Bull, de eorresp. hellén., XXXI, 1907, p. 4l5, figr
LES STATUES ET LES BUSTES FUNÉRAIRES 298
nal a-i-il été créé pour une statue tombale, comme le suppose M. Amelung1? Nous le croyons volontiers, et le témoignage des stèles est loin de contredire cette hypothèse. Nous pouvons ainsi faire honneur à la sculpture funéraire d’Asie Mineure d une conception élégante, capable de rivaliser avec celles qu'avaient élaborées les ateliers attiques du ive siècle, cl destinée à fournir une longue carrière dans l’art gréco-romain. Nombre de statues de dames romaines en dérivent directement. Mais cet effort pour renouveler le type séculaire de la femme grecque drapée dans 1 himation est aussi le dernier que tente en Grèce la statuaire funéraire. A I époque impériale, elle ne vivra plus que de traditions2.
Comme nous l’avons constaté pour les figures de femmes debout apparentées aux Herculanmses, les beaux types de femmes assises, si fréquents dans les stèles attiques du iv1 siècle, s’imposent longtemps à 1 imitation. Ils restent en faveur dans les bas-reliefs funéraires hellénistiques et pénètrent jusqu à Rome. Un sculpteur de l’époque d Auguste s est manifestement inspiré d’une œuvre grecque pour exécuter la statue tombale d une dame romaine, conservée au Capitole 4 (fig. 1 8/1 ). Cette ligure assise, drapée dans un ample manteau, est une œuvre de grand style, et bien qu elle fût destinée à la pénombre d’une cella funéraire, l’exécution en est aussi poussée que si elle avait dû prendre place au grand jour dans une nécropole hellénique. N était le type du visage qui est franchement romain, 011 croirait voir une sœur de ces matrones athéniennes dont les stèles du Céramique nous ont conservé les effigies . Si I on reconnaît ici 1 influence directe d un modèle attique, le cas 11 est point isolé. Plus d une lois les sculpteurs ont utilisé pour des portraits le type assis créé par les marbriers grecs, témoin une statue du Latran % témoin encore un groupe de la collection de Chatsworth, provenant d'Apt, dans le Midi de la France1.