ll>i<J.. pi. 15, fig. 1 el
LES ESSAIS PR1MITIFS DANS LES PAYS GllECS.
inutile d’insister davantage sur les ebauches de ce genre qui se repetent deproche en proche, a des dates differentes, dans les lies 1 , jusqu’au moment ou la Grece continentale se metellememe a les fabriquer. Du sol d'Atlienes, de Mvcenes, de Tirynthe, de Nauplie et d’Argos, de Tegee, d’Olyrnpie, etc., on a exhume en grande quantite des figurines si rudimentaires qu’on les croirait plutot. modelees par un enfant2.
J‘ai yu moi-meme, dans le courant de l’annee 1888, recueillir des terres cuites en galette et en colonne sur le plateau de l’Aeropole d’Athenes, parmi les mines des anciens edifices brules par les Pei ’ses. Enfin la surprise n’est pas moindre quand on constate qu’a Tanagre, dans la patrie des mignonnes creatures que nous admirerons plus loin , des mains grecques out d’abord fattonne d’horribles fetiches, aussi bizarres que ceux d’Asie ou de Chypre. Que de siecles de labeur et d'industrie patiente il a fallu pour metamorplioser 1 etrange idole que voici (fig. 10), avec son long museau
Fig. 11. — Femme debout, ligurine archa'fque de
(Jahrbuch des dent. Inst. 1888, p. 344, tig. 28.)
1. Yoy. encore, comme exemples de Milo, Fur twaengler et Loescbclte, ouvr. rile, p. 32, iig. 20, 21.
2. Yoy. les ouvr ages du docteur Schliemann sur Mychnes (fig. 90- 119, 139-101) ct sur Tirynlhe (iig. 76-90, pi. 24 et 25); le Catalogue des figurines du Mustfe d Athknes par J. Martha; Gerhard. Akademische Abhandlungen , pi. 01 ; Ephcmeris archcol., 1888, pi. 9, u"» 15, 10.
pointu, ses tresses de cheveux pendantes, son costume tout bigarre de couleurs voyantes, en une jeune femme assise a sa toilette, et revant demi-nue dans une legere tunique a bandes de pourpre! La serie beotienne est de toutes la plus instructive, car le grand nombre des specimens decouverts permet de reconstituer toutes les phases de celte transformation. On voit d’abord la tete emerger, dbja belle et pure, de la gaine plate oil le corps reste conune pelrilie (fig. 11); puis ce corps s’arrondit et devient colonne, suivantle systeme signaleplus haut; des bras se soudent an troncet cherchent une pose qui donne l'illusion de la vie et du mouvement; les pieds prennent 1 attitude de la marclie; enfin la draperie vient en dernier se poser et laiie courir ses frissons sur la chair. Chacun de ces progies est une victoire artistique qui represente les efforts de vingt generations, taillant le hois, sculptant le maibie, ciselant le metal, petrissant largile. Ouoi de plus passionnant quo de suivre pas a pas cette longue lutte du genie humain, acharne a dompter la matiere rebelle? Nous en avons le spectacle en raccourci dans une seule vitrine du Louvre, celle des figurines archa'iques de Beotie'.
t. Yoy. la pi. 17 des Figurines do M. lleuzey, ou les statuettes sent dis]ios6es de t'acon a rendre sensible celte evolution. \oy. un recent article de M. Jainot sur le typo des idoles feminines en Raine et sur celui des cavaliers archauiues, trouves a Tanagre, Bulletin de correspondance liellrniguc, 1800, p. ‘itH, pi. 13 et 1i.