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LE IV SIECLE. — LES TYPES D’ANIMAUX

montré M. Midi on. le marbre a été découvert entre Athènes el le cap Sumum, dans la région où Fauvel a I on 1 1 lé de nombreux tombeaux, on peut en affirmer la destination funéraire. Rappelons encore le lion colossal qu’on voit en place près de Liopési. sur la route d Athènes au Laurion '. Souvent signalé par les

Phot. Giraudon.

Fig. 1 V). — Lion en marbre provenant d’Athènes (Musée du Louvre).

vovageurs, il est d ailleurs trop dégradé pour qu’il \ ait heu de nous y attarder.

A la liste des lions funéraires attiques peuvent s’ajouter d autres monuments, sinon sur la foi d indices certains, au moins par conjecture. On connaît le lion couché qui décore l’entrée de l’Arsenal de Venise, et que défigure quelque peu 1 énorme tète due à une restauration moderne1 2. Il faisait partie des

1. Dodwell, Classical tour throw/h (ireccc, J, p. 253. Curlius et Kaupcrt, Karten von \llikn, II (texte de Milchhoefer), p. 3i. Perdrizet, Rev. nrch.. 1897, I, p. i36.

2. Xcwton. Discoverirs ni llalicnrnassus. IL p. 4g&. Zanetti, Délie untiche statue grechc e romane... (li Vcnezia (17)0-1743), IL 4g- S. Rcinach, Réperl. sial., 11-, p. 712, 6.

LES STATUES FUNÉRAIRES DU V ET DU IV' SIÈCLE

marbres grecs enlevés à Athènes par Morosmi, et c est sans doute sur quelque tombe attique qu’il se dressait. Le Musée de Berlin a acquis en 1892 un lion en marbre pentélique au sujet duquel il est légitime de proposer la même hypothèse Il a été conservé longtemps dans la \ igna Yignovo, prèsdeDolo, entre

Padoue et Venise, et faisait partie de la collection de la famille Sagredo.

Nul doute qu’il ait été rapporté ii Venise par un Sagredo qui accompagna Morisini en Grèce. Le Vénitien dut être séduit par la beauté de ce lion, dont I attitude rappelle celle des lions du VI ausolée, et qui leur cède à peine pour la largeur de l’exécution.

On voudrait pouvoir, en toute certitude, le replacer sur une sépulture du Dipylon.

Nous devons^à I obligeance de \l . van Branteghem de pouvoir reproduire un lion en marbre, encore médit, qui lui appartient (fig. i5o).

Trouvé eu Grèce, et, dit-on, en Vt tique, il se classe au premier coup d'œil dans la série qui nous occupe.

Le sculpteur a souligné avec une intention évidente I idée de garde.

Tandis que, dans les exemplaires mentionnés plus liant. I animal est représenté couché, rampant ou marchant, ici nous voyons reparaître un type que nous ont déjà montre des œuvres archaïques du vi1 siècle, comme le bon de Perachora et la bonne de l’Arsenal de Venise. Vssis sur son train de derrière, les pattes de devant droites, la tête redressée, le lion est vraiment la sentinelle vigilante du tombeau. La fleure a un singulier accent de vie. La saillie îles cotes et la musculature se

Fig. 1 5o. — Lion en marbre appartenant à M. van Brantenliem .

j. Juhrbuch lier l\ . prrussichen l\unstsci)nnilun<ieii , t. XII, p. mv ; I. XIII, p wui. Vrt'/i. .lahib.. VIII, iSij> Arch. 1 meit/er , p. 72-^4, avec une figure.

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dessinent énergiquement sous la peau, accentuant la sveltesse de ce corps nerveux. La fermeté de I exécution, le travail soigné et libre à la lois de la crinière qui s allonge sur la poitrine et sur l échine, la préoccupation de rendre 1 aspect du pelage par un travail à la pointe habilement conduit, tout cela trahit nue main sure et exercée, et permet d attribuer à un artiste athénien du i \ ' siècle cette œuvre qui dépasse certainement la moyenne de la production courante.

Si le lion funéraire était, comme on le voit, un emblème fort employé pour la décoration des tombes en Atlique, il ne jouissait pas d une moindre faveur dans les autres régions de la < irèce. Sans nous attarder à des descriptions qui deviendraient monotones, nous signalerons, en Béotie, les lions trouvés à Tlièbes et dans la nécropole d’Anthédon '. Un autre, de grandeur nature, a été vu à Thespies par M. Jamotv En \sie Mineure, on en recueillerait d autres exemples. Les couvercles des sarcophages lvciens sont fréquemment ornés de protomés de bons L et nous retrouverons au Mausolée d llalicarnasse. traité a\ec une singulière maîtrise, le tvpe du bon gardien du tombeau.

Cette idée de garde est en réalité une vieille conception orientale. Mais il était réservé à l’art grec de faire un plus noble usage de 1 emblème du lion funéraire. et de I élever à une dignité plus haute eu le consacrant comme le symbole du courage héroïque. Yoici 1 épitaphe d un brave. Téleutias, peut-être le même qui, en 38a / 3 S i . tomba devant 01 vnlbe. « Dis- moi . bon lueur de bœufs, quel est le mort dont la tombe te sert de piédestal .' Qui donc t égalait en courage:' — Téleutias, fils de Théodoros. Il surpassait tous les autres en vaillance, autant que je surpasse, dit-on. les autres animaux. Ce n est j m s en vainque je suis ici ' ». Déjà , au lendemain de la bataille de Marathon, un bon de pierre avait été érigé sur la tombe de Léomdas. I n autre signalait à l'bespies la sépulture des Thespiens morts aux I bennopv les . Dès lors. 1 emploi de cet emblème devient fréquent pour désigner au souvenir des vivant s la s( '•pu 11 lire commune, le polyandrion , îles citoyens tués à I ennemi, ou le cénotaphe de ceux qui sont restés sur de lointains champs de bataille.

1. Koerte signale un lion à Tlièbes, H. deux autres dans la nécropole d Vnthédon. Athcn. Milthril.. III, 1878, p. 38g, n° 1 52-i 54 •

2. Bull, (le corresp. hellén.. XV, îSqt. p. 660. l’erdri/.et, Baj. a reh. . 1897, I, p. 1 35.

3. Voir le sarcophage de Dereimis et d Xischvlos. Bermdorf, Dus Ilcroon von Gji'/lbasrhi-Trysn . pl. I - 1 1 .

4. Anthol. palat., \ II. 42I). Weisshaupl, Grabijalichlc lier Anlholoijie . p. 7 1\.

5. Pausanias, IX, 4o, 5. M. Jamol a retrouvé, dans ses fouilles à Thespies, les restes d’un lion qui est peut-être celui du polyandrion des Thespiens. Bull, de corresp. hellén.. X\ . i8qi, p. 660.

LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IV' SIÈCLE

Dans sa fructueuse expédition à Cnide, C. T. Newton a eu la bonne forlune de découvrir une tombe monumentale, où il a reconnu le polyandrion des soldats athéniens morts en 39/1, dans la bataille navale gagnée par Conon'. D’après la restauration de M. Pullan, la « Tombe du lion » comprenait une grande chambre funéraire, surmontée d un soubassement décoré de pilastres et

Phot Mansell.

Fig. i5i. — Lion funéraire provenant de Cnide (Londres, British Muséum).

d'une architrave doriques. Celui-ci supportait une pyramide à dix degrés, couronnée par une plate-forme où s’élevait le socle d’une statue colossale de lion. Newton a pu rapporter au British Muséum ce magnifique spécimen de la statuaire funéraire 2 (fi g. 1 5 1 ) . Couché dans l attitude du repos, les pattes de devant allongées, la tête fièrement redressée et tournée vers la gauche, le lion semble un symbole de victoire plus encore que de deuil. Mais ce n’est pas dans une salle de musée que cette belle œuvre d art prend toute sa valeur. Pour en apprécier l’effet décoratif, il faut, par la pensée, la replacer sur son piédestal monumental, imaginer la tombe se dressant sur un promontoire rocheux, d’où

i Newton, Discoverics al Halico massas , Guidas and Branchidac, IF, p. 48o et suiv. PL LXI-LXVII. Percy Gardner, Sculptured Tombs of Hellas, p. aa5, lig. 77. Adler, Dus Mousoleum zu Halicarnass, pl. 4. fig. 2.

■>. . Catal. of Greek Sculpture, II, n° i35o, pl. XXVI.

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