‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 6 sur 212 · Cf. Dragendorff, Thera, II, p · texte numérisé non relu

Cf. Dragendorff, Thera, II, p

L’ORIGINE DES STATUES FUNERAIRES

l'être humain vivait dans le tombeau, que l ame ne se séparait pas du corps, et qu elle restait lixée à cette partie du sol oii les ossements étaient enterrés *. » Le mort vit donc dans son tombeau ; il a les mêmes besoins matériels que durant son existence terrestre. Ce fond de croyances explique le rituel funéraire de l’époque minoenne et mycénienne. Un monument capital, pour l’histoire des idées relatives àla vie future dans la Crète préhellénique, est le sarcophage peint découvert à Hagia Tnada, près dePhaestosi. 2. Les scènes qui le décorent, et où 1 influence de l’Egypte se trahit à plus d’un détail, représentent l’évocation du mort. Son image corporelle, son double, apparaît devant la porte du tombeau et reçoit les offrandes qu’on lui apporte, deux jeunes taureaux et une barque où l’on retrouve le souvenir de la barque funéraire égyptienne. Mais pour que le double quitte 1 obscurité du tombeau et réponde à l’évocation, il faut qu’un sacrifice sanglant lui soit offert ; il faut en outre que la divinité chthomeniie, la Gé crétoise, soit favorable. Aussi le premier acte de cette cérémonie de I évocation est-d 1 immolation d un taureau. Avec le sang delavictime, des prêtresses lont àla divinité des libations devant les emblèmes de son culte, des troncs de cyprès, surmontés de la quadruple hache. La Grèce mycénienne connaît sans doute des rites analogues. Les tombes à coupole de Mycènes et d Orchomène sont aménagées, pour les dynastes défunts, comme de luxueuses maisons éternelles. Dans la nécropole royale de Mycènes, la présence d un autel des sacrifices atteste des rites funéraires fondés sur l’idée que le mort continue à vivre dans sa sépulture.

Les poèmes homériques nous renseignent sur la croyance à un élément impérissable qui survitau corps : c’est la psyché ou I ’eidàlon. Ona reconnu depuis longtemps la parenté de 1 eidôlon grec avec le double égyptien3, et il autre part les textes homériques où il en est question ont été trop souvent commentés pour que nous nous y attardions ici h Au moment de la mort , l’àme (’j/uyi)) s’échappe du corps par la bouche ou par les trous des blessures ; libérée du corps qu elle habitait, elle en reste néanmoins l image (ciooiAov), c est-à-dire quelque

i. Fustel de Coulanges, La cité antique, p. 12. Cf. Furtwaengler, Collection SabourojJ, Introduction, p. 17 et suivantes. Perrot, Iiisl. de l’Art, VII, p. 3g et suiv. Voir l’ouvrage d’Erwin Rohde, Psyché, I3, p. 3 et suivantes, où les idées grecques sur la vie d’outre-tombe sont analysées en détail.

1. Paribeni, Mon. antichi dei Lincei, XIX, 1908, p. 1-86, pl. I-III. Von Duhn, Archiv fur Religionswissenschaft. XII, 1909, p. 161 et suivantes.

3. Voir Pottier, Les Lécythes blancs attiques, p. 83. Perrot, Ilist. de l’Art. I, p. 1 3 1 - 1 3 4 -

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