Cf. Ross, Arch. Aujsaclzc , I, p
5. Puchstein, Dus ionische Capitell. p. 47, 6g- 3g. Perrot, ouvr. cité, VII, pi. XXVI, fig. XVI. L’inscription est la suivante : XxctXoi Esvfccpzoç tou Msiigoç Eip stti tuu.6oj. Cf. Roehl, I. G. A., 344*
6. Cavallari et Orsi, Megara Ilyblæa, Mon. antichi dell’ Accademia dei Lineei, I, 1902, p. 102, pl. IV, 2. Cf.
Studniczka, B iencr Jahresliefte, VI, 1903, p. i4o, fig. 93-
L’ARCHITECTURE DES TOMBEAUX
comme à Assos, l’inscription commémorative était gravée sur le fut. Tel est le cas pour une colonne funéraire découverte à Trézène, et élevée en mémoire d un certain Praxitélès. Les amis du défunt se vantent d’avoir dressé le monument en un seul jour, sans doute en vertu d’une prescription légale qui restreignait le luxe des sépultures1.
On comprend facilement que ce type de support ait été utilisé pour des statues funéraires, qu’elles fussent, comme dans le bas-relief de Xanthos, des figures allégoriques, ou des images du mort. Il n’est pas surprenant que certains monuments d’origine attique nous en fournissent la preuve, car dans le
Fig. 17. — Base du monument funéraire d’Antilochos (Musée national d’Athènes).
décret de Solon que mentionne Cicéron, le mot grec ctty)Ay], traduit en latin par columna , peut s’entendre aussi bien d une colonne que d une stèle. Voici d ailleurs des faits précis. Un fragment de colonne dorique à cannelures, conservé au British Muséum porte une inscription attestant que ce monument était, le crjuia d une tombe. O11 \ lit en outre la signature d un artiste, qui parait être celle du sculpteur panen Anstion2 3. C était donc, suivant toute vraisemblance, une base de statue. La même conclusion s’impose pour le monument funéraire d Antiloclios, dont la base est conservée au Musée d Athènes 11 (fig. 1^). Elle est de forme carrée, el présente, à sa partie supérieure, un trou d encastrement circulaire oii il faut de toute nécessité restituer une colonne. Or, elle porte la signature de ce même Anstion île Paros, qui est connu pour
1. Legrand, Bull.dc corresp. hellén.. XXIV, igoo, p. 179-181. Cf. Wilhelm, ibid., XXI\, igo5, p. 4i6.
2. Corpus iriser, altic., I \ . .'477 n. Loervy, Inschr. gricch. Bildltaucr, n° 18.
3. Corpus inscr. allie.. I, 466. Loeschcke, Athen. Miltheil., IA . 1879, p. 3oo, et Bcilagr, p. 292, n° 5. [ ’Av]-tX<r/ou -OT’. af);j.’, iyaOoCi | zal acôapovo; avopd;.
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
avoir exécuté les statues funéraires de Xénophantos 1 et de Phrasikleia 2. L’artiste chargé de décorer le tombeau d’Antilochos avait sans doute reçu la commande d une statue. C’était là comme la spécialité de ce sculpteur de Paros, un des maîtres insulaires qu attire à Athènes la brillante floraison d’art provoquée par les grands travaux de Pisistrate.
En donnant la colonne comme support à une statue funéraire, les marbriers ioniens ou attiques ne créaient point un type de monument spécialement destiné aux nécropoles. Ils ne faisaient qu adapter à cet usage une forme de base souvent employée pour les statues votives. Tout porte à croire que les sculpteurs de lTonie et des îles avaient les premiers compris quelle ressource pouvait à ce point de vue, présenter la colonne, avec son fût svelte et élancé, couronné d’un chapiteau à volutes il oii la statue semble surgir, comme une lleur à l’extrémité de sa tige. Nous pouvons lire plus d’une signature d’artiste ionien sur des fûts de colonne portant des dédicaces à des divinités ; ainsi celle d’Ecphantos sur une colonne provenant de I ’ île de Mélos ! ; ailleurs, celle de Kritonidès de Paros4, et celle du vieux maître cluote Archermos sur une colonne cannelée trouvée dans les fouilles de l’Acropole d Athènes ’. Il est à peine besoin de rappeler la colonne surmontée d’un sphinx, consacrée à Delphes par les Naxiens6. Les fouilles de l’Acropole d’Athènes nous ont appris avec quel empressement les artistes attiques suivent l’exemple donné par leurs confrères ioniens. On connaît assez, sans qu’il y ait lieu d’insister, les colonnes à chapiteaux ioniques ou doriques tout brillants d’une riche décoration polychrome, qui supportaient les offrandes consacrées à Athéna . C’est là, entre tant d autres, un témoignage de l inlluence exercée par l’art des îles sur celui d Athènes, dans la seconde moitié du vil siè cle.
Eu résumé, qu elles fussent placées sur des bases quadrangulaires ou sur des colonnes, les statues de tombeaux se présentaient aux regards du spectateur à peu près sous le même aspect que les statues votives. Les sculpteurs ne changeaient rien à leurs habitudes ; ils conservaient les types de supports