Cavvadais, Calai.. n
Athen. MiltheiL. lit. 1S78. p. 93, pl. V.
Pliul. Minari.
Fig. 202 . — Hermès. Statue funéraire provenant d' Fgion. H. ('",7 1 (Musée national d Athènes).
le poids du corps portant sur la jambe gauche, le bras droit tombant le long du liane, tandis que l’autre, autour duquel s’enroule une légère chlamyde, pose sur le tronc d’arbre de soutien : la main tenait le kérykéion. Au vrai, le marbre d’Ægion est une assez médiocre copie, exécutée à l’époque romaine, d’après une
Fig. 2o3 et 20/4. — Tête de l’Hermès d’Kgion. Profil et face (Musée national d’Athènes).
statue plus ancienne que nous connaissons par d’autres répliques. La meilleure est celle de la collection Lansdovvne, à Londres; «1 autres se trouvent à Berlin, à Naples, et à Rome, au palais Colonna'. Les tonnes du corps, le rythme caractéristique déterminé par la pose des jambes, la structure de la tête, le travail de la chevelure détaillée en boucles courtes et serrées, permettent de croire que I original appartient à la seconde moitié du v' siècle, et était 1 œuvre d un maître formé à 1 école de Polvclète.
Grâce aux indices fournis par leur jirovenance, on peut, en toute certitude,
i. Fnrtwacnglcr, Meislerwerk<\ p. 5o’i-5o5.
LES DÉFUNTS DIVINISÉS. LES HERMÈS
attribuer un caractère funéraire aux statues d’Andros et d Egion. D autres, conservées dans nos musées, ont eu sans doute la même destination. Celle hypothèse a été émise au sujet d un type d’Hermès dont une réplique, datant de l’époque romaine, a été trouvée à Atalanli, l’ancienne Aulis, el apparlienl au Musée d Athènes Une autre, découverte à Milo, se trouve au Musée de Berlin ; elle porte la signature d un sculpteur parien du i" siècle de notre ère, Antiphanès fils de Thrasonydès2 3. A hiendes égards, pour l atlitude, les attributs, le détail de la cblamyde jetée sur I épaule gauche, on relève une certaine parenté entre l’Hei ’mès d Atalanti el ceux que nous venons d étudier. L original était une œuvre du rve siècle, dérivée peut-être d une conception polyclétéenne, mais exécutée par un sculpteur qui se rattachait à l école de Lysippe. Que des copistes de 1 époque romaine y aient cherché un modèle pour des port rail s ou des statues tombales, c’est là une conjecture fort jdausible, sans qu aucun lait précis nous permette de la justifier. Remarquons seulement que I usage d ériger sur le tombeau 1 effigie du mort héroïsé sous les Irait s d Hermès ne s’est pas limité à la Grèce. Il a pénétré en Italie. La preuve est faite grâce à une statuette d Hermès du Vatican, certainement Itinéraire, découverte à Rome danslaAigna MoronL. Le visage a Ions les caractères d un portrait. C’esl d ailleurs un fait bien connu que sur les stèles romaines le mort est plus d une lois représenté en Mercure, coiffé du pétase à ailettes, tenant la bourse cl le caducée1.
Ce n est pas uniquement axrec un dieu des enfers, comme I est Hermès Chthomos, que la scuffiture funéraire identifie le délunl. Elle le représente sous l’apparence du dieu qui a mission de veiller sur son tombeau, ou simplement de celui auquel I égale la piété des parenls. jiour mieux affirmer (jue la mort I a élevé au dessus de I humanité. Tantôt le mort prend la figure d Iïéhos . tantôt il reçoit les attributs d Apollon. Une statuette romaine du Musée des Offices, à Florence, montre un garçonnet héroïsé en I poil i no, une couronne de laurier sur la tète, le carquois suspendu au tronc d arbre de soutien, idée touchante et
1. Cavvadias, Catal., n° 24o. Gaz. arch.. Il, 1876, pl. 22-23. \rndl.-.\.melimg, Einzelaufnahmen. n»» 635-636. I urhvaeneder, Meisterwerhc, p. 5o5.
2. Bcschreib. drr ant. Skulpt., n° 200. Loewv, Inschr. griech. Hildhaurr. n° 3.>'i. Pour les autres répliques, voir Klein, Praxiteles, p. 3g3 ; Furhvaengler, Coll. Somzcc, p. p. Klein (ouvr. cité, p. 3q3) admet que ce type d'Hermès a aussi trouvé sa place dans le culte des mort« à l’époque hellénistique. Cl. Con/e, Sitznngsber. der berlincr 1 kad .. 1 884 - \ II, p. fi22.
3. Salle en forme de Croix grecque, n° 56i. Guaftani, Mcmorir Eneiclupedii'hc O . p. 3 1 et suiv.. fig. 1.