VV . Amclung, Reu. arch.. i<|04. II, p. 334, note
G. Voir Vlichaelis, Atlische ( irabreliefs , Zeitschrift fixe bild. hunsl. N. -F. I\ . p. 233.
LES STATUES FUNÉRAIRES DU Y" ET DU IV' SIÈCLE
survivants. Oii ne saurait méconnaître l’étroite analogie des types avec ceux qu a créés l’art attique dans la seconde moitié du ve siècle. Ces bourgeois athéniens drapés dans leur himation, ces femmes assises écartant d’une main le bord de leur voile avec un geste distrait et familier, ces jeunes femmes à la pose recueillie, sont apparentés de très près aux personnages des stèles exécutées vers le temps de la guerre du Péloponnèse. L art des contemporains et des successeurs de Phidias a trop heureusement réalisé ces t\pes généraux, il les a trop fortement marqués d un sceau de noblesse et de beauté, pour qu’ils ne s’imposent pas à l imitation des artistes de la jeune école attique. Que la statuaire s’en inspire également, on le comprend sans peine; aussi bien nous aurons plus d’une fois à constater l’action réciproque qu exercent I une sur I autre la statuaire et la sculpture en bas-relief.
Toutefois, des éléments nouveaux vont entrer enjeu. La plastique funéraire ne saurait échapper aux multiples influences qui, avec Scopas, Praxitèle, Léocharès, Silamon, introduisent dans 1 art le pathétique, I analyse des passions et des sentiments, et le réalisme. Ce changement se manifeste avec évidence dans les stèles. A la quiétude, à l’aisance tranquille qui caractérisent les figures funéraires du ve siècle, font place des émotions d autant plus pénétrantes que l’expression en reste discrète et contenue. Considérez tel de ces grands tableaux en relief, par exemple la belle stèle de Damasistraté, où la morte est représentée au milieu des siens, recevant le témoignage de leur affection, échangeant avec son mari la poignée de mains qui est le gage de la réunion future1 (fi g. y-) ; la scène est conçue comme une réunion de famille. Néanmoins 1 idée de la mort est partout présente, car c’est autour d'une défunte que s’empressent tous ces personnages, et c’est la mort elle-même qui renouera les liens un instant brisés, quand les noms des survivants, devenus à leur tour des défunts, seront inscrits sur l’architrave de la stèle. C’est pourquoi les visages sont pensifs, recueillis, empreints d’une tendresse grave et mélancolique. E11 prenant ainsi possession de la sculpture funéraire, le pathétique y introduit les expressions les plus variées du sentiment. Ici, une mère caresse le menton de sa fillette, ou s’incline vers une jeune fille avec une tendre sollicitude2. La, d’un geste affectueux, une femme soutient le bras de son mari ; ailleurs la morte elle-même, la tète appuyée sur une main, semble s’affliger sur sa
1. lYrcy Gard ner, Sculptur'cd Toinbs oj H cl la s, pl. WHI. Conzc, A ü. Grabrelicjs, n° 4*o, pl. \G\ II.