andros d’un autre tvpe féminin drapé, créé dans le même temps, celui qui nous est connu par une statue funéraire du Musée d’Athènes, trouvée à Ægion, en Achaïe2 (lig. ioi ). Comme celle d Andros, elle a été découverte avec une statue masculine, représentant le mort héroïsé en Hermès3. C’est une œuvre mé-

[. Conze, Alt. Gr abreliefs, pl. CLIIF La date voisine de 34o, proposée par M. Amelung (Die Bash >, n° 23), me paraît beaucoup trop élevée.

2. Cavvadias, Catal.. n°2\'2. Annalidell’ Inst., 1 86 1 , p. 62. Athen. Mittheil., III, 1878, p. p5, pl. Y -VI (Koerte). Arndt- Bruckmann, Denkmaeler, pl. 558, fig. 2.

3. Nous étudierons plus loin la statue d’IIermès exécutée d’après un type plus ancien et qui 11’est point spécialement funéraire.

LE IVe SIECLE.

LES IMAGES DES DÉFUNTS

diocre d’époque romaine; mais le prototype appartient certainement an iv” siècle. Elle dérive en effet du même original qu’une des sial ues cl Herculanum conservées à Dresde, la Petite Herculcinaise et qu une jolie statue hellénistique trouvée à Délos2 (fig. 102). A vrai dire, ce second type n’est qu’une variante du premier, celui de la statue d’Andros et de la Grande Herculanaise. Le changement de la jambe qui supporte le poids du corps a déterminé I inversion du rythme ; le mouvement du bras

droit s’est accentué ; la main est devenue active pour saisir les plis du manteau et les ramener vers 1 épaule ; la draperie a pris un caractère moins stable et pour ainsi dire momentané. Les auteurs des copies d’Ægion et de Délos ont conservé un des traits caractéristiques du modèle, la chevelure divisée en bandeaux bouffai îts, comme celle de la Grande Herculanaise. Ce genre de coiffure. qu on a appelé parfois la « frisure en cotes de melon » était en usage au ive siècle, et parait avoir été surtout attribué aux statues ironiques; on le retrouve dans la statuette de Compïègne qui nous a conservé la copie de la Corinne de Silamon3, et dans plusieurs tètes rattachées souvent par les critiques, sans raison décisive, au cvcle praxi-

Fig. 102.

Phol Alinari

Buste d’une statue de femme trouvée à Délos (Musée national d’Athènes).

t. Hettner, Die Bildw. der K. [nlikensamm. . j>. y 2, n° iF>. Arndt-Bruckmann, Denkmaeler, pl. 558 et texte. A\ aldstein, Herculàneum, pl. A II.

2. Couve. Bull, de corresp. hellén., XIX, i8y5, pl. A II, et Rev. arch., r Si)—. Il, pl. XII. Staïs, Marbres et bronzes. n° 1827.

3. S. Reinach, Rev. arch.. i8ç)8. I. p. 161, pl. 5. Bernoulli, Griech. Ibmuijraphie , I, p. 8y, iitr. ll\.

LES STATUES FUNERAIRES DU Ve ET DU IV0 SIECLE

télien1. Comme celui cle la statue cl’Andros, le type de la statue d’Ægion a donc été créé au ivc siècle, et à en juger par le nombre des répliques, il a joui à l’épocjue romaine d’une popularité au moins égale. Si, faute de documents, nous ne pouvons allu mer cru d a passé de bonne heure dans la statuaire funéraire atticrue, on jugera cependant I hypothèse fort vraisemblable.

Que les proloty pes des statues d Andros et d’Ægion, ou mieux de la Grande et de la Petite Herculanaise, appartiennent au ive siècle, personne ne le conteste. Mais à quel maître convient-il d’en attribuer I invention ? Pour M. Amelung, le premier serait dû à Praxitèle, le second à I un de ses élèves 2. M. Arndt ne les sépare pas, et incline à y voir des œuvres de Praxitèle, exécutées vers le milieu du ive siècle 3. M. S. Reinaeh en fait honneur à Lysippe, et reconnaît dans les Herculanaises des copies de ligures de Muses exécutées pour Mégare par le maître de Sicvone4 5. Mais pourquoi se condamner à choisir entre Praxitèle et Lysippe? Vers 35o, ou plus tard, il ne manque pas d’artistes capables de mettre à profit les nouveautés introduites par le maître de la Cnidienne dans le traitement de la draperie. La vogue des statues-portraits leur en fournit souvent l’occasion, témoin le groupe de famille signé par Stbenms et Léocharès, et dédié sur l Acropole3. En réalité, ces statues de femmes drapées correspondent très exactement aux statues cl orateurs et de poètes qui se multiplient dans la seconde moitié du iv* siècle et dont le Sophocle du Latran et I Eschine du Musée de Naples sont des exemples bien connus. Si 1 on rapproche ces deux séries, on y retrouve des traits communs, la pose du bras enveloppé clans le manteau, l'attitude à la fois aisée et étudiée, comme il sied clans une elïîgie d apparat. Ce n’est point, croyons-nous, pour des images cle déesses ou de Muses que les 1\ pes des Herculanaises ont été créés. Nés des progrès croissants de la statuaire icomque, ils s’adaptent à merveille aux exigences du genre et représentent bien cet idéal moyen cle noblesse et cle tenue qui convient à une statue-portrait 1 . En

i. Ainsi la Coré de Munich (Furtwaengler, Beschreibung cler Glyplothek , n° 120. Arndt, Festschri fl für J. Overbeck , p. <j5 et suiv. Brunn-Bruckmann, Denkmaeler, pl. 1 3) et ta tête Raulbach (Arndt, Zeitschrift des

miinclieiier Alterlumsvereins, Xi, iqoo, p. 4- Cf. Klein, Gesch. (1er griech. Kunst, II, p. 3qi). Le caractère praxitélien de ces tètes 11’est pas certain. M. S. Reinaeh remarque avec raison qu’on ne retrouve ce genre de coiffure dans aucune des œuvres de Praxitèle. Rev. urch.. 1900, II, p. 3q7.

3, Amelung, Die Basis des Praxiteles, p. 3o et suivantes.

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