L’ART 1IELLENISTIQUE EN ASIE MINEURE
laissant Hotter autour d’elle ses cheveux humides on se regardant coquettement dans un miroir, pendant que les Amours s’empressent autour d’elle; ici elle s'accroupit
l-ig. 51. — Buste d’Aphrodite.
(Pottier ct Reinach, Niici'opole de Myrina, pi. 9, n“ 2.)
pour recevoir une douche d’eau fraiche sur la tete; la elle s’assied sur un escabeau pour polir a la pierre ponce les ondes de ses pieds; ailleurs, elle detache sa sandale ou sa ceintnre el laisse tomber ses derniers vetements sur le
vaso rempli des parfums dont elle va oindre ses epaules. Parfois, eprise comme les Eros du desir des courses loinlaines, elle se laisse emporter sur le dos d’un cygne on, assise sur la proue d'un navire, elle met a la voile, divine voyageuse, pour quelque rive inconnue1. Nous la voyons supplanter audacieusement l’antique Demeter dans son role de protectrice des lombeaux. Elle emprunte a celle-ci sa forme de masque ou de grand buste pour emerger des entrailles memes de la terre. Alin de mieux entrer dans ce role, elle se montre severement drapee dans une etroite tunique, et bien que sa coquetterie instinctive lui fasse mettre de riches pendeloques dans ses cheveux, elle represente assez bien une deesse austere (fig. 51). Mais il arrive aussi que le nature! reprend le dessus et la blonde deesse reparait nue et souriante sous la ineine forme de buste coupe aux epaules8.
Son compagnon Bacchus prend des allures inquietantes d’androgyne, an contact de Part asiatique, qui dans les premieres figures dedivinites laissait entrevoir le desir naif de rassembler en une seule personne la nature mflle et la nature femelle. Cette idee, toute philosophique a ses debuts et destinee a exprimer l’universalite du principe divin, contribue a creer plus tard dans la plastique greco-romaine un etre bizarre ou la foi pure trouve moins son compte que l’imaginalion ldasee en quote de formes inconnues et, pour ainsi dire, inedites. L’ancien epoux de la chaste Core y peril
1. Ndcropole de Myrina, pi. 2 (3), 3, 4, 5 (t, 2, 4, 5), 6 (4 , 5), 7 2), 10(2). Rappelons iju’un tiers du produit de nos fouilles estdevenu, :m\ tonnes do la loi turqur, la propriety du (jouvernement otloinan. los statuettes sont exposees an inusoo do Tchinli-Kiosk ; Roinach, (.dialogue tlu Vuxe'e dc I'.onslanlinoplc, 1X82, p. 7 4-77. M. Iloinacli a publie, on outre, quelques spocimoiis de cotte collection dans YAnterieau Journal of arrlueo/ogy , l. it, ii° 4, pi. 14, 13. On y veil une tr6s jolio li^urine do \einis nue assise sue u n niehor ot arrosant sou corps avoo lo contonu d’un vase a parl’uins.