‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 12 sur 212 · Pausanias, IX · texte numérisé non relu

Pausanias, IX

2. Pausanias, I, 43, 8. Taàta àyâXp.aTa Ra/.aiÔTxxa, ô-oaa llOou reroit, pivot iaxiv "E)Ar,uiv, îoàiv Q'.oa.

3. I'urtwaengler rapproche de ce groupe celui d’IIéraklès combattant contre une Ivèr, sur une péliké de Thèbes, Arch. Jahrbuch, X, i8g3, Arch. An:., p. 3y. Kuhnert émet des doutes sur la réalité du groupe de Mégare ÇJahrb. für class. Phil., XIVe' Suppl., i885, p. Ssi). Dans une épigramme de l 'Anthologie relative au tombeau de Koroibos (VII, i54), il n’est question que d’une seule statue, une kf,p -uu.6o j/o;, c’est-à-dire une Ilarpyie. Kuhnert suppose que cet.le statue fut placée comme un apotropaion sur le tombeau de Koroibos. Xlais il n’y a pas de raison plausible pour contester la valeur du témoignage de Pausanias. Cf. Bruno Sauer, Die Anfange lier staluarischen Grappe, p. 53-54-

4. Cf. Kuhnert, Jahrbiicher für class. Phil., XIVe Suppl., 1 885 , p. 3i6. Kuhnert remarque que les statues funéraires sont fréquentes dans les îles doriennes où prévalait le régime aristocratique.

5. Cf. Weicker, Der Seelenvogel in lier allen Litleratur und Kunst, Leipzig, igo2, p. g. Nous aurons plus d’une fois à citer ce travail, œuvre d’une solide érudition.

6. La plus récente étude sur les figurines d’offrande est celle de Dragendorlf, Thera, II, p. 123 et suivantes. Nous y renvoyons le lecteur pour les conclusions générales.

L’ORIGINE DES STATUES FUNERAIRES

figurines, comme celui de la pleureuse, ont fourni aux sculpteurs les sujets de leurs statues décoratives ; ces types sont pour ainsi dire sortis de 1 obscurité de la tombe pour concourir à f ornementation extérieure du monument funéraire. L’image du mort n a-t-elle pas la même origine? Il semble ipie l’examen des figurines d offrande conduise à cette conclusion.

11 ne suffit pas de donner au défunt une escorte de figurines ; il faut encore assurer à l ame et au corps une sorte de soutien matériel. La croyance à l'Hadès n’exclut pas, en effet, une autre idée qui est de tout temps restée Irès vivace: l’âme peut revenir dans le tombeau, ou voltiger auprès du monument. Il est à peine besoin de rappeler les peintures des lécvthes blancs où X eidôlon est représenté volant près de la stèle1 2. Donner à l’âme un soutien où elle puisse en quelque sorte s’incarner et qui soit pour elle une garantie de durée, d’autre part 1 attirer dans la tombe, 1 y retenir par la présence de sa propre image, et ainsi affranchir les survivants de toute crainte, c’est là une idée qui est bien d accord avec les croyances primitives, et qui a pu dicter le choix de certaines figurines d offrandes. Mais quelle forme prêter à celle image de X eidôlon'? L’arl grec archaïque des îles et de 1 Asie mineure a de bonne heure emprunté à l’Egypte un tvpe qui fera une singulière fortune, celui de 1 oiseau à tête humaine, créé par I art égyptien pour personnifier l’âme du mort". Nous n avons pas ici à en faire 1 historique, à en suivre la diffusion en Grèce, en Phénicie, à ( llix pre : il nous suffira de rappeler que l’art grec s’en empare de bonne heure pour traduire I idée primitive de l’âme vampire, avide de sang. Suivant les traditions locales, 1 oiseau à tête humaine devient la Kêr, la Harpyie, la Sirène. L épisode bien connu de file des Sirènes, dans X Odyssée, nous conserve, sous une forme littéraire, le souvenir de la crovance à la puissance malfaisante des âmes des morts. On en retrouve l’expression dans les monuments figurés qui montrent la Sirène ou la Ilarpvie enlevant de petites figures humaines3.

Parmi les terres cuites d offrande trouvées dans les nécropoles archaïques

1. Pottier, Les Lécy thés blancs, p, 77. BennJorf, Griech. und Sicil 1 asenbilder, pl . i[\. Murray, 11 hile Athcnian 1 uses in the Britisli Muséum, pl. \ .

2. Cf. dans les monuments égyptiens l’àme sous forme d’un oiseau à tète humaine, planant au-dessus de la momie osirienne (Maspero, Ilist. ancienne des peuples de l'Orient classique, I, p. 179); l’àme descendant dans le puits funéraire (p. 198). Sur l’origine égyptienne du type, voir \\ eickcr, Lcr Scelenvogel, p. 8fi. Cf. Heu/.cy, Calai, des Jiy. ant. du Louvre, p. 1 5 5 .

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