‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 48 sur 133 · L'ART IIELLENISTIQUE EN GRECE · texte numérisé non relu

L'ART IIELLENISTIQUE EN GRECE

ne pas etre frappe da developpement toujours plus grand des religions propagees par les thiases et les eranes; au conlraire, le culte de l’Etat. sans etre abandonne, devient de plus on plus line ccremonie tout exterieure et ne parait exciter aucune ferveur religieuse.... Entre les religions de l’Etat et celles des thiases, il n’y eut pas de lutte, il ne pouvait pas y en avoir; ce l'ut plutot une concurrence. Les unas et les autres etaient sorties du raeme fonds et reposaient sur la memo conception naturaliste et pantheiste. A en juger par les vestiges que I on peut reconnaitre de la religion primitive des Grecs, leurs divinites, a l’origine, differaient peu de cellos de l’Orient. Mais, par cc fait raeme qu'elles entrerent dans la religion de l’Etat, que leur culte devint le fondement do la vie publique et privee, leur caractere tendit sans cesse a s’epurer et a s’elever. C’est un des traits les plus frappants et les plus honorables du genie des Grecs. 11s valaient mieux que leur religion; ce ne tut paselle qui ameliora les hommes; ce furent les hommes qui rendirent leurs dieux un peu meilleurs. L’etfort des thiases et des cranes se produisit en sens contraire; ils ramenaient la religion aux cultes orientaux, dans lesquels des symboles plus grossiers exprimaient les conceptions paiennes que la Grece etait parvenue a rendre sous une forme plus elevee et plus ideale. Par la raeme, les religions de l’Etat avaient, aupres de la foule, raoins de chances de succes que les thiases. Plus consequents dans l’erreur commune, ceux-ci pretendaient qu’on ne pouvait trop multiplier les raoyens de connaitre la volonte des dieux, et ils se vantaient d en posseder le secret. Leurs devins et leurs devineresses, et surtout les metragyrtes, debitaient, au prix de deux oboles, leurs predictions; ils annoncaient qu’ils disposaient de recettes plus puissantes pour decouvrir l’avenir. La foule, c’est-a-dire les esprits faibles, les superstitieux, les gens animes de passions basses ou raauvaises, trouvaient bien

plus d’attrait dans les ceremonies desordonnees des tliiases que dans le ctdle regie de l’Etat ; les divinites plus grossieres, plus sensuelles de l'Orient, promettaiept a leurs adeptes des jouissances ldeu autrement vives que les dieux, jusqu’a un cei'tain point spiritualistes, de la Groce ; les pratiques superstitieuses, que la religion helldnique mod6rait sans lessupprimer, sc deployaient a 1’aise dans ces religions orientales ou sc multipliaient les sacrifices expiatoires et les purifications. Yoila quelles fuivnt les veritables causes du succes des tliiases. On pent done affirmer que, bien loin d’avoir ete un immense progres pour l'hunianite, leur developpernent, au contraire, lui lit faire un pas en arriere. » On ne saurait expliquer avec plus de neltete pourquo les cultes etrangers, nialgre le succes croissant de leur propagande, out laisse si peu de traces dans l'art de la Grecc propre. L’agitation qu'ils creerent fut toule de surface et ne reussit pas a entamer les rites de la religion offieielle. C ost pourquoi l’on constate rarement la presence de sujets orientaux dans les terres cuites grecques destinees aux sepultures des morts. Mais si l'on n'admel pas ces nouvelles venues, il laut ajouter qu’on commence a so passer fort bien des mil res. Place entre l indifference croissanle pour la religion nationale et le rnepris inne pour les pratiques elrangeres. It* ciloyen fibre de bonne famille parait. renoncer a orner la lombe de ses proches au moven des pelites idoles auxquelles un Age plus naif et plus fervent attacliail une puissance prolectrice. A partir de ce moment, nous sonmies oblige de quitter le sol liellenique pour oiler reelirrelier dans d'aulres regions la continuation de celle toiieliante coiitume. Si elle doit subsister quelque part, cost evidemment dans les contrees memes qui sont le foyer des religions sensuelles el passionnees. G’est en Orient que tail ceramique va si* relreiuper aux sources d une loi plus vive el plus convaineiie. La, rien ne s’oppose

I/ART 11ELLENISTIQUE EN ERECE.

a la creation de symboles el d’images empruntes aux fetes d’un Adonis on d’une Mere des dieux. Citons line derniere fois quelques lignes de M. Foucart qui nous serviront de transition pour l’etude des fabriques exterieures a la Grece. II observe que dans les iles grecques, comme Rhodes, les associations de thiases presentent line organisation analogue a cedes du Piree. Mais, ajoute-t-il, u l’Asie Mineure nous offrira un spectacle different. On en voit sans peine la raison. Les dieux que les thiases et les eranes apportaient dans la Grece etaient des etrangers et restaient en dehors de la cite. Au contraire, dans la Carie, la Lydie, la Phrygie et la Mysie, la Mere des dieux, Sabazios, Men, Zeus Labrandos et les autres sont les divinites nationales. » Ce sont ces divinites nationales (pie nous retrouvcrons en assez grand nornbre dans les produits de Myrina, de Tarse el autres centres asiatiques.

Fiff. 44. — Eros tie Tanagre.

(Exlivil tlu DicUonnaire (les Antiquites tie Saglio, i, lig. 21SS.)

CHAPlTItE VII

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