‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 41 sur 133 · L’ART 1IELLENISTIQUE EN GRECE · texte numérisé non relu

L’ART 1IELLENISTIQUE EN GRECE

une formule meprisante. L’horizon change pour les Ames, mais il est peut-etre plus profond cl plus large. Mieux que personne, les modernes sont capables de comprendre les aspirations soudaines de cette race qui, dechue de sa grandeur militaire et politique, se jette avec passion dans le domaine des idees et qui, n’ayant plus de foyer a aimer et a glorifier, embrasse le monde entierd’une etreinte genereuse. La Grece est morte : vive l’hellenisme ! II n’y aura plus de cites grecques, mais il y aura une race grecque qui sera partout chez elle, qui convertira a ses idees d’education et d’humanisme les nations barbares de l’Orient comme les grossiers Romains de l’ltalie, qui laissera des traces de son architecture jusque dans les forets de l’lnde, qui lancera a travers la terre une armee de pliilosophes, de rheteurs, de politiciens, de poetes et d’artistes, pour en faire les ouvriers de sa revanche intellectuelle, qui reprendra enfin l’hegemonie a sa maniere, la plus noble de loutes, jusqu’au point de forcer le poete latin a s’ecrier :

ct Griecia capta ferum victorem cepit. »

La GrAcc prise a pris son fier vainqueur.

La defaillance religieuse qui s’empare des Ames a cette epoque s’accuse en Grece memo par un symptome grave : la fabrication des terres cuites parait diminuer de plus en plus et bientot s’eteindre completement. Avant de donner a cette- observation la valeur d’un fait historique, il faut sans doute attendre que les travaux de fouilles aient dit leur dernier mot et qu’il n’y ait plus rien a attendre des necropoles grecques. Go moment n’est pas encore prochain, car on pent dire que l’ere des recherches dans les profondeurs du sol, succedant aux explorations de la surface, a seulement commence dans le domaine archeologique. Rien des surprises nous sont encore reservees, qui reformeront sur beaucoup de points nos idees actuelles. 11 n’en est pas

inoins vrai quo les documents aujourd’hui rassembles donnent beaucoup do vraisemblance a l'bypoth6se d'un ralentissement considerable dans l'industrie des figurines, a partirdu nrsiecle. Si Ton examine les collections formees par les differents rnusees de l’Europe, on s’apercoit quo les lerres cuites de style bellenistique, trouvees en Grece, y sontfort rares. Elies se reduisent a quelques specimens de l’Aphrodite nue ou demi-nue, des Eros aux formes alanguies et presque feminines, des Satyres et des Silenes aux trails socratiques, des caricatures de vieilles femmes et d’esclaves dont nous retrouverons une serie beaucoup plus complete et plus riche en Asie Mineure1.

On remarquera que le memo temps voit le declin rapide ft irremediable de la poterie peintc, si florissante dans les siecles precedents. Ces deux industries, apres avoir vecu et prospered cote a cote, degenerent ensemble, et sans doute pour des raisons semblables : ctat politique trouble, occupat ion du terriloire grec par les garnisons macedoniennes, ralentissement general des affaires qui amene la mine des petits commertjants, enfin scepticisme croissant des masses et renoncement graduel aux pratiques religieuses des ancdtres.

Si )ieu nombreuses que soient les figurines bellenistiques en Grece, files suffisent cependant a fa ire connaitre quelques-uns des elements dont nous verrons le complet developpement dans les fabriques exterieures : predominance du culte de Venus et de llacchus, introduction de sujets mythologiques et rangers a la religion funeraire et unites de la plaslique contemporaine, tendance a [’observation satirique et a la parodie, gout pour les divinites orienlales. A 1 appui de ces dillerenls caracteres nous citerons, parini les

i. Voy. ilnns les Ct'ramiques de Dumont et Chaplain, t. 11, les ]>l:niclios xxiv a wx. pravees d'apnjs des originaux dont la provenance grecque est certainc.

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