Voir, sur cetle question, Klein, Praxitcles, p
2. Fougères, Bull, de corresp. hellén., XII, 1888, p. 104-128, pl. I— III, et Mantinée et l’Arcadie orientale , p. 343, avec la bibliographie.
3, Pour la discussion de la date des bas-reliefs, et l’exposé de la théorie qui les attribue à un artiste néoattique, voir Svoronos, Dus Athencr Nat. Muséum, p. 179-286.
4- Furtwaengler, Meisterwerke, p. 533, 547 Voir surtout l’étude de W. Amolli n g (Die Basis des Praxiteles aus Mantinea'), dont les conclusions ne sauraient plus être acceptées dans leur ensemble.
LE IVe SIÈCLE. — LES IMAGES DES DÉFUNTS i(3i
\ al ion dans le style de la draperie. La conclusion reste la meme, si I on admet que les sculptures sont dues à I un de ses disciples directs, et si l'on met au compte de I élève une certaine sécheresse d exécution qu on ne saurait méconnaître. Dans ce cas, les types des Muses niant méennes n en seraient pas moins nés dans 1 atelier du maître. S il faut sans doute arriver auiourd hui à une
Phot. Rliomaïdès.
Fig. C)2. — Muscs. Bas-relief découvert à Manlinéc (Musée national d’Athènes).
solution différente, elle nous ramène en réalité, par un chemin détourné, a la seconde hvpolhèse. M. Yollgrall a mis en lumière des (ails très précis qui permettent d attribuer le groupe de Mantmée et les bas-rehels de la hase, non plus au grand Praxitèle, mais à son petit-fils, Praxitèle le jeune, un contemporain de Démétrios Poliorcète1. L’ensemble daterait, au plus tôt. de la fin du iv' sièele, ou des premières années du ni' . Dans ces conditions, les Muses mantméennes seraient 1 œuvre, non pas d un élèxe immédiat de Praxitèle, mais de son petit lils « qui était sans doute nourri des traditions de son illustre aïeul ».
1. ï ollgrafT. Bull, (le corresp. Indien.. \\\II, iyo8. p. 736-2.ÏS.
'62 LES STATUES Fl'NÉKAIRES DI V« ET DI IV SIÈCLE
Les conclusions qu on avait tirées de 1 élude des bas-reliefs restent donc à
peu près les mêmes. L évolution dont ils témoignent, pour le st>le de la draperie, peut encore être considérée comme une des nouveautés imaginées par le maître athénien, et elle reste à 1 actil du sculpteur qui a traité avec une étonnante virtuosité la chlamvde jetée sur le tronc d’arbre où s accoude I I fermés d Olvmpie. Ces formes de draperie praxitéliennes, nous continuerons à les reconnaître dans îles statues telles que la Coré de Vienne et la soi-disant Uranie du \ atican, draperies légères, pittoresques, colorées, pour ainsi dire, et qui épousent librement les contours du corps féminin.
Qu’elh 'S soient votives, honorifiques ou lunéraires, les statues féminines drapées postérieures au premier tiers du iv' siècle trahissent certainement I influence de cet esprit nouveau. On peut prendre comme exemple une statue du Musée d Athènes trouvée en Eubée, à Karvstos‘(fig.q3).
Comme dans la figure d’une Muse mantinéenne, le manteau rejeté sur I épaule gauche forme sur la poitrine une masse de plis à la lois souples et serrés qui se distend pour envelopper le coude du bras droit relevé. La statue est-elle funéraire, ainsi que le suppose
<)3. — Statue de femme trouvée à Karystc (Musée national d’Athènes).
i. Le Bas-Reinach, Voy. arch.. Mon. Jïg., pl. ali. Heydemann, Marmorbildwerke :u Athen. n° 206. Von Sybel, Srulpluren zu Athen, n" 276. Klein, Prtixilcles. p. 3f)4- \rndt-Amelung, EinzelauJ'nahmen, n° 716. Elle a été parfois confondue avec une autre statue sans indication de provenance qui se trouvait autrefois dans la stoa <1 Hadrien, Heydemann, n° iqq, Von Sybel, 11» 4 *. Lepsius a corrigé cette erreur, Grieeh. Marmorstudien. p. 80 Pour le rapprochement de la statue de Karystos avec le style praxitélien, voir Amelung, Die Battis, p. 54-
IM.ot . MiiriM-ll.
Fig. fji et (p. — Statue de femme drapée provenant de la collection de Irenlliam Mail (British Muséum).
M. S. Reinach Des renseignements positifs sur le lieu de la trouvaille nous font défaut. Mais on peut affirmer en toute certitude, grâce au témoignage d’une stèle at tique, 1 que ce type de femme drapée n est pas resté étranger à la sculpture funéraire.
Nous mettons au premier rang, parmi les statues tombales du ivc siècle, celle qui, de la collection du duc de Sutherland, à Trentham Hall, a passé en 1907 au British Muséum ". Elle est reproduite de face dans la planche en héliogravure placée en frontispice; les deux figures ci-jointes la montrent de profil sous deux aspects (fig. 9/1 et 96). Le caractère funéraire n en est pas douteux. Elle a même ser\i deux lois à décorer un tombeau, car elle a été utilisée à 1 époque romaine La base a été retaillée, et porte le nom de Publia Maxima, tille de Sextus (démens. Enlevée à une nécropole grecque, et probablement au Céramique d Ythènes, la statue a été transportée en Italie, pour être érigée sur la sépulture d une dame romaine ". Elle représente une jeune femme debout, dans une attitude harmonieusement rythmée que détermine la pose de la jambe gauche, un peu ramenée en arrière. L himation drapé sur la tunique, disposé sur la tète comme un voile et rejeté sur 1 épaule gauche, enveloppe étroitement de ses plis fluides les formes du corps, et laisse deviner le modelé délicat du bras droit ramené sur la poitrine. Le bras gauche tombe négligemment. la main entortillée dans I étoile du vêtement. A I a naissance du buste, le cou se dégage d’une sorte de bourrelet de plis. La tête est charmante de grâce sévère. Le visage à l’ovale allongé, la bouche aux lèvres entr ouvertes, les yeux au regard pensif, le front bas sous la masse des cheveux relevés en bandeaux et serrés par une large bandelette, composent une physionomie juvénile et grave, empreinte d une douceur mélancolique.
A quelle date placer celte œuvre où l’on reconnaît sans peine, aussi bien à raison du style que grâce à une ressemblance étroite avec les ligures des stèles, le ciseau d’un maître atlique 4? Remarquons d’abord que le type n est pas