‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 18 sur 133 · Ileuzcy, ('.dialogue, p · texte numérisé non relu

Ileuzcy, ('.dialogue, p

LA CONSTITUTION DES STYLES ET DES SUJETS

aux levres et aux paupieres avec une netlcte qui touche, encore a 1’exageration mi peu comique de l’art primitif. Un autre beau masque de la grande lie montre les memos details harmonieusement fondus dans un visage qui sourit

doucement, comme du fond d'un reve, realisant deja la supreme elegance des oeuvres du ve siecle1.

Quand on y pense, c’est une grande nouveaute dans l'art que ce sourire : c’est l’avenement d un sentiment encore inconnu a l’humanite.

Les dieux, avant les Grecs, n’ont jamais souri. Monotheistes on polytheistes, les religions orientales ont toujours place Dieu dans une recion inaccessible a l’homme.

On 1' adore en tremblant; on se soumet a ses arrets justes on iniques, toujours souverains; on tache de gagner ses faveurs. Pendant des siecles et des siecles, les pauvres mortels ne regardent le ciel qu’avec terreur, s’efforcant d’en detourner la menace et le mal qui y regnent suspendus sur lcurs tetes. Des la naissance dela litterature grecque, des lloinere, tout change . c ost une aurore. Les dieux sont bien encore lantasques el violents, querelleurs entre eux et friands de grandes tueries ; mais ils s’humanisent, ils daignent frayer avec le mondi; des mortels; chacun d’eux y a son pied-a-terre etabli

Fig. 12. — Vase rhodien en forme de tete feminine.

(Hcuzey, ouvr. cite, pi. 15, n“ i.)

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