‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 84 sur 212 · Antihe Denkmaeler, I, 1888, pl · texte numérisé non relu

Antihe Denkmaeler, I, 1888, pl

4. Helbig, Fiihrer, II2, 110 iio4- Cf. Amelung, ouvr. cité, I, p. 6l5.

5. Desehreib . der ont. Skupturen, in Berlin. n° 6o3. Antihe Denkmaeler, I, 1 888 , pl. 32.

LES TYPES DU Ve SIÈCLE

côté droit, témoignent <|ue la tête inclinée reposait sur la main. Comme on peut s’en rendre compte à l aide de moulages, la tête de Berlin s’adapte fort bien au relief Chiaramonti ' ; elle est donc un élément capital pour la restitution <le la statue du Vatican. Dégagée de ses restaurations, et complétée au moyen de tous les éléments que nous fournissent les répliques, celle-ci apparaît comme

Fig. 63 et 64- — Tète de femme voilée. Face et profil (Musée de Berlin).

une œuvre de style sévère, exécutée entre /|(io et Vio. et contemporaine des Irontons d Olympie où Ion trouverait des morceaux ollrant avec la tête de Berlin de réelles alïimtés. On a proposé d en Inire honneur à Calamis J, et celle belle création est en ellet digne d un maître de premier rang. Mais ce n’est là qu une hypothèse. Ce que Ion peut admettre, tout au moins, c’est qu’elle est sortie d un atelier attique.

1. A oir Antikc Denkmaeler, I, 1888, p. 18. Lermann, Altgriech. Plastik, p>. 170, lig. 64-

2. Mme Strong-Sellers, Strata Helbigiana, p. 297. Klein, fjrscli. der griech. Kun.il. I, p. .">< (3 . Cf. Furtwaengler. Monatsberichtc aber KunstwLncn.irhaft und Kunslhandrl. I. p. 17s, et C.olleetion Sabouroff, notice des pl. \V-

LES STATUES FUNÉRAIRES DU V' ET DU IVe SIÈCLE

La statue du Vatican nous conserve-t-elle la première forme du type original, et celui-ci a-t-d été conçu pour la décoration d’un tombeau? Souvent discutée, la question prête encore à la controverse1. Remarquons tout d’abord qu’avec son peu d’épaisseur, la statue, comprise comme un bas-relief, est faite pour être vue sous une seule de ses faces. 11 est donc permis de croire que le tyi ie plastique a été d abord un bas-relief, probablement une stèle itinéraire, et qu’il a été pour ainsi dire transposé en ronde bosse dans une effigie tombale. Mais cela n exclut point 1 hypothèse d'un prototype antérieur qui serait, suivant toute vraisemblance, une peinture 2.

Que représentait ce prototype d’où dérivent les adaptations crue nous connaissons, et qui s’est imposé par sa nouveauté, par son caractère expressif? Un document important pour la question est un relief de terre cuite de Mélos, qui montre Electre assise dans la même attitude au pied de la stèle d’Agamemnon, en présence cl’Oreste, de Pelade et du pédagogue 3. Or, ce relief parai! un peu plus ancien que la statue, et le caractère funéraire de la scène expliquerait aisément que la figure principale, celle d Electre, ait été détachée d’une composition picturale, également funéraire, où elle représentait l’image conventionnelle et généralisée de la défunte. C’est de là, sans doute, cru elle a passé clans les stèles sculptées. D’autre part voici toute une série de documents, plus récents semble-t-il, où Pénélope est représentée avec le même type4 : un relief en terre cuite du Louvre, du type dit de Mélos, un vase attique à figures rouges, des reliefs en terre cuite du Musée Ivircher. Mais si la plastique industrielle et la peinture de vases ont pu, vers le milieu du ve siècle, donner à

i. Voir en particulier Furtwaengler, Collection Sabouroff, article cité. Helbig, Fiihrer, I2, p. 53-53. W. Amelung, Scul/jt. des 1 alican. Muséums, I, p. 616.

•1. Ce type de la femme assise et allligée a été traité par Polygnote (Potlier, Cutal. des vases du Louvre, p. 1069). Mais il est probablement plus ancien. Cf. Üümmler, Arch. Jaltrb., II, 1887, p. 170 et suiv. Milchhoefer, Arch. Jahrb.. IX, i8g4, p. 37. .Te croirais volontiers qu’il a été créé dans un atelier ionien. Il est remarquable qu’un type analogue, mais masculin, se trouve sur une stèle laconienne. Un bas-relief funéraire de Géraki montre un jeune homme assis sur un rocher, comme accablé de douleur, et soutenant sa tête delà main gauche (Schroeder, Atlien. Mittheil., XXIX, iqo4, p. 47, pl. III). La stèle paraît plus archaïque de style que la Pénélope et que les reliefs de terre cuite dits de Mélos, dont il est question plus loin. Or, on sait que les stèles laconiennes offrent des sujets dont le caractère ionien, au moins pour les types, est incontestable.

3. Mon. inediti dell' Inst., VI, pl. 5 7. Une autre plaque estampée, de la collection Dutuit, reproduit la même scène avec une variante. Gacelte des Beaux-Arts, 31' Période, t. \XX, 1903, p. 1 1 5 .

4. V. Relief en terre cuite du Louvre. Pénélope assise devant Ulysse {Rev. arch., 1899, I, p. i3 suiv. Perrot, llist. de l'Art, VIII, p. 196, fig. 96). — B. Vase attique à figures rouges. Pénélope assise devant son métier à lisser (Mon. ined. dell’ Inst.. IX, pl. XLII). — C. Reliefs en terre cuite du musée Kircher. Pénélope assise et sa suivante Eurykleia lavant les pieds d’Ulysse (Ilelbig, Fiihrer, II2, n° i456).

Page 1