HOSPITALITÉ D'UN PRINCE KALMOUK
la plupart, nous remarquâmes ceux du baron de Humboldt, de quelques lords anglais et de divers savants russes et allemands.
Nous terminâmes noire soirée par un bal improvisé qui dura toute la nuit. L'Arménien en eut le premier ridée, et dut se charger du soin de compo* ser Forcbestre. Je ne sais comment il s'y prit, mais, au bout de quelques minutes, il nous apporta en triomphe un violon, une guitare et un flageolet.- De pareils instruments chez les Kalmouks, n'estce pas réellement prodigieux!... Nous eûmes promptement organisé une soirée dansante aussi complète qu'on eût pu le faire dans tout autre salon. La gaieté monta même à un tel diapason, que la princesse et sa fille, après bien des hésitations, finirent par mettre toute fausse honte de côté, et s'élancèrent bravement dans un galop étourdissant, où, par parenthèse, Tune d'elles perdit son bonnet. La princesse, émerveillée, ne me quitta pas plus que mon ombre. Elle avait sans cesse recours à l'Arménien pour m'assurer que cette soirée était la plus belle de sa vie, et qu'elle ne l'oublierait jamais. Elle m'exprima un vif désir de ra'entendre chanter, et trouva les romances françaises tellement à son goût, que je dus promettre de lui en copier quelques-unes. De son côté, elle me donna deux chansons kalmoukes composées par elle et écrites de sa main *.
i. Voici la iraductioD d'une de ces chansons, qui ne donnera certainement pas une haute idée des talents poétiques d'une princesse kalraouke : « Mon cheval roux qui dispute le prix de la
m LES STEPPES DE LA UËR C:
Selon l'usage russe, les officiers i faute de savourer le Champagne qui la soirée jusqu'à faire tourner toute:
Nous employâmes la journ^ ( deux promenades dans l'ile et k un con. Ce dernier passe-temps est ei cliez les Kalmouks, oti il se pratiq tout l'éclat que lui donnaient vos moyen Age. Le prince Tumène, po sède une fauconnerie très-bien otj retrouve, pour l'éducation desoise procédés qu'employaient nos aïeux, faucon d'une ardeur et d'une aud qui, ce jour-Ià, fit les honneurs d Kalmouk qui le tenait encapuchonii eut toutes les peines du monde k 1 qu'on lui découvrit la tête. Lanct fique héron gris, il le prit en m nute. Plusieurs canards sauvages 1 poursuivis et atteints par lui avec rapidité.
Les jours suivants, nous go&tâti distractions, oii l'imprévu jouait toi
cunrs« au cliameau, broute l'herbe des cha notre seigneur, lu nous feras la grke de une autre conirëe. ¥-1 toi, charmante horboli lu t'élends sur In terre. El loi, b cœur le pli ma mère, dis-lai ; qu'enlre deux uionlagne!
un vallon uni, demeurent cinquante brat avec courage pour luer une outarde bien g mère nature, soîs-nouâ propioj. -
ITALITlS D'UN PRINCE KALHUUK 113 : saurai» assez témoigner combien nos it d'em|)ressëmenl à nous faire voir tout rs mœurs pouvaient avoir d'original à : cliaque jour une nouvelle surprise, t ménagée, venait retarder le moment Mais, hélas! tout doit avoir une fin dans il fallut donc prendre une résolution , et dire définitivement adieu à cette vie variée, dont nous nous accommodions
inée du voyageur est une cliose bien /éritable oiseau de passage, il efHeure 'inquiéter de ce qu'il laisse derrière lui.
lurs aller en avant, tel est son but. Quant iés qui l'accueillent sur sa roule, à ces ïsagères, d'autant plus douces qu'elles approfondies, à tout ce qui fait réellement les voyages, à peine a-l-il le temps de r un regret. Le moment présent existe ui. Il doit avancer, sauf à savourer plus 'oluplé cliacune des impressions recueiloin et entassées à la hâte dans son esprit, souviendra, il regrettera peut-être ; mais il a bien autre chose à faire que de s'apr de pénibles regrets. Le ciel est beau, : grand; il s'élance gaiement au-devant IX horizons et de nouveaux souvenirs!
W\é pour notre départ, nous déjeunâmes ible, pendant qu'on s'occupait des deraratifs. Ce repas l'ut triste, car chacun
124 LRS STEPPES DE LA UEIt Cf était préoccupé de la même petiséi nous retardions volontairement li adieux, la calèche du prince et un stationnaient à la porte. Tout avalL^ donné avec une magniricence qui n'a de nous surprendre après tout.ce q vu. Gliez aucun grand seigneur il n de trouver une hospitalité plus large prince kalmouk qui, pourtant, de[ années, vit dans une retraite absoli que la véritable supériorité est ind civilisation, et qu'on peut la rencoi chez les peuples aux mœurs primiti' des plus brillants salons de l'Europ Au bas du perron, la calèche de i blée de salin blanc et attelée de qua chevaux conduits à longues guides kbirguise, nous attendait avec une ( valiers qui devaient nous servir d't bac. De nombreux curieux les enb dant avidement la société réunie sur i où elle recevait du piince le coup è cet ensemble formait un tableau al splendide; ce luxe raftiné de l'Occi costumes bariolés des Kalmouks, c( de types si divers, ces officiers en 1 mes, ces beaux chevaux rongeant le tout la noble figure du vieux prince son balcon un dernier signe d'adieu, notre esprit un souvenir inelTaçable