Fouilles de Delphes, III, 1, 2-3, lig. 2 (Bourguet
L’ARCHITECTURE DES TOMBEAUX
l’ancienne Lamptræ, et conservée au Musée national d Athènes1 (fig. i5). Elle a
été souvent décrite.
Nous en rappellerons les dispositions essentielles. G est une stèle quadrangulaire, qui, suivant 1 hypothèse très plausible de M.
pIG. j3. — Base de la statue de Kléoitas (Musée national d’Athènes). ^ lll*< 1 ’ P°
ser sur un soubassement composé de deux on trois degrés. Elle est terminée par une gorge ou
de la hase sont décorées de reliefs d’une très 1 ai 1 »le saillie. Sur la lace anté-
1. Cavvadias, Catal ., n° Winter, l then . Witthcil., XII, 1887, p. io5, pl. IF. Conzc, \ll. Grabrcliefs , pl. Xï. Brunn-Bruckmann, Denkmaeler , n° 66 B. Cf. notre Hist. de la sculpture grecque , I, p. 383, fig. 198. Perrot, H Ut. de l'Art . \ III, p. 85, fig. 5i.
2. Wiegand, Die archaische Poros-Architektur der Akropolis zu. Alhen . pl. ^ F, n° 4' et p* 6(1-70. M.W iegand en rapproche aussi les rosettes des ornements qui décorent le diadème du sphinx funéraire de Spata reproduit plus loin, p. 85, fig. 45. Ce type de support peut être considéré comme le prototype des [hases d ex-voto de la seconde moitié du vie siècle, trouvées sur f Acropole. Cl. Arch. Jahrbuch, III, 1888. p. 27^- 6g* 6 (Borrmann) el la base de l’ex-voto d’Onésimos (’Ecprjp.. ’ao/., 1886, pl. 5, 6).
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
rieure, un jeune cavalier, armé cl une lance, le bouclier suspendu aux épaules, et conduisant un second cheval ; sur les laces latérales, à droite, un homme d’âge mûr appuyé sur un bâton, à gauche, deux femmes, lous trois faisant les gestes de la lamentation prescrits par le rituel funéraire. Faut-il reconnaître
dans le cavalier l image du mort P M. Helhig a combattu cette interprétation. el non sans raison. 11 a démontré que ce personnage joue ici un rôle analogue à celui «les cavaliers peints ou sculptés sur le registre inférieur de plusieurs stèles attiques. C’est 1 écuyer (07rY]p£TY]ç;) qui lient en main le cheval du mort ; sa présence indique que ce dernier appartenait à la classe «les Î7îTC£tç 1 . Dès lors, il y aurait lieu de renoncer à la restitution de M. Win-
Fig. i5. — Hase en marbre de l’IIymette, trouvée à Lambrika. II. om,735. ... ,
Gonze, Ait. Grabrelicfs, pl. XI (Musée national d’Athènes). CJbU plaçait SUl la
hase une simple figure
décorative, celle d’un sphinx. F effigie sculptée était peut-être 1 image du défunt, sans que nous puissions en déterminer la nature.
Quelle origine convient-il d’attribuer à ce type de hase funéraire dont nous ne connaissons qu'un unique exemple PM. Winter songe à des influences étrangères tout à fait immédiates, et rapproche de la hase de Lambrika les coffrets en bois égyptiens qui figurent la demeure du mort2. D’autre part, M. Wolters voit ici comme une réduction des grands tombeaux grecs construits
i. Helbig, Les IjurEtç athéniens. Extrait des Mémoires de U Acad, des Inscr., I. XXXVIII, p. 52-53. Cf. Wiener Jahresliefte, VIII, i9o5,p. 197.
1. \then. Millheil., XJI. 1887. p. 1 1 3 . Cf. Perrol, Hist. de l’Art. III, %. 5p, p. ia3.
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eu bois et en briques, et sur lesquels s’appliquaient des tableaux en terre cuite peinte représentant les scènes du rituel funéraire1. Les deux épisodes de. la prothé sis sculptés sur les faces latérales seraient comme un rappel de ces sujets ; faute de place, le sculpteur s en serait tenu à trois figures. L explication serait plausible, si le marbre de Lambnka était vraiment le monument funéraire; mais ce n est qu une base, un support pour la statue tombale. Que les scènes de prothésis soient empruntées au répertoire des peintres de pinakes, cela n’est pas douteux. Mais si 1 on remarque que les bas-reliefs, très légers, ne sont guère qu’un champ préparé pour la polychromie 2 3 * 5, que le cavalier se retrouve dans le registre inférieur de plusieurs stèles peintes, avec le même sens, c’est surtout à ces dernières que l’on songera. En réalité, 1 artiste, soucieux de décorer richement une base de statue, a combiné des éléments architecturaux qui n’étaient, point inconnus de son temps, un motif familier aux peintres de stèles, et des sujets dont les pinakes de terre cuite lui offraient de nombreux exemples. Il a ainsi réalisé un type de base funéraire qui reparaît, simplifié, dans les bases votives du temps des Pisistratides.