Dumont et Chaplain, t'.rramiques , n, pi. 19, n° o
1- liurlingtoii (.tut), (.dialogue of objects of greek ceramic art, 18X8, n" 189. I, auteur du catalogue domic cette julie pi&ce comme un produr. dr I .uiagre. Nous croyons Aire sue ipi'etle est de Myrina. Comparez duns la Nt’cropole de Mgrina la pi. 5, ir 3; cf. p. 522, n«* 52. 55.
PERIODE TANAGREENNE.
tout l’honneur d'une entreprise clont les debuts remontent fort loin; c'est assez pour sa gloire d'avoir definitivement cntraine la plastique dans un mouvement auquel elle doit une prosperite eclatante et une influence profonde sur les ages suivants. La reproduction du monde des vivants n’est pas chose inconnue a l’art du ve sifecle. On sait quelle quantite de statues d’athletes, de portraits equestres, de chars vainqueurs aux jeux peuplaient les sanctuaires de la Grece, depuis lepoque des Pisistratides jusqu’au temps de Pericles et d’Alcibiade. Mais ces oeuvres gardaient encore, par leur destination, par le souvenir de l’evenement qu’elles consacraient, des attaches etroites avec la religion. La statuaire de pure ornementation, la sculpture de genre, n’apparait guere qu’avec Pythagoras de Rhegium : cet artiste, vers l’annee 400 avant Jesus-Christ, execute unjeune esclave Libyen portant des tablettes et une figure de boiteux si expressive que les spectateurs croyaient ressentir la douleur de l'infirme. Un groupe de scieurs de bois et une vieille femme ivre s’attachent, au nom celebre de Myron qui est contemporain du precedent. Lykios, fils de Myron, compte parmi ses ouvrages un enfant portant un vase et un jeune serviteur soufflant sur le feu. Ce merne sujet avait tente un Chypriote dont nous avons parle, Slvppax, venu a Athenes sous l’administration de Pericles. Le Cretois Cresilas represente un blesse pres d’expirer. Callimaque, surnomme le raffine, l’homme toujours mecontent de lui-meme, montre des Lacedemoniennes dansant, avec une verite plus voisine de lasecheresse que de la grace. Jusqu’a present ces motifs de composition familiere sont assez rares. Mais voici qu'a la fin du ve siecle ils se multiplient avec les joueuses d’osselets de Polyclete, les chasseurs de Patrokles, les femmes adorant de Naukydes, l’orateur de Cephisodote 1'ancien. C’est alors qu’apparait l’oeuvre de Praxitele, preparec et annoncee par tous les essais de ces maitres anciens.
Dans 1' ensemble considerable de sos travaux on distingue une double preoccupation, preciserncnt la racme que dans les produits c^ramiques de l’epoque suivante : d’abord une preference marquee pour les images relatives au culte de Venus et des Amours auquel s’adjoint le thiase dionysiaque el, d'autre part, un goi'it prononce pour les sujets familiers. La nomenclature de ses ouvrages en dit plus long (pie toute autre preuve. On y remarque une Miuerve, une Hebe, une Demeter, une Flore, une Ceres, un Neptune, un Mercure, un Agathodsemon, un Pan, deux Junons, deux Proserpines, trois Latones, <|ualre Apollons, quatre Dianes, quatre Eros el une Peitho, cinq Venus, cinq Bacchus et des groupes de Satyres, Silenes et Bacchantes. La proportion suivie indique nellemenl k quelle inspiration l’ai’listea obei. Son sentiment intime le conduit plus volontiers a la peinture des passions amoureuses et baebiques. Pourtant il ne rompt pas avec les motifsdes agesprecedenls, coniine Fat teste le nombredcs figures d’Apollon et d’Artemis, de Latoneet de Proserpine. 11 est veritablement un hornme de transition : il n’a pasoublie les lemons du passe et il en continue picusement les traditions religieuses, inais il modilie singulierernent le type des divinites en leur donnanl des formes de plus en plus juveniles et gracieuses, ainsi qu’on pent le voir dans deux de ses plus admirables creations, l'Apollon Sauroctone, ou I'ueur de le/.ard, au Louvre, et l'llerines d'Olyrnpie, portant Bacchus enfant. Ses compositions y perdent peut-etre en precision tout ee qu'elles gagnont en elegance et on savour piquanle; mais cette incertitude memo est une partie de leur grace et e'est le caractere que nous notions aussi dans les statuettes eeramiques so rattachant au cycle roligieux.
Si nous passons a 1 examen des sujets familiers trades par Praxitele, nous relovons, dans les descriptions des auteurs, un portrait de Pliryne, une femme en pleurs
PERIODE TANAGREEXNE.
fit unc courtisane riant, une femme avcc une couronne, nne femme avec mi collier, nne canephore, un soldat debout a cote de son cheval. II est remarquable qu’ici, comme dans la ceramique beotienne, les figures feminines dominent : ajoutons que plusieurs des motifs paraissent etre les memos de part et d’autre.
L’inspiration puisee dans 1’etude de la vie quotidienne prend une place de plus en plus considerable. Ce n’est pas une incursion faite au hasard et comme par soubresauls dans le domaine de la real if e ; e’est une serie continue d’ oeuvres importantes qui indiquent un systeme et un parti pris dans la pensee du maifre. Praxitele merite ii cet. egard le nom de createur : il marque d’une empreinte toute personnelle la plastique grecque, a la fois par le choix original des sujets, par le rajeunissement des types divins et par la grace un peu sensuelle qu’il donne aux figures do femmes. Aussi toule une serie de sculptures sans noms d’ auteurs, du meme caractere elegant et suave, reste cataloguee dans l’histoire de l’art antique sous le litre de style praxilele’en. C’cst grace a lui que son successeur Lysippe pourra proclamer avec franchise le droit de l’artiste a prendre ses modeles dans la nature seule, sans se preoccuper des creations anterieures. Si Praxitele n’a pas formule ce principe aussi hardiment, e’est qu’il appartient a un age plus respectueux des traditions anciennes. 11 n'a pas l’esprit revolutionnairc, mais e’est un novateur qui cherche a concilier les enseignemenls du passe avec les gouts d’une epoque plus raffinee et plus curieuse de nouveautes. Ce sont exactement les tendances que nous avons remarquees dans la fabrication des terres cuiles executees sous l’influence immediate de son ecole.
Enfin un document precieux nous montre en quelle favour etait la plastique ceramique au ive siecle. Les plus grands artistes ne dedaignaient pas, a l’occasion, de se
faire les collogues de ces humbles inodeleurs. Pline rapporte que le celebre peintre Zeuxis avail execute lui— meme des figlina opera, vus par Fulvius Nobilior a Ambracie1. De quel genre etaient ces monuments? Nous l’ignorons.
11 est probable qu'il s'agit de veritables statues ou de reliefs trop lourds pour etre deplaces, puisqu’on no les envoya pas a Rome. En tout cas, nous avons la une indication interessante pour l'histoire des terres cuites. A cote des productions modestes, dues aux fabricants d’ex-voto, il y avait sans doute place pour une statuaire ceramique de haute valour. La tradition du v° siecle ne s’etait pas perdue. Les coroplasles ne manquaient done pas de modeles en tout genre. 11 faut tenir compteaussi des progres realises par la peinture, de l'abondance des sujets familiers qu’on y rencontrait*. Rappelons, parmi les plus celebres, le pretre adorant d’Apollodore, la famille de Centaures, l’enfant aux raisins, la vieille femme grotesque de Zeuxis, le portrait de Navarque, les hoplites et la nourrice thrace de Parrhasius, la tresseuse de couronnes de Pausias, la mere mourante et Fbomme malade d’Aristide, etc.
Ces rapprochements nous permettent-ils de fixer avec quelque vraisemblance la date des statuettes tanagreennesVOn esl fort pauvre en documents relatifs a la chronologic de ces figurines, car les fouilles de la necropole beotienne onl etc I'aites a tort el a travers par des paysans et des marchands, preoceupes de trouver beaucoup et de vendee cher, indil'ferenls a tout fait d'observation scienlilique, genes d'ailleurs par la erainte des confiscations et 1 par la mahmeont reuse loi des antiquit6s qui continue a faire reguer en Crece un veritable regime de terreur. 11 en resulte j