Dfonna, ouvr. cité, p. dit
Ililler von Gaerlringcn. Thrra. III. pl. iô. Dconna, p. 22p. 11" 1 in
marbre à gros grain, analogue à celui de Naxos, la statue esl peut-être sortie d’un de ces ateliers naxiens où les « imagiers » du vic siècle taillaient couramment des ellmies de kouroi 1 2 . On a en elïct trouvé dans les carrières de l’ile des statues
du même type à peine ébauchées, et plusieurs des « Apollons » découverts à
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
chevelure soigneusement disposées en feston (fig. 22-23). Il ne saurait être question d’un portrait, au sujet d’une œuvre datant de la première moitié du vi1 siècle1. 11 n y a ici qu’un type d’atelier, et tout porte à croire que l’auteur de la statue ignorait à quel emploi elle était réservée.
C’est aussi à l’art insulaire qu’appartient une tête provenant de Thasos, conservée à Vienne dans la collection Wiv de Zsolna2 3 4. Bien que mutilée, elle retient l’attention par le caractère franchement ionien du visage, aux gros yeux saillants, aux pommettes très accusées, et par l’agencement recherché de la coiffure. Le sculpteur qui exécutait à Thasos cette statue de tombeau, avant le milieu du vY siècle, subissait certainement l’influence des ateliers de la Grèce insulaire ; peut-être est-ce à Baros qu’il cherchait ses modèles.
Il eût été surprenant que la Grèce d’Asie, à laquelle revient certainement une bonne part dans 1 élaboration du type des kouroi , ne l’eût pas employé pour la décoration des tombeaux. Nous avons aujourd’hui sur ce point des témoignages précis. A défaut de statues funéraires provenant des villes grecques du littoral asiatique, nous en connaissons au moins des exemplaires trouvés dans l ile de Samos dont l’art se rattache par une étroite parenté à celui de Milet. Le Musée de Vathy possède deux torses de kouroi funéraires, trouvés dans la nécropole de Tigani, au nord de Samos1 (fig. 24-2.5). Non loin de l’endroit où on les a découverts, gisaient les fragments de deux colonnes en marbre bleu, sans cannelures; l’une d’elles offrait à la partie supérieure des traces de trous de scellement. C’est à peine une hypothèse que de replacer sur ces colonnes les statues funéraires ; elles se dressaient sans doute sur le mur circulaire (y.pYjîdç) qui entourait le tertre du tombeau. A enjugerparle caractère du style, elles appartiennent, comme celle de Théra, à la première moitié du vie siècle.
L île de Chypre a subi trop fortement I influence ionienne pour que le type du kouros soit resté étranger à la plastique chypriote, et n’y ait pas trouvé sa place dans la statuaire funéraire. Le British Muséum possède un torse viril en marbre d’un travail assez lin, provenant de la nécropole de Marion ' (fig. 2G).
1. L’hypothèse a ôté émise par M. Loeschcke, Athen. Mitlhe.il., IV, 1879, p. 3o4-
2. Deonna, ouvr. cité, p. 227, n° 128, fig. i56. Cf. Rev. arch.. 1908, I, p. 38, fig. 7. M. Deonna en a reconnu depuis le caractère funéraire (Rev. arch., 1909, I, p. i3). Cette tête a été publiée par H. Sitte, Wiener Jahreshefte, XI, 1908, p. i42, x 4 7 , fig- 3h, 37, 38, 4o et pl. I— II.
3. Deonna, ouvr. cite', p. a34-235, nos i38 (fig. 161-162) et 189. Cf. Boehlau, Aus ionischen und italischen Nekropolen. p. 32, fig. 33. Wiegand, Athen. Mittheil., XXV, 1900, p. i5o, nos 2 et 3.
4. Catalogue of the Bril. Mus. Arehaic Greek Sculpture, I, p. 85, n° 207. Herrmann, Das Graeberfcld von Ma-
LA FIGURE HUMAINE
Il a été découvert dans le couloir ( dromos ) qui donnait accès à un tombeau, et par suite on y reconnaît en toute certitude une effigie funéraire. L’œuvre date du dernier quart du vV siècle, et peut-être l’influence at tique a-t-elle contribué à lui donner ses caractères de sveltesse, en dépit de l’exécution un peu molle qui est comme la marque du style chypriote.
De la Grèce ionienne, le type des kouroi se propage dans la Grèce continentale, et. là aussi, ces statues trouvent leur place clans les nécropoles, à titre d effigie conventionnelle du mort. Un de ces kouroi funéraires, conservé à la Glyptothèque de Munich. est depuis longtemps connu sous le nom de « I Apollon de Ténéa 1 « (fig. 27). La statue provient sûrement d’un tombeau. Elle a été découverte en 1 846. dans une nécropole voisine <le 1 Acrocormlhe, près du village d Atlukia. qui occupe l’emplacement de I ancienne bourgade de Ténéa ou de Pétra2. On peut aisément restituer la forme de la I
Ptiol . Mansell.
Fig. aO. — Statue de kouros provenant de Clivpre. II. on,,"35 (British Muséum).
asc sur laquelle elle se dressait, car la petite
! 2. Ohnelalsch-Richter, hvpros, p. ■>71, pl. \\\ Il Deonna,
rion auf Gypcrn ($8'' Winckelmannsprogramm ), p p. 238, n° 1 4 1 , fig- 165-167.
1. Furtwaengler, Beschreibung der GlyploÜiek. p. 47. n° 47 • Deonna, Les « 1 pollons archaïques, » p. 1S7,
n° 80, avec une bibliographie 1res abondante, t ne bonne reproduction est donnée par Brunn-Bruckmann, Drnkmaeler, n° I.
2. Sur le lieu de la trouvaille, voir Milchhoefcr, Arch. /.eilnng, 1881. p. 54 Lolling. Texte des Karlen rmi Mykenae de Steffen. p. 47-48.
LES TYPES DE L’ART XRCHAÏQUE
PJiot. Bruckinann.
- Statut funéraire de houros trouvée à i- Il i '",53 (Glyptothèque de Munich).
plinthe qui la supportait était destinée à s encastrer dans une grande dalle : il y avait là comme une variante de ces bases rectangulaires dont nous avons constaté I usage en Vltiquc. Nous n’avons pas ici à décrire un monument bien souvent étudié, m à analyser en détail les caractères du stxle. « La statue, remarque M. Perrot, ressemble beaucoup à l’Apollon de Théra.
C’est comme une épreuve du même type, retouchée et perfectionnée par un ciseau plus adroit 1 ». On retrouve ici la structure élancée de la statue de Théra, mais avec une recherche plus heureuse de la vérité anatomique. Une élude plus attentive de la nature se fait sentir dans le rendu des membres et dans le travail très poussé des genoux2. Le visage à l’ovale régulier, au Iront fuyant, au nez saillant et aigu, nous offre des traits que les œuvres ioniennes nous ont rendu familiers. Au heu du quadrillage conventionnel qui constitue souvent tout le travail de la chevelure dans certaines statues plus anciennes, ici, la masse des cheveux, étalée sur la nuque et sur les épaules, est striée de sillons horizontaux. pour en rendre les souples ondulations. Il n’v a donc pas heu d attribuer la statue de Ténéa à un sculpteur corinthien, ei de la considérer comme un témoignage de l'influence exercée sur I art <lr la Grèce continentale par les maîtres
i. I'errot, Hist. de l’Art. \ III, p. 398-899.
■>. Voir Loewv, Die Nahirieiederga.be in der allgriech. K 11 nsi . ]>. 32-32.
LA FIGURE HUMAINE
crétois Dipoiuos et Skvllis1. Elle est due à un artiste des îles, peut-être à un maître de Chios, dont la période d’activité se placerait dans la seconde moitié du vie siècle. S il en est ainsi, nous constatons une lois déplus <|uc les statues
Fig. 28. — Torse d'une statue de kouros, trouvé à Athènes, au Céramique. II. o "'."h (Musée national d’Athènes).
de marbre du type des kouroi étaient des objets du commerce. Elles ne devaient pas manquer dans un grand port marchand tel que Corinthe. C est donc, suivant toute vraisemblance, une statue ionienne qui se dressait sur la sépulture du mort de Ténéa.
1. Cette influence est attestée par les textes. Mais ce sont d’autres monuments, comme les kouroi de Delphes, qui nous la font connaître. Homolle, Bull, rlc corresp. hcllén.. WIN. iqoo, p. \ \ 5 et suiv. et Fouilles </<• Delphes, IV. p. 10-16. Deonna, p. 176-178, et ütifi. Loewy, Wiener Jahresliefte, \ 1 1 , ij|0(|, p. 272.
5 G LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
Au temps où M. Loeschcke s attachai! à démontrer que l’Atlique du vT siècle connaissait I usage des statues funéraires, un seul monument permettait d’y faire figurer le type du kouros. G est la base de Xénophantos, portant la signature du maître parien Aristion, que nous avons reproduite plus haut1 2 3. Nous sommes aujourcl hui beaucoup mieux renseignés. Si les Al tiques semblent avoir
eu plus de prédilection pour le type féminin des corés que pour celui des kouroi, ceux-ci ne font cependant pas défaut, et il en est dans le nombre dont le caractère funéraire parait certain. La base de statue tombale découverte dans les substructions du mur de Thénustocle nous fournit d ailleurs une nouvelle preuve qu on voyait des statues de ce genre dans la vieille nécropole du Dipylon “.
Les plus anciennes remontent à la première moitié du VIe siècle, et datent du temps où l emploi de la pierre tendre fait place à celui du marbre. Elles sont contemporaines de la célèbre
F, g. 29. — Tête d’une statue de /couros (Musée du Louvre). Statue du Moschophove, Celle OÙ
se marquent avec le plus de force les caractères de 1 atticisme primitif. Au début de la série se classent deux torses du musée d’Athènes, provenant du Céramique. L’un d eux a conservé sa tète, mais très mutilée 1 (fig. 28). C'est une œuvre encore rude, d une anatomie conventionnelle. A voir avec quelle naïveté le sculpteur a dessiné en forme de triangles les contours de la cage thoracique, et indiqué par de petits sillons les divisions de l’abdomen, on n hésite guère «à la classer parmi
1. Loeschcke, Athcn. Miüheil., IV, 1879, p. 3oo-3oi. Deonna, n° 12, p. t 38-1 09 .