L'ART HELLEN1STIQUE EN AFRIQUE ET EN CRIMEE
de personnages appartenant au ue siecle avant Jesus Christ, et elles se trouvent melees a des oeuvres aussi inhabiles d’execution que cedes de l’epoque romaine1. Enfm les figures encore influencees par l’art du ve siecle et recueillies avec des poteries de style purement hellenique temoignent elles-memes dune rudesse et d’une inexperience etranges2. Nous sommes ici, non seulementen province, mais en pavs barbare. Malgre leurs efforts et leur bonne volonte, malgre l’importation de monies grecs aussi abondante qu’en Cyrenaique, les ouvriers de la Chersonese taurique n’ont su tirer de ces creux que de grossiers essais, comparables a ceux de la decadence. Rien n’est plus instructif que leur ecliec pour montrer toutes les difficultes de ce metier delicat oil se jouaient les mains adroites et admirablement exercees des ouvriers grecs. Les instruments etaient les memes, les modeles ne manquaient pas; mais ce qui etait absent, c’elait le sens du beau, la delicatesse du toucher, le genius sans lequel il n’y a point d’oeuvre d’art. La peinture de vases indique une impuissance analogue. Si hativesque soient les esquisses a figures rouges et blanches dont on barbouillait a Athenes les poteries destinees a l’exportation, elles peuvent encore passer pour des chefs-d’oeuvre a cote des quelques imitations locales, tristement decorees d’un noir terne, d’un rouge faux, de maigres silhouettes, qui tranchent ii premiere vue sur l’ensembledela ceramique recueillie dans les tumuli cimmeriens.
L’interet de celte fabrique reside principalement dans le choix des sujets representes. La nous retrouvons des rapports etroits avec les produits de la Cyrenaique. Les monies sont parfois identiques et Lon ne peut douter qu’ils aient une origine commune en Grece. Nous citerons en ce genre parmi les produits les plus anciens une serie
1. Complex rendus de Saint-Pelersbour/j, 187 0-7 1 , p. xxxvi.