rauofka, Terracolten des kiinig. Museums, pi
Fig. 76. — Ncrculc, statuette sigaoc, trouvee a Perousc.
encore une statuette de taille inusitee (Om. 76), trouvee a Perouse, ou I'on reconnait Hercule (fig. 76). Le motif tout hellenique est traite. avec une maniere fort differente des produits executes en Grece ou meme avec 1'ltalie meridionale. La gueule du lion, ramenee au-dessus de la tete du heros, forme une sorte de nimbe; le visage imberbe ne ressemble pas aux figures classiques inspirees par Lysippe.
Fig. 77. — Antjfixe etrusque.
(Panofka, ouvr. cit<‘, pi. 10.)
Le monument date d’une epoque assez recente qu’on pent placer, d’apr^sla signature de l'artiste inscrilc sur la base, (.. liufius, vers le i'‘r siecle avantnotre ere : il garde pourtant une apparence de rudesse et une etraugete de composition qui sentent le terroir etrusque.
^°us avons dit combien est frequent l'emploi des antefixes de terre cnite placees an sommet des edifices etrusques. Le Musee du Louvre s'est enrichi d’une serie tres complete en ce genre, grace a 1 acquisition de la collection Campana.
LES TERKES GUITES DE SICILE ET D’lTAEIE.
On y remarque beaucoup de motifs empruntes a la Groce, des tetes de Gorgones, des masques de Silenes, etc. ; mais on pent y noter aussi la presence de types indigenes, corame celui de la Junon Caprotina, avec une tele surmontee de deux cornes de chevre, divinite latine specialement honoree dans le sanctuaire de Lanuvium (fig. 77).
Tous ces traits distinguent nettement l'industrie elablie dans l’ltalie centrale ou septentrionale des produits executes au sud de la peninsule. lei tout etait hellenise sans effort; la, au contraire, l’originalite de la race primitive perce a travel’s son apparente soumission. Elle reussit a rester elle-meme, sans grand merite d’ execution, il est vrai, mais avec une opiniatrete digne d’eloges. Elle aura la gloire d'influencer, presque autant que la Grece, les oeuvres de la ceramique romaine.
Fig. 78 et 70. — Grotesques trouves en Italic.
(Extrait du Diclivnnaire des Antiquites de Saglie, i, tig. 596 ot 2091.)
CHAF1TRE X
LES TERRES CUITES ROM AINES ET GAL LO- ROM Al N ES.
II esl difficile de separer netteraent la categorie dual nous allons parler de celle qui precede. Les limites de la periode hellenistique son! vagues; il n’y a point d’arret brusque dans la fabrication des terres cuites en Italie et, jusque sous I'Empire, les ateliers conservent la plupart des inoules qu’on employait dans les trois siecles anterieurs. Parmi les monuments mentionnes ci-dessus, nous cn avons signale plusieurs dont la date avoisine deja la fin de la Republique, alors que la domination romaine s’etendait sur toute l’ltalie; ils se rattaclient, par la composition et par le style, a Part hellenique et, pour cettc raison, nous ne pouvions les distraire de l’ensemble, mais chronologiquement ils appartiennent a Pepoque romaine. Nous pourrions citer d’autres trouvailles oil persiste l’usage des motifs grecs, par exemple les figurines deNerai, pres d’Aricie, dont on place la fabrication au premier siecle avanl Jesus- Christ et meme sous I’Empire1. 11 est certain que le fonds hellenistique s’epuise lentement et ne cesse pas d’alimenter Pindustrie ceramique pendant longtemps encore. Comme au confluent de deux rivieres, un double courant se mele
1. Roemische Mitlheilungen clesdeitls. Inst., 1880, p. 177-178 ; Archcvoogia , 1887, pi. 9.
sails qu’on puisse etablir un depart entre les eaux de 1 line et dc l'autre source. Aussi nous laisserons de cote l’element etranger pour ne plus envisager 1 eniploi de laigile que dans les applications particulieres a la civilisation romaine. De l’Etrurie Rome avait re?u la ceramique architecturale
Kig. SO. — Apprets d’un sacrifice, plii(|iie on terre cuite (lu Louvre. (Cainpuiia, Opere in plastica, pi. 01.)
el plastique. Nous relrouvons, aux approches de l’Empire. ces deux industries encore en pleine prosperile. Une place publique de la capilale portait le noni de Siyillaria. Apres sept ou liuit siecles les lerres cuites roniaines out naturellement subi ties niodilications prolondes de style, niais le
principe technique est reste le meme. Elies ont a peu pres perdu la clientele des temples et des grands edifices pour lesquels on recherche une ornementation plus luxueuse, mais les particuliers riches leur ont ouvert un debouche plus large encore. Les parties hautes des maisons sont couvertes de corniches, de gargouilles, d’antefixes en terre cuite peinte. Des has-reliefs decores de scenes mvthologiques, d’animaux fantastiques et de rinceaux fleuris, courent autour des murailles, a l’exterieur eta l’interieur, oil ils forment une frise continue, rehaussee de tons polychromes (fig. 80, 86). Le Louvre possede la magnifique serio des plaques recueillies par le marquis Gampana, tant a Rome qu’aux environs1. Le Musee Britannique est riche en monuments de meme nature5. Des trouvailles analogues ont etc faites ii Nemi, a Capoue, a Pompei5; on v constate aussi le procede familier auxEtrusques, qui consiste a collersur une paroi des hauts-reliefs et a leur donner l’aspect de sculptures en ronde-bosse'*.
C’est Pompei qui fournit les documents les plus abondants sur les formes des gargouilles, corniches et cimaises de terre cuite6 : les rehords sont couverts de mufles de lions, de tetes de Satyres et d’acteurs, de figures de femmes. Les margelles des puits elles-memes etaient parfois decodes de modelages6. Une sorte d’annexe a la ceramique architecturale consiste dans l’emploi des statues de terre cuite comme soutiens d’ entablements : c’est ainsi que dans les thermes de la ville, la corniche du tepidarium estportee
1 Campana, Antiche opera in plastica, 2 vol.
2. Combe, A description of the collection of ancient terracottas,
ril 4 a 20, 23 a 56. ,
3. Roemische Miltheilungen, 1886, p. 173; Rolulen, Terracotten von
Pompeji, p. 16, pi- 20. 2).