‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 43 sur 63 · L'OFFICIER POLONAIS 25Ô · texte numérisé non relu

L'OFFICIER POLONAIS 25Ô

tuait, le bruit d'un torrent se faisait de plus en plus entendre au bas de la montagne, comme pour augmenter encore la perplexité de chacun. Mais, grâce à notre bonne étoile, qui nous avait déjà tirés tant de fois de situations difiBciles et aventureuses, nous nous trouvâmes au bout d*une heure dans la plaine, et, quelques minutes plus tard, près de la station oîi notre arrivée causa un étonnement général. Le maître de poste était furieux contre son collègue, ne pouvant comprendre que malgré les règlements les plus sévères de la poste, celui-ci nous eût donné des chevaux pendant la nuit. Il s'empressa de nous déclarer sa résolution de résister à toutes nos instances, ajoutant que son devoir lui prescrivait absolument de nous refuser des chevaux. Nul besoin de dire que cette déclaration était elle- ' même fort inutile; Dieu merci, nous avions" eu trop

d'émotions nocturnes pour songer à en chercher

d'autres.

La chambre la plus confortable d'un hôtel suisse ou allemand ne m'a jamais fait éprouver un sentiment de bien-être comparable à celui que m'inspira le misérable logement ou nous passâmes le reste de la nuit. Étendue sur uii banc étroit recouvert seulement d'un tapis, je savourai longtemps, en véritable sybarite, la satisfaction de me trouver en pleine sécurité. Cette satisfaction, fruit d'émotions vives et multipliées, est l'un des plus grands attraits des voyages. Après le danger, le repos ; après les an-

i' goisses de la crainte, la béatitude du calme. Dans

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