‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 40 sur 133 · L’ART HELLENISTIQUE EN GRECE · texte numérisé non relu

L’ART HELLENISTIQUE EN GRECE

On est conyenu d’appeler hellenistique la periode qui s’etend du regne d’Alexandre a l’etablissement do la domination romaine. Ce terme qui pourrait passer pour un barbarisme, car il ne correspond a aucune forme ancienne, a pourtant l’avantage d’etre clair et de caracteriser les nouveautes sociales et religieuses au moyen desquelles le monde entier renouvelle le fonds usd de ses institutions et de ses croyances. L’histoire grecque a ete jusqu’alors line histoirc de cites, separees les unes des autres par des frontieres naturelles, par des moeurs differentes, par des regimes poiitiques opposes. Les principales villes luttcnt entre elles a qui s’emparera de l’hegemonie sur la Greco entiere : c’est tantot Athenes, tantdt Sparte, tantdt Thebes qui l’emporte. Les allies et les tributaires s’attachent a ces divers partis ou subissent lours lois, suivant la fortune changeante des armes. Mais chaque peuple, cantonnd dans ses limites physiques conune dans sa vie sociale, garde avec un soin jaloux sa nationality particuliere : il y a des rapprochements frequents, des penetrations contumelies de province a province; mais les trades dalliance, les relations de commerce, la religion meme, l eclat des grandes processions et des concours, oil les spectateurs accouraient de toutes parts, ont ete egalement impuissants a crecr une fusion

veritable. L'individualisme politique est la loi organique de ce grand corps qu’on appelle la Ilellade. Du jour ou la Macedoine triomphante reunit en un faisceau ces elements disparates, autrefois rebelles a tout amalgame, et les petrit d’une main rude, tout change en Grece. « Desormais, dit le traducteur du grand ouvrage de M. Droysen sur YHellenisme, chaque cite abandonment « les longs espoirs et les vastes pensees » se replie sur elle-meme et vit au jour le jour, craignant a chaque instant de perdre le peu d’autonomie communale que la Macedoine a jugee compatible avec l’unite de son empire. La Grece s’emiette peu a peu sous la pression d’une monarchie militaire qui va devenir le colossal empire d’Alexandre. Ge travail de desorganisation, plutot morale encore que materielle, se poursuil avec une rapidite effrayante; en quelques dizaines d’annees, il a emporte toules les vertus des Hellenes, attachees a la forme 6troite, mais vivante, de la cite libre et souveraine. La foi religieuse elle-meme, bien ebranlee deja, s’en va; les dieux patrons des cites n’inspirent plus la mihne conliauce a ceux qu’ils n'ont pas su ou n’ont pas voulu defendre. Le vide laisse dans les ames par la disparition des grands sentiments patriotiques et religieux va se combler un peu au hasard, avec la poussiere qu’apporte le vent de chaque jour. Chacun s oriente comme il peut : la philosophic s’occupe a dresser des programmes de vertu et de bonheur a 1‘usage de 1’individu sans patrie, de l'homme « citoyen du monde » ; le grand nombre a recours aux distractions vulgaires et se hale de jouir des restes d'une prosp^rite qui decline'. »

G’est a ce moment que le monde hellenique perd son titre pour devenir hellenistique. 11 ne faut pas voir dans ce mot

Page 1