Rayet, Etudes d’archdoloyie et d’art, p
oreilles sont les traits ordinaires de ces portraits satiriques. II est probable que les petits bronzes alexandrins ont fourni souventaux ceramistes des modeles tout prepares pour le surmoulage, car Ton reconnait encore dans certaines figurines d’argile une secheresse et une vigueur de touche oil transparait le travail du metal1 2 *.
Ce penchant aux drbleries n'exclut pas absolument les representations plus serieuses du monde masculin. Mais celles-ci sont assez rares et, si le modeleur se hasarde a fagonner un beau corps d’athlete nu, il no songe plus a inventer de lui-meme l’attitude et les gestes du personnage : il a recours dans ce cas au procede plus commode de I imitation, il reproduit une oeuvre connue de la grande sculpture*. Yeut-il nous presenter les episodes de la vie conjugate, la reunion de la femme avec son mari, c’esl a la peinture qu'il s'adresse. Un des groupes les plus imporlants de. la fabrique myrineenne rappelle une fresque celebredu \ atican, les Noces Ahlobr anilines7' , que Ton considere coniine une copie romaine d’un tableau execute a lepoque hellenislique. Le groupe nous fait voir le premier acte de la soiree des noces, quand les epoux se retrouvent seuls en tele tete, assis sur le lit nuptial (lig. 57). La jeune femme, cliastement enveloppee dans ses longs voiles, a le regard perdu dans une vague reverie; Je jeune homine se penche vers idle avec une tendresse emueet impatiente. Une grande purete d expression est repandue sur toute cette scene : on y sent cette serenite un pen grave, cette noblesse tranquille d attitudes qui esl la marque des oeuvres les mieux inspirees de l'antiquite.
1. Voy. duns la Xdcropole de Myrii.a, p. 470-488, letude detailleo quo j '.i i consam-o a la caricature dans fart {,-rec et a 1’inQuence des Alexandrins sur ce genre de representations.