III. — LES FIGURES DE FEMMES. LE TYPE ASSIS
L’art du v' siècle avait reçu de la sculpture archaïque le tvpede la morte assise et trônant, comme une divinité, dans une attitude solennelle. Il le lègue à celui du ivc siècle, mais déjà dégagé de tout caractère d héroïsation, et, pour ainsi dire, humanisé. Dans les tableaux de famille qui remplissent le champ des grandes stèles attiques, rien n est plus fréquent que 1 image de la morte, épouse ou mère, assise au milieu des siens, drapée dans I himation avec la dignité ([in convient à la matrone athénienne. Nous n’en saurions citer un plus bel exemple que celui de la stèle de Démétria et de Pamphilé, encore en place au Céramique d’Athènes 1 (fig. io3). L’artiste a réuni là les types les plus expressifs de la sculpture funéraire du ive siècle, celui de la femme debout ([lie nous venons d étudier, el celui qui va retenir notre attention. Lune des défuntes, Pamphilé, est assise sur un siège très riche, dont les accoudoirs sont supportés par des sphinx. Mais avec quelle discrétion et quelle mesure est traduite 1 idée (|ue cette femme n’appartient plus au monde des vivants! Une ombre de mélancolie sur le visage pensif, empreint d une tristesse apaisée, le geste de la main qui écarte les plis du manteau, voilà ce qui donne à cette figure, d ailleurs si élégante dans sa pose aisée et libre, le caractère d une effigie tombale, et lui imprime comme un sceau de noblesse et de gravité.
Nul doute que la statuaire des tombeaux n ait aussi traité dans le même esprit ce type matronal. et d nous est facile de I évoquer, grâce à une stèle encore en place au Dipvlon 2 (fig. io/i). Elle nous conserve probablement
roemiseh. Skulptur, Handausgabe , Munich, 1898, p. 175). Ce n’est qu'une hypothèse. Mais je suis d’accord avec M. Urlichs pour croire que les types ont été créés ensemble, el conçus comme des statues i coniques.
1. Conze, Alt. Grabreliefs, pl. XX. Cf. pl. XL. Arndt-Bruckmann, Denkmaeler, pl. 628.
2. Ail. Grabreliefs , pl. XX, n° t\\ . Brückner, Der Friedhof oui Eridanos bei der Hatjia Triada :u Alhen, p. 98-100, fig. 64-
LES STATUES FUNERAIRES DU Ve ET DU IV SIÈCLE
l’ effigie d une Messénienne, femme de Philoxénos, et la sépulture date de l’année 36o environ. Le fond du haut relief ayant disparu, la figure prend 1 aspect
d’une statue, si bien
si
qu elle a été parfois signalée comme une œuvre en ronde bosse1 2.
C’est une femme dans la maturité de 1 âge,
Phot. Ali
Fig. io3. — Stèle de Démétria et de Pamphile (Athènes, nécropole du Céramique).
muni d un coussin et drapé d’une étoile. Le buste est droit ; les pieds posent sur un tabouret . N est-ce pas ainsi qu’on se représente une statue funéraire de femme assise, exécutée par un contemporain de Képhisodote, au temps de la jeunesse de Praxitèle?
Fort à propos, une statue du Musée Barracco, à Rome, vient combler une lacune, en nous fournissant, précisément pour cette période, un exemple ca-
ractéristiqueJ (lig. 100). On n hésite point à reconnaître une œuvre de beau stvle attique dans cette figure de femme drapée à laquelle manque malheureusement la tète. Elle est assise sur un siège carré en forme de pilier, dont les laces sont