Heuzey, Catalogue des figurines ant., p
!>. Voia Boite, De monumentis ad Odysseam pertinentibus. Bulle, Strrna Helbigiana. p. 3i.
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
tion primitive que nous avons déjà eu I occasion d indiquer. L ame du mort charme ses loisirs dans la tombe. C’est ainsi qu’au v* siècle, dans les peintures des lécythes blancs attiques, on verra le mort lui-même assis au pied de la stèle funéraire et jouant de la lyre1 * 3. Peut-être aussi ce chant funèbre est-il, comme celui des Sirènes de l'Odyssée, un chant de fascination, à l aide duquel l ame exerce ses maléfices 1 .
Alors <pie, dans les croyances populaires, ces idées primitives vivent toujours confusément !. d’autres éléments interviennent cependant pour les modifier. Les peintures de vases attiques nous montrent avec quelle prédilection l’art traite le type des Sirènes musiciennes dans les aventures d’Ulysse, en leur prêtant un caractère mythologique. Bientôt, sous l’influence de la poésie, les Sirènes cessent d’être des démons redoutables pour devenir des génies compatissants ; lorsqu’elles quittent les profondeurs de I Hadès, c’est pour mêler la douceur de leur chant aux plaintes du thrène funéraire.
Les textes littéraires nous apprennent qu’au v' siècle cette transformation est un lait accompli. Nous en trouverons plus tard le témoignage dans les statues de Sirènes se désolant ou jouant de la Ivre qui décorent les tombeaux attiques du iv* siècle. Suivant toute vraisemblance, celle conception se manifeste déjà au vi° siècle. Si nous ne pouvons citer, pour cette période, aucune statue funéraire de Sirène musicienne, c’est encore là une lacune qui doit être imputée au hasard des découvertes. Mais la peinture de vases supplée, dans une certaine mesure, à I absence de monuments plastiques. Sur un lécylheà fond blanc du üritish Muséum, appartenant à la première moitié du v' siècle, on voit
Fig. 4 2. — Sirène sur un tombeau. Peinture d’un léc.ytbe à fond blanc (Britisb Muséum).
i. Benndorf, Griech. und Sieil. Vasenbilder. pl 34- Cf. Weicker, ouvr. cité. p.
■i. Cf. V. Bérard, Les Phéniciens et l'Odyssée, II, p. 334 et suivantes.