L’AIIT 11ELLENIST1QUE EN AFR1QUE ET EN CRIMEE
lions, depuis qu’-elle n’est plus absorbee par la seulc preoccupation des types religieux.
be pedagogue barbare et son eleve se retrouvent precisement dans une composition plastique fort celebrc de Scopas ou de Praxitele, la mort de iNiobe tuee a coups de fleches avectous ses enfants par Apollon et Diane. Cet episode dramatique est reproduit dans uneseriede quatorze statues eonservees an musee de Florence; on s’accorde a y reconnaltre des copies faites a l’epoque romaine1. Un heureux hasard a fait decouvrir en Crimee des repetitions en terre cuite et en platre point de la meme scene2. Elies sont probablement d'une epoque assez basse, peut-etre meme posterieure a l’ere chretienne, mais elles constituent un specimen fortprecieuxdes imitations executees d’apres la grande sculpture. Files n’ont point Faspect des figurines ordinaires : le revers est completement plat, de sorte qu’on pouvait les appliquer sur une paroi et les ranger a la file. L’ensemble formait une sorte de bas-relief qui devait orner le flanc d’un sarcophage de bois, pared a ceux dont on a recueilli les debris en grand nombre dans les chambres sepulcrales de Crimee. Le sujet se prete bien a une decoration funeraire et il figure, en effet, avcc la memo signification sur des sarcophages enmarbre sculpte des temps romains. Dans les terres cuites du Bospliore la copie est, suivant l’usage des modeleurs, tout a fait eloignee- d’une exactitude servile. C’est plulot une libre interpretation du chef-d’oeuvre plastique. Le groupe central, Niobe et sa plus jeune fille, rappelle de pres les memes personnages dans le fronton de Florence. On pout citer encore un jeune homme demi-nu, tombe sur les genoux et portant vivement la main a son dos comme pour en arracher le trait dont il sc sent atteint,
1. Overbeck, Gcschichtc ilcv Plaxlilc, o' edit., t. 11, ])• 5-, dg. 10i.
o. Atlas des Comp tea rendus, 1803, pi. 5 ct 4; 1808, pi. ‘2.
qui ofTre beaucoup d’analogie avec une des statues de inarbre. Mais, plus souvent, les attitudes e ha agent , corame dans la tigure que nous reproduisons ici (fig. 50). C’est une
l*ig. 50. * — Niobidc blcsscc- (Atlas (lu Com pie rendu de St-Petersbourrj , 1863, pi. 1, if 3.)
.Niobide loinboe sur les genoux et pnrtant la main a sa tele a\ee un geste douloureux. I. es draperies sont raides et desagreablement sym6triques, le style indique un art assez gauche; cependant 1 attitude est palhetique et heureusement choisie. ISolons encore, parmi les a*uvres inspirees par la
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sculpture, un enfant etranglant une oie1 * * 4. Nous avons deja remarque en Cyrenaique un emprunt fait a la composition de Boethos. Mais ici le motif s’est affadi et a perdu toute sa grace piquante : il se distingue a peine des autres jeux d’enfants. En outre, signalons plusieurs Venus anadyomenes* dont nous retrouverons le motif traite avec plus d’ampleur el de variete dans les produits de Myrina.
Commc en Cyrenaique, la caricature a exerce la verve des modeleurs cimmeriens, mais avec une lourdeur cl une absence d’esprit oil se marque de nouveau l’inferiorite artistiquede la fabrique locale. Ce qu’elle invente est miserable et consisle en poupees bizarres, aux teles herissees de cornes qui les font ressembler a des diables\ D’autres types paraissent tires de moules importes : les meilleurs sont analogues a ce qu’a produit I'llalie; les tetes chauves avec un nez crochu rappellent le Pulcinello napolitain*. Mais comme tout cela est loin de la finesse et de la gaiete tranche oil excellent les modeleurs d’Asie Mineure et les fabricants de petits bronzes alexandrins! 11 semble quo le pays soit trop sombre pour disposer aux idees comiques. Aussi nous avons bate de quitter cette pauvre fabrique de Crimee, peu fertile en creations nouvelles, pour aller du cote du soleil, du cote de l’Orient, oil nous verrons s epanouir un art plus exuberant de force et de vie, plus riche en conceptions originates, plus souple d execution.