‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 24 sur 63 · HOSPITALITÉ D'UN PRINCE KALMOUK · texte numérisé non relu

HOSPITALITÉ D'UN PRINCE KALMOUK

gnaient, nous ne pouvions nous faire à l'idée que Tamphitryon fût un Kalmouk. Le vieux prince nous adressa grand nombre de questions sur la France, nous parlant avec enihousiasme de son séjour à Paris et des liaisons agréables qu'il y avait formées. Quoiqu'il se tint peu au courant de la politique, la révolution de 1830 ne lui était pas étrangère, et à plusieurs reprises il nous manifesta une grande ad« miration pour Louis-Philippe.

En sortant de table, nous montâmes dans sa calèche pour nous rendre dans la mystérieuse pagode, que nous étions si désireux de visiter.

Au moment où nous mimes le pied sur le seuil du temple, un charivari auprès duquel une trentaine de grosses cloches en branle ne seraient qu'une douce harmonie, salua notre présence et nous ôta presque la faculté de voir ce qui se passait autour de nous. C'était un bruit si perçant, si discord, si sauvage, que nous en fûmes abasourdis ; il n'y avait plus moyen de se dire une parole.

Les auteurs de ce terrible tapage, autrement dit les musiciens, étaient rangés sur deux lignes parallèles, les uns en face des autres; à leur tête, du côté de l'autel, se voyait le grand prêtre agenouillé sur un riche tapis persan, dans une immobilité complète, tandis que derrière lui, vers la porte d'entrée, se tenait debout le maître des cérémonies, le ghepki^ vêtu d'une robe écarlate, la tête couverte d'un capuchon jaune foncé et portant dans sa main un long bâton', comme emblème de sa dignité. Prêtres

i STKPPES DE LA MER CaSP ens, tous agenouillés et ress its et leurs poses à des ma] les costumes de couleurs éclai aderies d'or et d'argent, se com lique à manclies ouvertes et ( I à dents de loup. Quant à Ii ; assez d'analogie avec celle s, à cela près, que les plumes lar des plaques d'argent couve igieuses; au centre de celte su outre une espèce de hou liée de distance en dislance d e petites boules allant loujou

grosseur jusqu'au sommet, h t ensuite en différentes tresse!

ir les épaules. Celle double li

ainsi vêtus, avait bien la co nais ce qui Ht surtout l'objet di ce furent les instruments des i ormes timbales et du tamtani

grosses coquilles marines faisi t, et deux immenses tubes d latre mètres de longueur, cbac pports. Mon mari essaya iin ques sons de ces trompes : il n le la poitrine de stentor de

pour les faire retentir. S'il y le mesure, d'accords et de m Lie religieuse des Kalmouks, lit 1b plus de bruit possible à s.

HOSPITALITE D'UN PKINCE KALUOUK It»

'ant la force de ses poumons. Le concert comiça par un carillon de petites cloches d'un timbra ^ntin, puis vibrèrent les tamtams et les timbales quels se mêlèrent bientôt \es glapisst^ments aigus coquilles^ le tout couronné par les mugissements

deux grandes trompes qui fireiil trembler toules vitres du temple. Il me serait impossible de dre l'originalité de cette cérémonie. Cette fois Ls étions il des milliers de lieues de l'Europe, cœur de l'Asie, dans la pagode du grand Daldina du Thibet.

je temple, éclairé par un rang de larges croisées, orné de minces colonnes en briques stuquées, it la légèreté rappelle la gracieuse architecture resque. Une galerie règne tout autour du dôme,

est très- remarquable également par la délica- B de son travail. Une foule de bons et de maui génies, d'idoles monstrueuses et d'animaux uleux, tapissent toutes les parties de la pagode ui donnent uue physionomie aussi grolesque ipeu religieuse. La vénération des septaleurs du nd Lama pour leurs images est si jalouse, que is ne pouvions nous approcher de ces dieux gots, sans nous mettre un mouchoir sur la iche, afin de ne pas les profaner par un souffle )ur.

je mécontentement qu'éprouvaient les prêtres nous voyant tout examiner avec une minutieuse iosité se trahissait par la surveillance inquiète )t ils nous entouraient. Forcés de se tenir à une

IM LES STEPPES DE LA M distance respectueuse de iioi observaient pas moins tous n air de profonde méfiance. A i plus tard, leur crainte était t taisie d'escamoter quelques-u ques que nous considérions avaient assez raison de tremt lonté ne noua manquait pas contenter de les regarder avei profond respect, sauf à prendi une meilleure occasion.

De retour au palais, nou prince dans une petite pièce particulièrement, et où il a r^ d"armures et d'objets de curio entre autres choses, des chi garnis d'argent émaillé en n aussi précieux par la trempe ( incrustations de la poignée et tolels florentins du quinzième jaspe d'une forme antique, à un seigneur persan; quelq eircassiennes, ressemblant à chevaliers, et mille autres rai leur témoignant du bon goût tique d'un prince que beaucoi raient regarder comme barbai ce cabinet, comme un objet 011 sont inscrits les noms des nent ie visiter. Parmi ces noms

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