Collection Lecuijer, pi. E. ir
marine (fig. 72). La seconde composition existe deja a Tanagre1.
Que sera Part romain proprement dit? Sera-t-il partout le disciple docile de l’etranger? Reussira-t-il quelque part, au milieu de cet encombrement des types helleniques, a degager son originality personnelle? Pour le retrouver en possession do sa nationality, eloigne du contact tyrannique
LES TERRES CUITES DE S1CILE ET D’lTALIE.
tout d’abord de faire venir des ouvriers du pays toscan. Les trois statues renfermees dans la triple cello, du Capitole, Jupiter, Junon et Minerve, etaient en argile pcinte; celle de Jupiter eut pour auteur un artiste veien1. Les figures du fronton et les chars qui couronnaient le toit en acroteres avaient ete egalement confies a des ateliers Grangers : le char de Jupiter fut fabrique a Veies. Ces renseignements historiques prouvent la prosperity artistique des nations italiotes etablies au nord de l’ltalie, et nous constatons deja une originalite remarquable dans leur fa§on de manier l’argile. 11s ont cree de toutes pieces la statuaire ceramique et, d’autre part, ils Font appliquee avec une singuliere hardiesse a Farchitecture. Assurement cette double invention n’a pas dte inconnue aux Grecs La mention faite par Pline d’artistes habiles dans le modelage de Fargile, Eucheir, Diopos, Eugrammos, accompagnant le Corinthien Demarate dans son exil en Etrurie (vers 660), fait presumer que les Hellenes contribuerent beaucoup a la diffusion de cette industrie en Italie. Nous avons signale, a Olympie (fig. 16) et ailleurs, des fragments de terre cuite remarquables qui supposent F existence de reproductions plastiques en grandeur naturelle. On sait aussi, par les memes fondles d’Olympie, que les temples primitifs de bois ou de tuf recevaient dans les parties hautes une brillante decoration de terres cuites peintes. Parmi les ruines d’Athenes et du Piree on a recueilli souvent des cheneaux, des antefixes, des acroteres, modeles en argile; de meme en Sicile, a Selinonte, a Syracuse et a Acrai ; de memo dans 1 Italie meridionale, a Metaponte et a Crotone2. Mais les Grecs
1. II s’nnpcllait Volca ou Yolcanius. On nomine ordinairement Tiirrianus de Fregell® conimc auteur de cette statue. Mais cette tradition repose sur une legon fautive du teste de Pline l'Ancien (xxv, 157).
Les editions recentes Pont corrigee.
2. Vov. sur ces questions Ilavet et Collignon, Ciramique grecque.
LES STATUETTES 1)E TERtlE CU1TE.
abandonn&rent de bonne heure cette technique, quand ils eurent pris l'habitude des constructions en marbre dont on recouvrait les surfaces de dedicates peinturcs. De plus, ils se contenterent toujours de simples pieces decoratives : cetaitdela ceramique d’ornemanistes, plutot quede sculpteurs. Chez les Etrusques, toutest en terre cuite, les idoles adorers dans le sanctuaire, les statues du fronton, la decoration du toil.. M. Martha fait remarquer que cette difference resulte naturellement de la structure arcliitecturale des temples dans les deux contrees. En Grece, les frontons posent d’aplomb sur l’arcbitrave, soutenue elle-meme par les rolnistes colonnes de la facade. En Etrurie, la base du tympan est en quelque sorte en l'air : e’est une espece de balcon saillant, pose sur l’ext remite des poutres insurers dans la base de la toiture; on ne pouvait done pas y placer de lourdes statues de pierre on do marbre. Non seulement on les faisait en argile, mais encore on les evidait par derrifere et on aplanissait le revers, de fa$on a roller les personnages centre la paroi et a les y elouer solidernent. l)i> loin et d en has, on croyait voir de veritables statues en ronde-bosse; en realite, e'etait une suite de hauts-reliefs, accrocbes et suspendus an fronton1 2. Le Musee du Louvre possede deux importants specimens qui caracterisent bien la double innovation des Etrusques dans l’emploi de l'argile. I. un est le fragment d’une corniche qui supportait dt's figures en baut relief (haut. Om.52) : elles repr6sentent Minerve debout versant a boire a Hercule assis*. C’cst 1 adaptation d un snjel bien connu dans les peintures de \<is»'s gi'i'cs, I union mystique de la deesse athenienne avec le beros peloponnesien ; toutefois Lexecution a une saveur t on to locale, encore impregnee d archalsme, un peu lourde,