‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 51 sur 212 · Uaussoullier et Pontrcmoli , Didymes. p · texte numérisé non relu

Uaussoullier et Pontrcmoli , Didymes. p

5. Wiegand, Sitzungsher. der berl. \l:ad.. XXV, 1901, p. 911. L’une d’elles porte l’inscription ’Aote... 1 ne inscription datant de l’année 448 av. .1 ,-C. désigne les statues des Branchides sous le nom collectif de statues de Ghares (juxolx. Xaosoj àvSptâaiv). Wilamowitz-Moellendorff, Silzungsber. der berlin. Akad.. 1904, p. 628.

(i. S. Reinacli, Répertoire de la statuaire grecque et romaine, II, p. 683, 1, 2, 3.

LA FIGURE HUMAINE

(filiations des plis1. Les formes sont lourdes et tassées, et les bras, ornés de

Fig. 3 7. — Statue île femme assise provenant de la nécropole de Milet. H. o'",X'] (Musée du Louvre).

bracelets aux poignets, reposent pesamment sur les cuisses. Les deux autres nous offrent un état plus avancé du même Ivpe. Si l’on examine celle qui est le

1. Cf. le torse de Chios publié par M. Léchât, La snulpl. altir/ue. p. 172-170, fip. g. 10, 1 i.

70 LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

mieux conservée1, on constate que l’agencement du costume accuse un changement dans la mode (fig. 07). L’himation, agrafé sur I épaule droite, passe sous I aisselle gauche, dessinant au-dessus de la ceinture des plis coquettement

étagés. Le vêtement est orné par devant d’une bande brodée où court un méandre gravé au trait, destiné à guider le pinceau du sculpteur dans I application de la polychromie. La parure est complétée par un collier et par un voile posé sur les épaules. Bien que le sculpteur ait encore respecté la disgracieuse convention des jambes trop écartées, la statue est cependant très supérieure, pour I élégance des formes et la souplesse de la draperie, à celles de la voie sacrée des Branclndes. On peut compter parmi les bons spécimens de I archaïsme ionien cette image de marbre qui se dressait, solennelle et parée, sur le tombeau d une Mile •sienne.

Ce t\pe, dont la sculpture funéraire ionienne vient de nous fournir des exemples, trouve dans la Grèce continentale la A Athènes, des fragments d’une statue très mutilée ont été découverts près du Dipvlon, encore engagés dans le mur construit par Thémistocle 2 (fig. 38). On \ reconnaît sans peine la partie inférieure <1 une statue féminine assise, vêtue d un clnton qui enveloppe les ïambes comme une game rigide. Nul doute qu elle 11 ait appartenu à un monument funéraire détruit par les Perses lorsqu ils saccagèrent la nécropole attaque du vic siècle.

Le Musée d Athènes possède une autre statue féminine dont I interprétation est moins certaine (lig. 3q et 4o). Elle a été trouvée en 1868 en Ar-

1. Rayet et Thomas, Milct, pi. ai. Cf. Il Ut. de la sculpt, grecque, I, p. 177, fig. 8t. Perrot, Hist. de l'Art,

vin, p. 279, fig. 1 1 2 .

2. Musée nat. d’Athènes, Cawadias, Calai., n° 7. ’Eor^j.. àpy., 1874, p. 48o. ’AQifvatov, IR p- i3ÿ. Loeschekr, Allten. Mitlheil.. IV, 1879, p. 3o3. Perrot, Hist. de l'Art, \III, p. C> !5 7 .

3. Musée nat. d’Athènes, Cawadias, Cotai., ri° 6. ’Eprju.. «9/., 1874, pl. 71 A a, A 6, p. 48o. Milchhoefer,

Fig. 38. — Fragments d’une statue de femme assise, trouvés au ])i[ ) Y Ion. H. o m , 4 2 (Musée national d’Athènes).

même faveur et le même emploi.

LA FIGURE HUMAINE

cadic, au lieu dit Palaeo Castro de Zourkou-Mylos, c’est-à-dire, suivant toute vraisemblance, sur remplacement de 1 ancienne ville d'Aséa. Sculptée dans un marbre du pays à teinte gris sombre, elle a tous les caractères d une œuvre indigène. Elle représente une femme assise sur un siège à dossier droit, dont les accoudoirs sont supportés par des sphinx. Sur la base est gravée une inscription qui a été lue tantôt Ayîoro, tantôt Aysuto1. L explication du monument varie suivant la lecture du nom. Dans le premier cas, il désignerait une femme, Agéso, et la statue pourrait être considérée comme l’image conventionnelle de la délunle. Dans le second cas, ce nom serait celui dune divinité locale, Agémo, qui s’est identifiée avec Artémis2, et nous aurions sous les veux la statue d’une déesse, encore que I usage de graver le nom d une divinité sur la base d une statue \otive soit assez rare. Il reste une troisième hvpothèse qui concilierait les deux précédentes3. Il conviendrait de reconnaître dans le nom d Agémo celui d une divinité infernale à laquelle la morte serait assimilée dans le culte du tombeau. La statue arcadienne deviendrait dès lors celle d une défunte héroïsée. Il \ aurait lieu de la rapprocher d une statue d homme assis et escorté d un chien, trouvée à Magonla, en Laconie, et dont la base porte le nom dune divinité chthomenne Lvjc, ou Aiùvjç'". Celle-ci nous conserverait également limage du mort héroïsé sous la forme du dieu infernal, maître de toutes les âmes. La conjecture est d autant plus acceptable qu’elle se justifie par l exemple des bas-reliefs funéraires montrant fort clairement les défunts assimilés à des divinités. C est I idée qui apparaît dans des bas-relicls ioniens ’, et dans ceux qui ont été trouvés près de Sparte, à Kbrvsapba1. Ces sculptures

Allien. Mittheil., IV, 187g, p. 1 3 1 . Brunn-Bruckmann, Denkmaeler, n" 1 4 4 - Perrot, VIII, p. 4 48—4 4 e) et p. 45o, fig. 22.3. Tod et XX ace. Catalogue of Sparla Muséum, p. 119, fig. 17.

1. XL S. Reinach adopte la lecture ’AyEaoi. Rèpert. de la stat., II, p. 682. La leçon 'Ayspué ou ’Ayïjuw est préférée par M. Foucarl, Le Bas-Foucart, Iriser, du Péloponnèse. n° 334 d. Cf. Roehl, Iriser, grâce, antiquiss., n° 92.

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