‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 112 sur 133 · Tombeau etrusque da Louvre · texte numérisé non relu

Tombeau etrusque da Louvre

(D’apresune photographic de l’original.)

mais fort expressive et rendue vivante par l’eclat des tons polychromes dont la terre est recouverte. L’autre monument est plus remarquahle encore et communement design^ sous le nom impropre de tombeau lydien. 11 peut passer pour l’exemple le plus instructif de la statuaire ceramique pratiquee par les Etrusques (long. 2 metres; haut. 1 m. 17). II a ete trouve dans une chambre sepulcrale de la necropole de Care (Cervetri), on il symbolisait sous une forme imperissable l’union de deux epoux ensevelis l’un aupres de l'autre : tous deux sont etendus sur un lit de banquet, I’liomme appuye contre les coussins du cbevet et touchant d'une main l’epaule de sa femme, avec un geste de familier abandon (fig. 75). Le type de la physionomie, les coiffures et les costumes sont du plus haut interet; ils font revivre sous nos yeux les populations du nord de la peninsule et de Ritalin cent rale, avec les details curieux de la chcvelure massee et fiottanle par derriere, de la barbe drue et tail lee en pointe sans moustaches cbez l'homme, des longues tresses pendantes, du bonnet conique (tutulus) et deschaussures recourbees i\ la poulaine ( calcei repandi) cbez la femme. C’est meme ainsi, selon toute probability, quo nous devons nous imaginer les Romains et les Romaines vivant a l’epoque des premiers rois, car nous savons par les temoignages les plus autorises des bistoriens que l’Etrurie avait fourni a la petite cite voisinc la plupart de ses institutions, de ses ceremonies religieuses, de ses costumes et de ses objets mobiliers. Les artistes modernes, en pretant aux heros de la Rome primitive la toge usitee a la fin de la republique oil sous l’empire, ne st1 doutent pas qu’ils commettent un anachronisme grossier.

Les oeuvres paraissent avoir ete executees au vie siecle. Pour les temps ipii suivent nous avons d'autres renseignements sur la persislance de la ceramique monumentale. Nous savons qu au v siecle, deux artistes grecs dont Pun

l.ES TE11RES CUITES DE S1CILE ET D1TAL1E. 221

est Sicilien, Gorgasos et Damophilos, avaicnt ete charges de decorer le temple de Ceres, a Rome, en terres cuiles polychromes. Pendant la periode hellenistique, on continuait a orner de statues d'argile les frontons des temples italiotes ; on a recueilli de beaux exemplaires de ce genre a Orvieto et a Luni1.

L’art etrusque merite notre attention par une autre particularity dont la plastique romaine a largement profite. Les artistes apportent une precision singuliere dans la reproduction de la physionomie humaine. Les Grecs visaient a un ideal de beaute qui les eloignaitd’une copie scru pule use de la nature avec ses imperfections ou ses difformites . ils n’ont pour ainsi dire pas connu le portrait, au sens etroit du mot.

Les sculpteurs italiotes, au contraire, etaient amenes par la nature meme de leur talent, moins ralline et plus vulgaire, a se tenir aussi pres que possible de la realite, a 1 imiter servilement, sans souci de la perfec- (iixii.aii uu tion. De cette conception peu elevee A#«g«i^e sagiio, i; est sorti un genre nouveau, appele

a renouveler la sculpture antique et a progresser rapidement entre les mains des Domains qui Pont legue aux modernes. Dans les produits archaiques de l’Etrurie on saisit deja une fagon toute particuliere de rendre les traits du visage. L'effort est sensible dans les vases funeraires, appeles canopes, oil Ton renfermait les cendres des morts (lig. 74). Le couvercle de l'urne etait forme par une tete

I. Martha, ouvr. cild, p. 310, fig. 218, p. 32a, 32i. hg- 222, -2a.

Fig. 74.

Canope etrusque.

(Extrait du Dictionnairc

LES STATUETTES I)E TEH It E CUITE.

humaine qui representait lc defunt lui-meme et, suivant 1 idee repandue des la plus haute antiquite parmi les peuples de 1 Orient et de l'Egyple, lui assurait l’irnmortalite en le reconstituant tout entier ou partiellement dansune matiere imperissable ; quelquefois on ajoutait aux flancs du vase des bras et des mains, des seins, pour completer la ressemblance avecun etrehumain1. Plustard, on perfectionna ce procede de resurrection en faconnant une veritable statue qui exte-

Fig. 75. — Tombeau e (Martha, VArt Hrusque

trusque de Yolterra.

p. 318, fig. 2-10.)

i inurement n avait plus aucun rapport avec une poterie : seulement la tele etait mobile et pouvait s'enlever comme mi couvercle ; on versait dans la cavite interieure du corps b;s restes incineres1. De telles croyances et de tels usages on! eu pour consequence naturelle que Ion attaebait une veritable importance a 1’exactitude de la representation. Le corps, a la rigueur, pouvait etre fabrique sur un modele lumal. Mais la tele, la physionomie, ne sont-elles pas la marque distincte de l'individualite propre a cbacun? 11 est

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