‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 66 sur 212 · Ohnefalsch-Richter, Kypros. pl. G\X · texte numérisé non relu

Ohnefalsch-Richter, Kypros. pl. G\X

2. L sener, De Iliadis carminé quodam Phocaico, Bonn, iS-5, p. 38 et suiv. Cf. O Keller, Wiener Jahreshefle. O . i(|Ot, p 52-53. Sur les lions funéraires, voir \\ elckcr, 1/i/. Drnkm.. V, 71 suiv. l^urUvaenyler, Cnil. Sabouroff. Inlrod.. p. 5l. Perdrizct, Rev. nrch.. t. X\X, 1897, p. ii>\ et suivantes.

■>. Rayet et Thomas, Milet. et le Golfe Lalmique, pl. 22.

LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

murs de la ville, à un endroit où l’on voit encore une base ronde en marbre, ornée d une cymaise et de rangs de perles 1 . Le lion se dressait-il sur une tombe privée, ou était— il le gardien de la nécropole? Nous l’ignorons. Remarquons seulement que le sculpteur avait traité un type d’atelier, très familier à la plastique milésienne. Le bon ligure sur les monnaies de Milet, et il a ainsi, comme celui de Venise, la valeur d un emblème de la cité. Les fouilles allemandes ont nus au jour les deux lions colossaux qui gardaient I entrée du port2. C’est encore un bon colossal que consacrent à Apollon Didvméen, sur la voie sacrée des Branchides, les lils d’un arche g os milésien3. Lorsqu’il exécutail le lion funéraire aujourd’hui conservé au Louvre, l’artiste s’inspirait donc d’un type courant, et rien n était plus conforme à la tradition établie que d en faire le gardien d’une tombe ou de la nécropole.

Comme tant d autres motifs, celui du bon funéraire passe del loniedans la Grèce occidentale. Un marbre trouvé en 1890 dans le village île Pérachora, près de Corinthe, montre 1 animal assis, les jambes de devant posées symétriquement, la tête tournée vers la droite, la gueule ouverte pour rugir. Les mèches de la crinière sont détaillées presque mécaniquement, comme des tresses divisées en petits losanges4 5. C est d’ailleurs une sculpture assez médiocre, dont l’auteur n a guère visé qu’à faire une œuvre décorative. Il faut accorder plus d attention à la lionne en pierre calcaire, découverte à Corfou, près du tombeau de Ménékratès dont elle formait le couronnement (lig. 48). Allongée dans une pose indolente, les pattes de devant étendues, le mufle plissé de rides comme par un sourd grondement, elle semble veiller sournoisement sur la sépulture dont elle a la garde. A bien des égards, 011 peut faire la part qui revient aux modèles égyptiens ou phéniciens dans cette œuvre robuste, dont l’exécution se place entre les années ô’jo et 54o.

L’art atticjue du vT siècle a également connu le type du lion Itinéraire. La preuve est faite aujourd’hui, grâce aux fouilles exécutées par M. Noack sur I emplacement du mur de Thénnstocle. Parmi les débris de scu Ipt ures provenant

1. Kekulé von Slradonitz, Silzungsber. der berl. Akad., igoo, p. 108.

2. Wiegand, Arch . Jahrb. , XVI, 1901, Arch. Anzeigcr, p. 197, fig. G.

3. Newton, Halicarnassus , Cnidus and Branchidae, pl. 27. Perrot, Hist. de l’Art, VIII, p. 28G, fig. 118. D’autres ont été découverts en 1896. Ilaussoullier et Ponlremoli, Didymes, p. 195 et pl. XIX.

4. Musée de Boston. Perdrizet, Revue arch., t. XXX, 1897, P- I24- Cf. Léchât, Rev. des Études grecques, 1898, p. 1 84 - S. Reinach, Répart. Stat., II, p. 7(3, 4.

5. Cf. notre Hist. de la sculpt. grecque, I, p. 220, fig. io4- Perrot, llist. de l'Art, VIII, p. 5 1 8, fig. 2G8.

LES FIGURES SYMBOLIQUES

de la nécropole qui avaient été maçonnés dans le soubassement, figure une statue de lion 1 . Nul doute qu elle n ait été enlevée à une tombe. Elle est par malheur très mutilée ; mais on restitue aisément I attitude de l’animal. Assis sur son train de derrière, la tête tournée vers le spectateur, le lion attique dire, pour la pose, de grandes analogies avec celui de Pérachora. Les deux statues semblent avoir été faites pour être vues sous un aspect déterminé, corps de profil, tête de face2.

Fig. 48. — Lionne couchée, en pierre calcaire (Palais royal de Corfou).

Pourtant, l’art attique parait aussi avoir traité le type du lion couché. Nous avons signalé plus haut la base du tombeau d’Antidotos qui est conservée3. D’après 1 inscription, elle supportait une statue exécutée par le sculpteur Kallonidès. Or, si I on en juge par les contours de la partie ravalée et creusée pour recevoir la plinthe de la statue, celle-ci représentait un animal couché et 1 on songe naturellement à un bon funéraire.

Toutefois, le lion ne tarde pas à prendre en Grèce une signification plus relevée et plus noble que celle de simple gardien du tombeau. 11 devient le symbole de la vaillance, l’emblème réservé à la sépulture de ceux qui ont héroïquement affronté la mort. Ou voyait à l’entrée de l’Acropole d Athènes une lionne de bronze, sans langue, à laquelle la croyance populaire rattachait le souvenir de la chute de la tvrannie4. Au temps de Pausamas, les guides

1. Xoack, Athen. Mittheil., X\XIt, 1907, p. 54 2, n° 3, pl. XXIV, fig. 2.

2. La lionne archaïque de l’arsenal de Venise est également assise (De Laborde, Athènes aux X 1 e, XVIe cl XVIIe siècles, II. p. 24 1. S. Reinach, Réperl. sial.. Il2, p, yi4, 2). Il est probable qu’elle provient de l’Attique. Peut-être, comme le suppose Furtwaengler (Coll. Sabonroff, Inlrod., p. 54, note 9), a-t-elle appartenu à un monument funéraire.

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