Ail. Grabreliefs, pl. XXX, n° n
6. J. Six, Bonner Sludien, pl. X. Voir plus haut, page ioo et fig. 5o.
LES STATUES FUNERAIRES DU Ve ET DU I V" SIÈCLE
gauche appuyée sur la hanche U A considérer avec quel soin l’artiste a détaillé la musculature, on se rend compte qu'il a copié une statue, et peut-être s’est-il inspiré de quelque tombeau existant réellement au Céramique2. S’il en est
Piiot. Moscioni.
Fig. 67. — Statue de jeune homme dans un hérôon. Peinture d’une amphore de l’Italie méridionale
(Rome, Musée Grégorien du Vatican).
ainsi, les parents du mort auraient simplement fait placer sur la sépulture la copie d une statue de jeune athlète exécutée soit par un élève de Mvron, soit par un artiste relevant d une tradition un peu plus récente, mais qui n avait pas été spécialement créée pour un tombeau '. Nous sommes donc avertis que
1. M. Six pense que le type est antérieur à l’époque où a été exécuté le lécythe, et le place entre 464 et 458. Il le rapproche, pour le geste de la main gauche, de l’OEnomaos du fronton oriental d’Olympio. Mais la pose rappelle aussi celle d’une statue polyctétéenne du Musée Barracco. Furtwaengler, Masterpiecc. s, p. 287,
2. Peut-être est-ce à une statue funéraire du même genre qu’appartenait une tête de jeune homme aux cheveux courts, apparentée au style de Myron, et découverte à Athènes au Dipylon. Athènes, Musée national. Von Sybel, Sculptural :u Alhen, n° 3 1 G 3 . Lepsius, Griech. Marmorstudicn, p. 79, n" i3i.
3. Le même cas se produit parfois pour les stèles. La stèle d’Agaclès, datant de la fin du ve siècle (Att. Grabreliefs, n° 927, pi. CLXXXIT), paraît reproduire une statue célèbre de Pythagoras de Rhégion (G. Robert, Hermès, XXXV, 1900, p. r85. Léchât, Pythagoras de Rhégion, p. 21).
LES TYPES DU Ve SIECLE
la statuaire funéraire peut, à l’occasion, s’accommoder de ce genre d emprunts, et nous verrons plus loin que le fait n’est pas rare à lépoque hellénistique.
Pourtant d est aisé de constater, dans les sujets des stèles et ceux des statues, la persistance du parallélisme que nous avons déjà indiqué. A bien des égards, l’inspiration est commune, et il est des cas où l’on peut supposer que telle fi gure, traitée en relief, dérive d’un prototype statuaire. Ce genre de modèles ne devait pas manquer. A ce point de vue. le témoignage des vases de 1 Apulie est fort précieux, car d supplée aux lacunes qu offrent les monuments conservés pour la fin du vc siècle et le début du iV . Beaucoup de ces figures représentées dans I liérôon sont, on l a vu, des I \ | »es statuaires, créés sans doute dans les ateliers attiques. Tel sujet, comme celui d’un jeune homme appuyé sur un pilier et tenant un oiseau ', éveille bien I idée d une statue en ronde bosse, et d serait facile de multiplier les exemples. Lorsque le même motif apparaît à la fois sur un vase apulien et sur une stèle grecque, on est en droit de se demander si le modèle commun n’est pas une statue exécutée dans un atelier
.1 Allie»». Voici, par exemple. .... vase lo,,. 68. .i,™„ ,o„ d,io„. siM,
de la Grande-Grèce montrant, dans ] bé- funéraire (le Thespios. H. i nl , 7 r> (Musée national
d’Athènes).
rôon, la statue d un jeune homme debout, jouant avec son chien (fîg. 67). Celle figure se retrouve, presque trait jx»ui liait, dans une stele béotienne de rhespies où I influence attique est manifeste" (fig. 68). Considérez le rythme du mouvement, et la silhouette nette-
1 • Lenormant et de \\ il te. Elite des monuments ccramographiques. IV, 8q.
2. Athènes, Musée national, Staïs. Marbres et bronzes, p. 44, n° 820.
LES STATUES FUNERAIRES DU Y- ET DU I V SIÈCLE
ment découpée des contours; n'est-d pas fort séduisant de penser qu'une
stalue funéraire attique a servi de modèle à la fois au peintre céramiste et au sculpteur béotien1 2 ? Ainsi, communauté de sujets, échanges fréquents de types entre le bas-relief et la sculpture en ronde bosse, transposition facile de l’un à 1 autre, tels sont les laits qu il ne faut point perdre de vue lorsqu’on cherche à découvrir, parmi les marbres disséminés dans nos musées, des œuvres auxquelles il convient de restituer une destination funéraire.
Voici un cas où il y a lieu de s’en souvenir. Une stèle attique du début du ive siècle, celle de Télésias, montre un jeune homme debout, la tète inclinée, la main droite ramenée derrière le dos et appuyée contre les reins, et portant un lièvre de la main gauche qui repose sur un pilier ' (fig. 69). Or, l’attitude rappelle cl assez près celle d une statue dont il y a de nombreuses répliques, parmi lesquelles une des meilleures est celle du Louvre, trouvée dans le Delta du Nil3 (fig. 70). Nous voulons parler de la ligure connue sous le nom de Narcisse. C’est un adolescent debout dans 1 attitude du repos, la main droite 11011-
Fig. 69. •
Phot. lihomaidès.
Stèle de Télésias (Musée national d’Athènes).
1. C’est aussi un type statuaire que montre une stele de Païenne, Conze, Alt. Grabreliefs, ii°q35, pl. CXCII. Cf. Farnell, Journal of Hell. Studies, XII, 1891, p. 47- Arndt-Amelung, Einzelaufnahmen, série II, n» 564- Le type est à rapprocher de celui de la statuette ligurée sur le lecythe de Bonn.