Corpus inscr. graec., n
naïve qui transforme le jeune mort en un enfant divin'. Parfois le défunt est assimilé à Héraclès, comme si la protection du héros devait lui assurer le repos dans l’immortalité. Sur un sarcophage du palais Farnèse, on voit représenté un couple d’époux. Le mort est couché sur la peau du lion néméen, son carquois à côté de lui". Une statuette du Louvre montrant un enfant revêtu de la peau de lion, a peut-être servi à décorer un tombeau s.
Le choix de certains types divins pour des effigies funéraires semble en effet impliquer une allusion aux félicités qui attendent le défunt dans la vie future. On sait quelle popularité acquièrent dans tout le monde antique, au début de l’époque impériale, des croyances nées en Th race, et enseignées par la religion mystique de Dionysos. Elles promettent aux initiés après la mort mie renaissance, une existence nouvelle, non pas dans le sombre royaume d’Iladès, mais sous un ciel lumineux, parmi les êtres mythologiques qui participent à la pompe bachique et forment le cortège du dieu. Une inscription de Thi ace, une épitaphe en vers gravée sur le tombeau d’un enfant, traduit ces idées avec une singulière netteté. « Et toi cependant, renouvelé dans ton être, tu vis dans les Champs- El vsées... Maintenant, ou bien dans un pré en Heur,
I initiée marquée du sceau sacré t agrège au troupeau de Bacchus. sous la forme d’un Satyre, ou les Naïades qui portent les corbeilles sacrées te réclament comme leur compagnon, pour conduire à la lueur des torches les processions solennelles1 2 3 4 5 ». Ces promesses d’immortalité, les attributs bachiques sculptés sur des stèles romaines, tels que la grappe île raisin, en sont le gage visible \ Elles s’affirment mieux encore quand la statue tombale revêt le costume et l’apparence du dieu lui-même. Les textes et les monuments témoignent que ce genre d’effigie funéraire est en usage à l’époque romaine. Dans une inscription de Lerne, le mort est qualifié de Bacchos, et c es! en Bacchos que le représentaient deux statues votives érigées dans des sanctuaires6. Apulée parle dune femme qui consacre un culte aux images de son mari défunt, figuré avec le costume du
1. Amelung, Fïïhrer durcit die Antiken in Florenz, n° 82, p. 67. Statuette analogue à Catajo, Dütschke, Antike Bildw. in Oberital., V, 7.80. Cf. la stèle d’Ulpius Maternus au Vatican, où l’enfant est également figuré en Apollino. Amelung, Sculpt. des Vatican. Mus., I, n° 83 c, p. 228. De même, une fillette est représentée en Artémis. Musée Torlonia, à Itome. Visconti, Catal., n° 101.