‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 164 sur 212 · Maijnesia am Maeander. p. 201, fig · texte numérisé non relu

Maijnesia am Maeander. p. 201, fig

Statue de femme du tvj (Musée du Louvre).

Phnl >e de la

Giraudon .

Pudicité

Braccio Nuovo du Vatican'; la statue du I jouvre que nous reproduisons en offre une variante1 2 (fig. 1 83). C’est là un type général, qui s’adapte aussi bien aux statues-portraits qu aux statues tombales, et dont l’art grécoromain a fait un fréquent emploi. Les fouilles de Magnésie du Méandre ont livré des statues érigées en I honneur de dames romaines, appartenant à la famille du proconsul L. Yalerius Flaccus; ce sont les effigies de Baebia, mère du proconsul, de Saufeia sa femme3. Or, ces statues, exécutées au ier siècle avant notre ère, ne sont que des variantes du tvpe de la Pudicité. Une autre, trouvée au Prvtanée de Magnésie, est absolument identique à celle de Rhénée 4.

Grâce aux termes de comparaison que nous fournissent des recherches récentes, on peut affirmer que I original du tvpe de la Pudicité a été créé vers le début du n' siècle avant notre ère. Il

faut y reconnaître I œuvre d’un maître soucieux de renouveler la formule attaque du type drapé, et d'y introduire un accent personnel. Suivant toute vraisemblance, et autant qu’on peut en juger d’après les affinités de style.il appartient à la même école qu’un sculpteur célèbre de Rhodes, Philiskos, 1 auteur d un groupe de Muses conservé à Rome, au temps de Pline, dans un temple voisin du Portique d’Octavie l. M. Amelung a reconnu des imitations de ces Muses dans diverses statues connues par des répliques auxquelles s’ajoutent celles qu’ont livrées les fouilles de Milet et de Délos. Nous citerons en particulier la Muse accoudée, dite Polymnie, une des plus élégantes conceptions de l art hellénistique. D’autre part, des monuments relevant avec certitude des écoles d Asie Mineure, une base sculptée provenant d’Habcarnasse el le bas-relief de 1 Apothéose d’Homère signé d’Arcliélaos de Priène, nous ont conservé des reproductions plus ou moins libres des l\ pes de Muses créés par Philiskos de Rhodes 2. La nouveauté réalisée par le maître rhodien réside non seulement dans le mouvement et l attitude des figures, mais encore dans le traitement des draperies. Avec une singulière virtuosité el une curieuse recherche de I effet pictural, il s’attache à rendre la transparence des fines étoffes superposées, de telle sorte que les plis du vêtement de dessous se dessinent légèrement sous celui qui le recouvre ; un modelé léger, très nuancé, donne ainsi à l’œil comme l’illusion de ces tissus de soie diaphanes et translucides, de ces étoffes de Kos (Coæ vestes), que la mode avait mises en faveur à I époque hellénistique. Grâce à cette prodigieuse habileté de technique, la sculpture rivalise avec la peinture, et c’est bien en elle! d’une préoccupation picturale que procède I innovation due à Philiskos. Les sculpteurs d Asie Mineure I adoptent avec empressement ; des œuvres comme une statue drapée de Magnésie du Méandre3, comme la statue de Kléopatra, découverte à Délos4, en attestent le succès.

L artiste qui. au ié siècle avant notre ère, a inventé le type de la Pudicité, est donc un contemporain de Philiskos. Si I 011 en pige par la prédilection des marbriers d’Asie Mineure pour cette formule d art. 011 n hésitera guère à croire qu’elle a été imaginée dans un atelier de la même région. Le type origi-

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