M inter, art. cité, p. i38, fig
2. U inter, p. i4o-i4i, fig- 12 a, 12 6. Cf. Studniczka, Arch. Jahrb., Vf, 1891, p. 23p. Perrot, Hisl. de 1 Art, y III, p. 635, fig. 32 4-
’>. W inter, p. 1 35 . flelbig. Les '.-- il; athéniens, p. 46.
4- S. Reinach, Bull, de corresp. hellén.. XIII. 1889, p. 545. pl. \ lll. La statue est conservée au Musée impérial ottoman, à Constantinople.
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
! on tient compte des circonstances de la trouvaille, la destination funéraire ne parait pas douteuse. En Phrygie, la Grande déesse est souvent fieurée comme
Fig. 35. — Statue de Cybèle provenant de la nécropole de Cymé (Constantinople, Musée impérial ottoman).
la gardienne de la tombe, et c’est ainsi (ju elle est représentée, escortée de ses lions, dans la chambre funéraire de la tombe d Arslankaya1 *. On ne sera donc pas surpris qu elle joue le même rôle dans une nécropole archaïque d’Asie Mineure.
Le même type apparaît à Cymé dans des monuments provenant également des fouilles de 1881 \ Ce sont de petits édicules en pierre calcaire, où la déesse, avec le lion sur ses genoux, est assise dans une sorte de niche. M. S.
Remach les a justement rapprochés des stèles identiques trouvées à Marseille3.
D autres exemplaires, où la déesse, représentée sans attribut, tient simplement les mains posées sur les genoux, proviennent d Amorgos et de Clazomène \ Ces sortes de chapelles sont-elles des ex-voto ou des monuments funéraires Dans cette seconde hypothèse, faut -il y voir des idoles de protection,
des ex-voto au mort béroïsé, ou l’image même de la défunte divinisée ? M. S. Remach remarque que ces trois interprétations peuvent à la rigueur se concilier, I idée de placer sur la tombe une image de protection étant la plus ancienne, et les autres découlant de celle-là. J’incline cependant à croire qu’il s’agit surtout ici d idoles funéraires, auxquelles est attachée I idée de garde du
i. Ileber, Die phrygischen Felserulenkmacler, p 3a.
a. S. Reinach, article cité, p. 546, pl. VIII, n° a.
3. Conze, Arch. Zeitung, Arch. 1 nzeiger , 1866, n" 216, p. 3o3, pl. B. Espérarulieu, Les bas-reliefs île la Gaule romaine, I, n° 4g (1-21), p. 48-52.
4 G. Trou, Wiener Jahreshefte, II, 188g, p. 200, fig. 102 (Amorgos). Collignon, Reçue arch. , II, 1900, pl. XVI (Clazomène). Cf. Perrot, Hist. de l’Art, VIII, p. 3a6, fig. i3y.
l’Iiot. Giraudou
Fie. 36
Statue de femme assise provenant de la nécropole de Milet. li. i mètre (Musée du Louvre).
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
tombeau1. C’est en vertu de la même préoccupation que, dans les tombes rhodiennes, l image en terre cuite de la Cvbèle au bon est déposée auprès du défunt2 3.
Par leurs traits essentiels, les ligures de Cvmé procèdent d’un type fort connu, aussi familier à l’art îles coroplastes qu’a celui des sculpteurs. Qu’ils aient à représenter, dans I attitude assise, une déesse ou une adorante, qu’il s agisse de sculpter pour un tombeau l’effigie d une morte, les artistes ioniens du vT siècle n’en connaissent point d autre. Ce type prend la valeur d’une formule générale. L attitude assise, immobile, avec le buste droit, les jambes rassemblées, les mains posées sur les genoux, n’est-elle pas celle qui peut donner à la personne humaine le plus de dignité, ou traduire, de la manière la plus expressive, le recueillement et le respect du prêtre ou du dévot en présence de la divinité? Il est à peine besoin de rappeler quelle trouve déjà sa réalisation dans les arts delà Cbaldée et de l'Egypte, et l’on sait aussi qu elle est en faveur dans les ateliers de la Grèce ionienne. L exemple des statues de la voie sacrée des Branchides, conservées au British Muséum, est bien connu. Parmi ces statues, à côté de Cliarès. le « chef de Teichioussa ». et d autres personnages masculins, trois statues de femmes perpétuaient le souvenir de l acté pieux par lequel des adorantes avaient consacré leur image à Apollon \ D autres ont été retrouvées par M. Haussoulher 4 5 et par M. Wiegand’. On ne s’étonnera donc pas que ce type se soit en quelque sorte imposé à la sculpture funéraire.
Le Louvre possède trois statues, plus petites que nature, découvertes par Rayet dans la nécropole de Milet1’. La plus ancienne, à laquelle on a jusqu’ici prêté trop peu d attention, est apparentée d assez près aux statues féminines des Branchides (fig. 36). Vssise sur un siège carré, dont le coussin déborde de chaque côté en formant un bourrelet sous l’accoudoir, la morte est vêtue du chiton ionien à larges manches, sur lequel îles lignes striées indiquent les on-
i. Cf. He uzev. Calai, des figurines de terre cuite du Louure, p. 2l\i.
Winter, Die Typenderfig. Terrakotlen. p. 52, n° 10.
3. Catalogue of Sculpture. British Muséum, 1, nos 7, 9, 16. La mieux conservée est reproduite dans Newton, Jlalicarnassus, Cnidus and Branchidae, Atlas, pl. 70. Cf. Rayet et Thomas, Milet et le Golfe Latmique, pl. 2li, 1; notre Hist. de la sculpture grecque, I, p. 178, fig. 78; Perrot, Ilist. de l'Art. VIII, p. 275, fig. m.