‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 85 sur 212 · LES TYPES DU V'; SIECLE · texte numérisé non relu

LES TYPES DU V'; SIECLE

1 épouse d’Ulvsse cette attitude de regret douloureux, il ne s’ensuit pas nécessairement que le t\pe primitif ait été créé pour une Pénélope affligée'. .1 incline à croire qu il a reçu tout cl abord un caractère lunéraire avant de se prêter à cette adaptation plus tardive, et que si la plastique I a emprunté à la peinture, c’est elle qui la popularisé pour la décoration des tombeaux. Au reste il ne tarde pas à s imposer, avec le même sens, è la peinture céramique, témoin un lécythe attique du v' siècle montrant la morte assise sur les degrés de la stèle1 2 3. Bien plus, il prend une acception plus générale encore, et I art du v‘ siècle l’adopte comme l’expression la plus achevée du deuil et de la douleur . En lui donnant pour rôle de représenter I image même de la défunte plongée dans une mélancolique rêverie, la plastique funéraire a vraiment trouvé une formule heureuse et nouvelle. Mais elle n’en est encore, suivant les traditions du temps, cpi à traduire ces sentiments par la seule attitude. 11 reste à animer le visage, à faire passer dans les traits, dans le regard, une émotion plus intense. On verra pins loin comment les contemporains de Scopas et de Praxitèle réaliseront, ce progrès.

Il est très vraisemblable que letvpe de la prétendue Pénélope a été repris et modifié dans la statuaire funéraire du ve siècle. On rapproche sans peine de la statue du \ atican une statuette en pierre calcaire du Cabinet des Médailles découverte dans le Liban4 (fig. 65). fille représente une femme assise sur le sol, oii elle s appuie de la main droite, la main gauche soutenant la lêle inclinée et voilée. C’est une oeuvre d’un si vie lourd et médiocre, exécutée au lemps des Séleucides. La provenance a fourni à Fr. Lenormant des arguments d ailleurs contestables pour \ reconnaître une image de la Vénus du Liban pleurant Ad oms ; mais c’est avec raison qu il ^ voit un l\pe dérivé d un original plus ancien. L attitude, la forme des plis du cluton, qui garde un caractère quasi-archaïque, tout cela semble trahir une imitation gauche d une œuvre un peu plus récente cpic la Pénélope. Cet original serait, pour Furtwaengler. une statue Itinéraire

1. Furtwaengler soutient avec raison cette opinion. Coll. Sabouroff, article cité. Cf. C. Robert, Die Marnthonssclilacht. p. 79, note 45. Milchhoefer admet aussi que le type de la femme affligée a été attribué à Pénélope à une date plus récente que celle où il a reçu son attribution funéraire. A reh. Jahrb.. I\, i8q4, p. 70 •

2. Furtwaengler, Coll. Sabouroff, article cité, vignette de la notice des pl. XX , XVI, XVII.

3. Ainsi Europe affligée, sur une monnaie de Gortyne, Percy Gardner, Types of Greek Coins, pl. 1\, 20. Femme affligée dans une peinture de vases représentant une llioupcrsis. Furtwaengler et Reichbold, Griech.

1 asenmalerei. pl. 34- Femme assise sur une bague d or du British Muséum. Furtwaengler, l ni. Gemmen, pl. IX,

35 Cf. pl. X, 34-

4. 5° 664- Coll, de Luvnos. Fr. Lenormant, Gaz. nreh., I, 187.5, p. (17, pl. XXVI.

LES STATUES FUNÉRAIRES DU V' ET DU IV' SIÈCLE

atlique du v' siècle, représentant la morte assise à terre, sur le tertre du tombeau . Si 1 hypothèse n entraîne pas la certitude, elle olTre au moins un certain degré de vraisemblance, et mérite d’être signalée ici.

Peut-être n est-ce pas le seul exemple qui nous soit conservé du type de la morte assise sur le tombeau. Un lécythe blanc d Athènes montre une femme

Fig. 65. — Femme assise. Statuette en pierre calcaire (Paris, Cabinet des Médailles).

assise sur les degrés de la stèle où elle s’appuie de la main droite, tandis que de la gauche relevée elle ticnl un objet indistinct2. Or, l attitude rappelle, à certains égards, celle d’une statue célèbre du Palais Barbenm à Rome, connue sous le nom de la Suppliante 1 (fig. 66), et dont il y a deux copies au \ atican et à Saint-Pétersbourg1. Une jeune femme, vêtue d un chiton qui laisse à découvert 1 épaule et le sem gauches, le bas du corps couvert de 1 himation, est assise sur

i. Furtwaengler, Coll. SabourojJ, t. II, add. p. a.

a. Weisshaupl, Erunos Vindob., p. 54- Collignon et Couve, Catalogue îles vases peints d’Athènes. n° 1820.

5. Mon. ined., IX, pl. 34- Kalkmann, Bonne r Sludien, p. 38 et suiv., pl. IV. Brunn-Bruckmann, Denkmaeler, n" 4 1 5 . Amelung, Jahrbücher des Vereins von t llerthumsfreunden irn Rhe Mande, 1897, p. 101-102.

4- Réplique du Vatican, Helbig, Führer, I2, n° 207. Amelung, Sculpturen des Vatican. Muséums. II, n° 3 9 3 . Réplique de Saint-Pétersbourg, Kiescri t/ky, Catal. de l'Ermitage, n° 166 A.

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