Furtwaengler, Bcschr. der Glyptothck. n
L’EPOQUE HELLEMSTIQl E ET GRECO-ROMAINE
celle (I Euphrosyné. la tète a tous les
Fig. 180. — Fragment d’une statue de femme drapée (Musée de Chalcis).
caractères d'un portrait'. Il y a donc, suivant toute vraisemblance, des statues funéraires parmi celles qui reproduisent le même type ; mais nous ne nous attarderons pas à des œuvres qui ne nous apprendraient rien de nouveau, et dont le style, souvent médiocre et banal, accuse trop visiblement la routine d’atelier.
Il va de soi que ces types comportent des variantes, imaginées dès le né siècle. Une statue funéraire de Chalcis. datant de l’époque hellénistique, nous montre une femme debout. retenant de la main gauche les | >1 1 s du manteau, tandis que le bras droit est ramené sur la poitrine1 2 * (fig. 180). Ici encore, le sculpteur s inspire d un type créé au iv° siècle. Si nous signalons ces survivances, nous devons surtout prêter attention aux nouvelles formules d’art qu imagine la statuaire hellénistique, pour rajeunir celles dont ! intérêt estépuisé, sans copier servilement les œuvres des contemporains de Praxitèle.
Sur un grand nombre de stèles l’Asie Mineure, postérieures au né siècle avant notre ère, on voit apparaître un
1 . Castriot.is, Glypta, n° i 282. Les exemples du type de la Petite Herculanaise sur les stèles sont très nombreux. Ainsi la stèle d’Epiktésis, de la collection Cook, Journal of Hellen. Studios, XXVIII, 1908, p. 18, n° 23, pl. XII (Mrs Strong). Cl. les stèles do Berlin. Besehreib. der ant. Skulpt., nos 769 - 77^ 77 4. On le retrouve sur les sarcophages du type de Sidamara, Strzygowski, Journal of Hellen. Stud., XXVII, 1907, p. 99. Les deux types d’Andros et d’Ægion sont réunis sur une stèle d’Athènes. Athen. Mittkeil., XXXI, 1906, p. 33 1, pl. a4-
2. Phologr. de l lnst. arch. Chalkis, n° 2. 1 rch. Jahrlj., VI, 1891, Arch. Anzeiger, p. 83, 2. Hekler, ouvr.
cité, p. 1 One statue funéraire romaine du Musée des Thermes dérive d’un autre type du ive siècle. Hekler,
p. 1 38 . S. Beinach, Héperl. stat.. Il4, 1168, 5.
LES STATUES ET LES BUSTES FUNÉRAIRES 289
type de femme drapée que nous n avons pas encore rencontré. Une stèle éphésienne du Louvre, celle de Ménophila, nous en offre un exemple très précis1
Pliot. Giraudou.
Fig. 1 >S i . — Stèle funéraire de Ménophila, provenant d’Ëplièse (Musée du Louvre).
(fi g. 1 8 1 ) . Avec un geste qui n’est pas exempt de coquetterie, la morte cilleure
1. Héron de A i lie fosse. Cotai, sommaire, n° 202V. Phot. Giraudon, n° ao3g. Pour d’autres exemplaires des stèles d’Asie Mineure, cl . 1 reh. Jahrb. . W , iqoû, pl. O, 1 , 3; p. 54, n° 23, fig. 8. Musée de Berlin, Bcsehreib. cler ont. Sknlpt., nos 76(1, 77?). 77U Cf. Amelung, Sculpt. îles Vatican. Mus.. I, p. 35. Le même type apparaît dans un acrotère de stèle du Vatican, où la morte est représentée en buste. Amelung, ouvr. cité'. J, n" 198, pl. 3o. Conze, AU. Grabreliefs, n° 1660. Sur ce type d’acrotère avec l’image de la morte, voir Conze, \ll. t',rabretiefs, pl. C i A \ , n° 802. Schrôdcr, [rch. Jahrb.. \M, igof», p.
du bout des doigts le bord de 1 himation qui forme voile, le coude droit posant
sur la main gauche. Le mouvement de la tète , tournée vers l’épaule gauche, souligne la courbe onduleuse des lignes du corps, tandis (pie la draperie dessine des plis souples ei foisonnants. C’est une attitude de dévoilement, à la fois pudique et gracieuse. Ce 1 \ pe, dont les stèles accusent si nettement le caractère funéraire, l’art hellénistique
I ut il ise également pour les statues tombales. En voici une preuve décisive. Au cours des fouilles de l Ecole française d’Athènes à Délos, des explorations ont été poursuivies dans l île de Rhénée, sur l’emplacement de la nécropole. Près de l’anse dite de Porto- Generale, gisait, à demi-ensevelie dans le sol, une statue de femme qui avait certainement décoré une sépulture; elle a été dégagée et redressée 1 (fig. 182). Si mutilée qu elle soit, martelée par endroits, et dépourvue de sa tète, la statue de Rhénée
II en est pas moins un document précieux, car elle nous conserve un type de statue funéraire apparenté de très près à celui de la stèle du Louvre ; c’est la même attitude, la même forme de draperie, avec un travail plus minutieux et plus sec.
Ce type bien connu est reproduit
dans une nombreuse série de statues où
Fig. 182. — Statue de femme drapée, provenant pon reconnaissait jadis la figure allégorique de la nécropole de l’île de Rhénée (Rhénée). .
de la Pudicité. La plupart des Musees d Europe en possèdent des répliques. Nous nous bornerons à rappeler celle du
M. G. Leroux, qui a dégagé la statue, a
bien voulu me communiquer la photographie reproduite par notre
gravure.
LES STATUES ET LES BUSTES FUNÉRAIRES
1. Amelung, Scul.pt. des Vatican. Mus.. J, n° 2.3, p. 3.3, pl. i). H'-lbig, Fülirer, ]-. n° S.
Cf. S. Reinach, Répcrl.. II-, p. ( "> * < <j , n° il.
Clarac-Reinacti, pl. 497, 971 ; pl. 764, 1880, etc.
Jlelder, Miinchener arch. Studien. p. 2 3 1 .