‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 34 sur 133 · I. Yoy. ci-dcssu-;, p. C · texte numérisé non relu

I. Yoy. ci-dcssu-;, p. C

P&UODE TANAGREENNE. 99

vetement comrae line aureole (fig. 58). II est d’usage d’expliquer ces figurines commedes representations de Core : en effet, 1 eclosion des lleurs epanouies autour de la deesse rappel le, par un symbole ingenieux, la vegetation dont elle est la personnification poetique et le mystere qui s’accomplit quand, remontant des entrailles ramenc a la surface du sol la parure embaumee des campagnes. Peu h pen, la me me figure s’assouplit ct s'humanise. Les rosaces encadrent une femme au gai visage dont le corps onduleux semble se courber au rylhme dune danse lente : c’est encore une lleure, line Saison, ou une nymphe gracieuse, mais elle n'a plus qu’un caractere de divinite seconclaire. Enfin le cadre tombe, la figure se depouille de tout ce qui rappelait sa nature surliumaine el du socle s’elance une vive ct elegante danseuse, tourbillonnant dans ses voiles onfles par le vent (fig. 59). Co motif, une fois cree, jouit d’une vogue persistante Fig. 58. - Core, vase et il compte parmi les plus frequents 011 forme de statuette, dans la periode hellenislique; on arrive (phf^e"ori®fu' meme a lui donner un aspect tout a fait Louvre0 burlesque ct dehanche. Si franchement qu’il soit. entre dans le cycle des sujets familiers et reels, on ne doit pas perdre do vue le prototype religieux auquel il se rattache1.

1. Une terre cuite inedite, dessinec par M. Chaplain dans une collection grecque, justiiie bien la filiation indiqinJe ici. C’est une danseuse tourbillonnant dans ses voiles et portant encore a la main le petit pore, attribut ordinaire de Core. Nous signalons plus loin (p. 103) un groupe de Jlilo, derive des representations de Demeter avoc Cores ou les deux femmes sont representees sous les traits de danseuse.

Continuons la demonstration par un troisieme example . Tous les visiteurs du Louvre ont pu admirer dans les vitrines de terres cuites un groupe de deux femmes admirablement proportionnees, dont l’une s’appuie sur l’autre avec un geste de tendre abandon ; la premiere est comple-

tement voilee, la seconde porte une courle etoffe qui enserre les cheveux et laisse son manteau s’ouvrir largement sur la poitrine it peine cach£e par une fine tunique (fig. 40). La pensee se reporte naturellement vers les groupes connus de Demeter et de sa fille ; inais on saisit, a des nuances delicates d'expression et d’attitude, que le modeleur a fait effort pour se degager du type ancien et devenu banal. Les deux femmes sent de meme taille; la familiarity du geste donne a la plus jeune indiquerait plutot une sceur ou une compagne qu’une fille; elle tient dans sa main une pomme, attribut amoureux auquel font allusion de nombreux textes anciens1. Uien dans l’attitude ne revele une majeste divine; rien dans le rapprochement des deux figures n indique la joie d’une reunion longlemps desiree et obtenue au prix de mille souffrances. Ces leg^res deviations du type primitif n’ont pas echappd au premier editeur de ce beau groupe. Dans le conunenlaire qu’il lui consacre, il n liesite pas a y voir les images des grandes dresses, mais il reconnait

( Figurines antiques du l.ouvrr, pi. 37, ‘2). Yoy. aussi Stackelberg, Graeber dee flcl/eneu, p>. 51 , n° 2.

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