‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 17 sur 133 · Ileuzey, Catalogue , ji · texte numérisé non relu

Ileuzey, Catalogue , ji

2. Gazette archeologii/ue . 18X1, p. p|. 28; Catalogue, p. GO;

Figurines, pi. 7.

I, A CONSTITUTION DES STYLES ET UES SUJETS

vivante et directement reproduite. Cost mix ateliers grecs quo revient 1'honneur de cette decouverte finale, couronnement d’un labeur poursuivi pendant plusieurs siecles.

M. Heuzey a le premier defini les caracteres du style grec archalque, apparaissant avec loute sa fraiclieur native dans les terres cuites de 1’Orient etdes lies. II reagit contre 1’ opinion courante qui attribue aux peuples semitiques, en particulier aux Pheniciens, P elaboration des types classiques dont la Grece se serait emparee pour les porter au supreme degre de perfection. P'apres lui, le role des Hellenes est beaucoup plus considerable : leur tache ne s’est pas bornee a P amelioration des motifs et des figures; ils ont ete createurs. 11 montre que dans les statuettes pheniciennes du commencement du vie siecle, dans cedes de Chypre et de Rhodes, et meme en allant plus loin, dans les terres cuites babyloniennes, on constate unchangement curieux de pbysionomie qui n’a rien de commun avec le type purement oriental. Les yeux s’allongent en amandes et se relevent vers les tempes; la bouche, tres rapprochee du nez, se retrousse au coin des levres avec un sourire un peu gauche qu’on appelait autrefois e'ginelique dans la sculpture grecque; le menton est fort et osseux; le nez droit et long forme un plan continu et parallele avec le front. Mais est-ce bien une invention nouvelle de Part oriental? D on viendrait-elle? N’est-ce pas plutot une introduction de l’element grec dans les figures antiques et une consequence de ce que M. Heuzey appelle ingenieusement 1’ action en retour de l’hellenisme?

« Si Pobliquite des yeux etait prise pour un caractere ethnograpbique, il faudraiten reporter Porigine adespeuples de race jaune, comme les Cbinois, et nullement aux Kgyptiens, aux Chaldeens on aux Assyriens qui, dans les representations anciennes de leur type national, se montrent ordinairement avec les yeux droits. Je ne veux pas dire que l’on

ne remarque frequemment, chez les Asiatiques, un leger relevement de l’angle externe do I'oeil, qui so retrouve anssi aecidentellement dans nos races. Cependant lo memo trait n’apparait dans Tart egyptien, chaldeen ou assyrien, qu’a une epoque relativement recente et surtout dans les figures de profil; seul Tarchaisrae grec l’adopte, pendant une periode assez longue, conime un caractere constant. G’est une pure affectation, une de ces modes conventionnelles par lesquelles los artistes croient ajouter a la beaute humaine. J’y vois surtout une tentative d’expression se rattacliant au grand effort original des anciennes ecoles grecques pour animer la physionomie. L’arliste, apres avoir retrousse les coins de la bouclie par un sourire accentue, observe que I'equilibre des traits est rompu, et, obeissant a une loi naive de parallelisme, transporte aux veux le ineme principe d'obliquite, s’effonjant de les faire sourire avec les levres. L’^tiquette orientale imposait aux images des rois et a cellos des dieux un visage impassible : dans la vie libre des cites grecques, les chefs des peuples et les dieux eux-memes veulent paraitre aimables et cherchent la popularity1. »

Voilci done la trouvaille qu’on doit aux artistes grecs : ils out cree T express ion dans la physionomie, et ils out voulu quo cette expression flit aimable et souriante. 11 va sans dire que nous ne faisons pas honneur d’un si grand progres aux modestes petrisseurs d'argile. Ils se sont certainement inspires des grandes oeuvres de la plastique sculpturale on pierre ou on marbre. Mais, grace au nombre considerable, des monuments ceramiques et a Total de conservation ou ils nous parviennent, e'est surtout dans les terres cuites que nous voyons eclore ce sourire et cette beaute expressive. Un petit vase de Rhodes, en forme de ttHe de femme (fig. 12), indique le detail du relroussis

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