L’ART IIELLEMSTIQUE EN AS1E MINEURE
Cette charmante composition nous arnene a noter un element de plus en plus important dans la fabrication des figurines et, en general, caracterislique a cette epoque de l'art. La reproduction des oeuvres celebres en sculpture et en peinture devient une mine feconde de sujets pour les
Fig. 57. — Scene nuptiale.
[Nicropole de ilyrina , pi. 40, n" 2.)
modeleurs coniine pour les sculpteurs, les uns fabriquanl des milliers d’ex-voto destines aux temples et aux sepultures, les autres peuplant de statues les palais des princes on les maisons des riches particuliers. Deux raisons expliquent pourquoi Ton songeait moins alors a inventor qu a imiter, sans exactitude servile, les creations anterieures. Lest
d’abord une certaine impuissance d’imaginalion qui paralvsait lcs esprits do ce temps : il semblait quo tout tut dit cn matiere d’art, qu’on ne put songer a rivaliser avec les chefs-d’oeuvre eclos pendant les deux derniers sif'cles jl’incontestable superiorly de ces merveilles ecrasait d’avance les cssais nouveaux. Ensuite, le besoin de produire vite pour satisfaire aux exigences croissantes du public interdisait les longues reflexions oil se murissent les conceptions fortes et originales. Les cours des Attales, de Ptolemee u, d’Antioebus fipiphane, sont, an mL‘ et au ir siecle avant Jesus- Christ, les centres d’une veritable industrie artistique oil les sculpteurs acquierent une prodigieuse habilote de main el repetent sans se lasser, il 1’usage de leurs riches clients, les oeuvres celebres. Ce que les grands artistes font pour les monarques, les fabricants de petits bronzes et les modeleurs de terres cuitesle font aussi pour les simples citoyens. C’est un immense et actif atelier, dans lequol l’adresse et l’ingeniosite remplacent les qualites supericures d’inspiration et d invention. II en sort souvent des ivuvres un pen froides; mais, dans le detail, que de grace, que d’esprit employe ii rajeunir et a transformer les types ancicns !
Les deux grands noms qui dominent toutes ces copies d antiques sont ceux de Praxitele et de Lvsippe. Au souvenir du premier se rattache une serie importante de Venus parmi lesquelles on recommit des imitations plus oil inoins libres ib1 1 Aphrodite Cnidionne, debout el nue ii cote d un vase ii parfums1, ipielques Eros inspires par les originaux celebres de lliespies on de Parion*. Nous avons, en outre, une adaptation interessante de 1’llermes portent llionvsos enfant, decouviM't a Olympic en 1877 dans les fondles de la mission alleinande . (. osl la seule <euv re du maitre qu’on puisse consi-
1. yicropole de Myrina, j.l. 5 t ; Froelincr, Terres cuL'es d’Asie Mineure , pi. (Ti .
‘2. N/cropolc dr Myrina. pi. Ii t . t TV I, ft).
derer avec une entiere certitude coniine etant 1 original authentique : pour cette raison, (die a ]iris place au premier rang de la statuaire antique. Depuis cette decouverte, on a constate dans les produits de l’art greco-romain un assez grand nombre de copies plus ou moins libres du nienie motif. Parmi les terres cuites nous signalerons une figurine cn forme de vase que l’on dit provenir du Piree et dans laquclle on reconnait une imitation assez lidele de la composition imaginee par Praxitele : Mercure porte l’enfant Bacchus sur le bras gauche et ticnt de la main droite une grappe do raisin, detail important pour la restitution de l'accessoire absent dans le marbre d’Olympie; mais cette main est baissee, au lieu d’etre ('levee en Pair conformement au geste donne par le sculpteur attiquea son personnage1. Be groupc de Myrina s’eloigne encore jilus du modele ancien : il offre un singulier melange de type differents, issus de la pcinture ou de la plastique et ingenieusement combines ensemble. Ce n est plus Mercure qui porte le jeuue dieu et s’efforce de le distraire : c est un Satvre qui so treinousse gaiemcnt, dansant sur la pointe des pieds, la bouche ouverte par un leger rire, un pan de son manteau rempli de beaux fruits vers lesquels 1 enfant tend sa petite main (tig. u<8). J’ai fait de cette charmante scene une etude detaillee*, dont je me contenterai d indiquer les conclusions. Le prototype auquel il faut remonter est rilermes de Praxitele; 1'idee de placer l enfant assis sur le bras ecarte du corps apparait deju au i % ■' siecle, dans une aiuvre du sculpteur Euphranor, et de nombreux sarcophages romains en oll’rent des exemples; la danse sur la pointe des pieds eta it speciale aux Sat vies, dans un jeu appele et elle avail found probablement un sujet a Antiphilos, peintre du iv siecle. I. 'indication minutieuse des muscles,