‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 192 sur 212 · Voir pages · texte numérisé non relu

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LES DEFUNTS DIVINISES. LES HERMES

point de doute à ce sujet ; elle le désigne très clairement comme un portrait D autres hernies, sculptés sur les , stèles, peuvent être interprétés de la même manière. N est-ce pas là 1 indice de préoccupations tout à fait semblables à celles cpii dictent aux sculpteurs le choix du tvpe d’Hermès pour les statues tombales ?

Cette conception prend plus de force encore à 1 époque romaine, si l’on en |uge par I adoption d un l\pe emprunté à l’art grec du rv“ siècle, celui qu’on peut appeler I hermès à manteau. Le Musée du Braccio Nuovo, au Vatican, possède un hermès de marbre datant du iT siècle de notre ère1 2 3 ( iig . 206). Il porte une inscription métrique, rappelant qu’il décorait, avec d autres effigies analogues, le tombeau de famille du sculpteur Zénon, originaire de la ville carienne d'Apl irodisias. Zénon appartenait donc à ce groupe des sculpteurs d Aplirodisias, dont les ateliers, très actifs aux premiers siècles de notre ère, alimentaient de statues et de copies d’œuvres célèbres le marché de Rome . Ainsi qu il était naturel,

I artiste avait orné de ses propres mains le tombeau où I avaient précédé sa femme et ses lils: 1 inscription funéraire est suivie de sa signature. Œuvre

Phot. Inst. arch. Rome.

Fig. 207. - — Hermès (Rome. Musée du Braccio Nuovo, Vatican).

1. Corpus iriser, nltic.. III. 1827. Cf. Ivaibel, Epicjram. graeca, n° 108. 'IhV.oj; 5è t[.inoj; 8s:V.yy]aiv 0 Xuctvo; 'Epij-f,;.

2. Amelung, Sculpt. ilrs I alicon. Mus.. I. p. i58, n° 1 35 , pl. 21. L. Curlius, ouvr. cité, p. 2.5, (ig. 17. L’inscription est reproduite, Inscr. rjraec. Sic. et liai., 1627.

3. Voir notre Hisl. clc la sculpt. grecque. II, p. 677 et suiv. Loewy, Inschriften i/riech. Bildliaucr. p. 257. Gauckler, Comptes rendus île l' Acad, ries Inscr . . it|o8, p. 35a.

purement décorative, d’une exécution médiocre, le marbre du Braccio Nuovo représente 1 effigie tombale de Zenon sous la forme d un Kermès à base tétragonale, se terminant à la partie supérieure par un buste revêtu d’un manteau qui s’attache sur ! épaule droite . Le bi •as droit tombe librement : le gaucbe, ramené sur la poitrine, est couvert par le vêtement. Si la tête, imberbe, garde un type conventionnel, les termes de 1 inscription ne permettent pas de douter que le sculpteur ait eu 1 intention de se représenter lui-même sous des traits idéalisés.

Dans la même galerie du Vatican sont conservés trois autres hermès analogues au précédent. Deux d’entre eux, trouvés à Oslie, d un travail très lourd, offrent un type identique, celui d’un jeune homme drapé dans un manteau1 (lig. 207). Faut-il, comme l a proposé M. L. Curtius, les rattacher au monument de famille de Zénon, et y voir les autres hermès (Vr/.évaç) mentionnés dans l’inscription Si I hypothèse est séduisante, elle 11e s’appuie sur aucun fait décisif. 11 reste néanmoins possible d admettre que ces hermès ont eu également un caractère funéraire, et la même conjecture peut être admise pour un quatrième hermès du Vatican2 3. Ici, le personnage représenté est vêtu d un chiton et d'un manteau, avec une nébride serrée à la taille par une ceinture. Si c’est là vraiment une effigie tombale, le sculpteur aurait prêté au défunt les attributs de Dionysos. Un hermès semblable, trouvé à Mélos dans le portique des Mystes, est l image d’un hiérophante du dieu . Tout au moins, les monuments sont assez nombreux pour que nous puissions en toute sécurité faire une place, dans la série des hermès funéraires, à un type très répandu au temps de 1 Empire, celui du défunt représenté sous la forme d un hermès à manteau.

1. Ametung, Sculpt. des Vatican. Mus., I, n°65, pl. 10, n° 67 A, pl. 10. Cf. L. Curtius, ouvr. cité, p. 26, fig- 18, 19.

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