‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 13 sur 212 · W eickcr, ouvr. cilé, p · texte numérisé non relu

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LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

à Théra, en Béotie, l’oiseau à tête humaine apparaît fréquemment1. Nous reproduisons ci-jomt une Sirène en terre cuite du Louvre provenant de Béotie (fig. i ). Tandis que, dans d’autres exemplaires, l’oiseau à tête humaine

est représenté coiffé du calathos à volute qui est l’attribut ordinaire des terres cuites béotiennes connues sous le nom de papadés , ici, la tête est simplement celle d’une femme à la chevelure disposée en boucles sur le front. Que cette ligure d’offrande conserve le souvenir d’une vieille tradition qui fait de la Sirène I image même de lame, on

n’en saurait douter 2. Les survivants qui déposent ces terres cuites dans la tombe obéissent encore, d’une manière plus ou moins consciente, à la préoccupation de fournir h l’âme du mort un support matériel, un sooç. Or, c'est là un des types qui, avec les progrès de l’art, sortiront de la tombe pour se transformer en statues de marbre. La Sirène deviendra un des types favoris de la sculpture funéraire attique, soit dans le décor des stèles, soit dans les statues de tombeaux. Les sculpteurs la représenteront tantôt se désolant, tantôt tenant la lyre ou le barbiton, comme pour chanter le

i . DragendorfT, Thera, II, p. 125. Weicker ( Der Seelenvogel, p. 149-1 5 1) cite les exemplaires trouvés dans les tombes béotiennes. Voir les types reproduits par Winter, Die antiken Terrakotten, III1, Die Typen der figürlichen Terrakotten, pl. 3o, fig. 1-6, pl. 226, fig. 1-6.

2. Il est remarquable que cette tradition dure encore à l’époque classique. Cf. le vase du British Muséum représentant la mort de Procris, et où l’on voit l’àme du mort sous la forme d’un oiseau à tête humaine. Inghirami, Vasi fittili, 2o5. Cf. Weicker, p. 106, fig. 86.

L’ORIGINE DES STATUES FUNERAIRES

thrène funèbre. Sans doute, quand nous étudierons devrons faire la part du sentiment nouveau mitive, et fait prédominer le caractère désormais dévolu à la Sirène,

d’une figure décorative personnifiant le deuil des survivants. Mais entre ces deux idées, la transition se fait sans peine. Si la Sirène de marbre est souvent représentée faisant des gestes de désolation, c’est que l ame du mort, dans lTIadès, fait entendre sa plainte mélancolique1 2 3. Si ailleurs elle est figurée comme une musicienne, la lyre à la main, c’est que le mort charme ses loisirs dans b obscurité du tombeau \ Un des plus anciens l\pes de la Sirène musicienne est une statuette de calcaire provenant de Chypre, et conservée au musée du Louvre !

(fig. 2). Chose curieuse, par une conception dont nous ne trouverons plus d’autre exemple, la tête est

ces monuments, nous qui élimine la conception pri-

cclui

Fie. 2. — Oiseau à tête humaine, en pierre calcaire, provenant de Chypre. Long.: om, 17 (Musée du Louvre).

celle d un homme barbu, comme si le sexe de la Sirène n’était pas encore fixé. L oiseau musicien est muni de bras, et ses mains tiennent une flûte de roseaux appliquée aux lèvres de son visage humain. Cette statuette est une figure d oilramle. et ainsi nous pourrions la considérer comme la réduction d’une statue funéraire qui serait déposée dans le tombeau.

Il est donc permis de poser en principe qu entre les figures d’offrande et

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