‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 44 sur 63 · S3Û LES STEPPES DE LA ME · texte numérisé non relu

S3Û LES STEPPES DE LA ME

cette série d'impressions divei

l'esprit, toujours occupés, ont i

complélemeiil négatives dans 1

moyen d'expliquer la passion

toujours eue pour les voyages.

des touristes qui courent le i

pour que le danger ait des cl

ils s'en tiennent d'ordinaire au

leur esprit et leur imagination peuvent dormir aussi

paisiblement que dans la vie habituelle.

Le lendemain, nous attendîmes, pour quitter la station , l'arrivée de notre compagnon de route, que nous avions laissé, bien malgré nous, dans une" si fâcheuse situation. Il arriva tout meurtri de la chute, mais riant de bon cœur de sa mésaventure. Nous partîmes ensemble, fort contents de nous éloi- (,'ner de ces belles montagnes du Caucase qui resplendissaient alors suus les rayons du matin. Les événements de la veille, quoique, au résumé, fort peu dramatiques, avaient laissé dans notre esprit une si pénible impression, que leur vue nou^ inspirait encore un secret effroi. Nous n'eûmes donc aucun regret à quitter un pays aussi pittoresque ; loin de là, plus la contrée devenait uniforme, plus nous étions portés à l'admirer.

Cette nouvelle disposition nous aurait fait, au besoin, saluer avec joie jusqu'aux steppes de la mer Noire : c'est ainsi que le mérite '" " ~ >'---j I>resque toujours des impressions c

Pendant toute la journée, la r

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intérêt; et nul doute & former que . ,-„, —

contint une de ces jeunes beautés destinées, par la force des choses, à être tôt ou tard reines et esclaves en Orient. Quoique je n'eusse plus à leur égard toutes les illusions que j'avais apportées de France, ce nom de Circassienne exerçait encore sur moi une certaine fascination, en me rappelant que les harems de Constantinople et de l'Asie Mineure s'enorgueillissent toujours de posséder ces filles de la montagne. J'aurais donné beaucoup pour soulever un des rideaux de la mystérieuse pavoske, ou du moins pour la suivre jusqu'à notre arrivée à Stauropol; mais notre postillon, qui n'avait pas les mêmes raisons que nous d^la suivre pas à pas, en avait décidé autrement. Aiguillonnés par ses coups et les vigoureux claquements de son fouet, les ctievaux reprirent le galop, et, bientôt après, nous pprdîmes de vue Circassiens, Turcomans, Tatars, troupeaux, voitures cl tout ce qui avait momentanément ralenti la rapidité de notre marclie.

La dernière cliaîne du Caucase, dont les collines s'abaissent in.^iensiblement jusqu'à Stauropol, formait k notre gauche une ligne dentelée, où notre regard saisissait à la hâte plus d'un charmant point de vue. La végétation avait encore beaucoup d'éclat, grâce à la douceur de la température, qui, à cette époque de l'année, nous aurait paru extraordinaire même dans des contrées méridionales. Plus nous avancions, et plus le steppe, avec sor ""-""*'>-" ^"^lancolique etsea grands horizons, ga

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due. Les cimes du Caucase disparaissaient dans un lointain vaporeux ; les collines s'elTaçaienl graduellement; tout nous annonçait le voisinage des vastes plaines qui s'étendent entre la mer Caspienne et la mer d'Azof.

Nous ne pûmes arriver à Stauropol qu'à une heure assez avancée de la soirée. Ce contre-temps nous empêcha de profiter, pour la nuit, de nos lettres de recommandation. Il fallut nous résigner à chercher un gîte dans les hôtels de quelque apparence qui garnissaient la principale rue; mais tous étaient pleins, et, bon gré, mal gré, nous dûmes aller chercher fortune dans les faubourgs. A force de frapper et de faire du bruit, Tofiicier polonais parvint à nous caser, au grand Saint-Nicolas, mauvaise bicoque, dont la chambre commune était déjà envahie par une douzaine de voyageurs. Néanmoins, nous conquîmes un petit coin, grâce encore à notre officieux compagnon. Une fois en possession de ce bienheureux domaine, nous pûmes,- avec nos coussins et nos pelisses, arranger un divan qui en valait bien un autre. J'eus, dans cette circonstance, la preuve, une fois de plus, combien, dans ce pays, les voyageurs s'occupent peu les uns des autres. Chacun fait son. petit ménage, se livre à ses habitudes nationales sans s'embarrasser de son voisin. Ainsi, dans celle chambre remplie d'individus de mœurs tellement diverses, nous nous trouvâmes aussi à notre aise que si l'appartement eût été à nous seuls. Notre langage, notre manière d'être, notre costume,

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ment, et, moitié de gré, momcuc iuii.c, uuua enleva de l'hôtel, nous ôLant ainsi toute espérance d'approfondir une histoire qui se présentait sous un aspect ^ romanesque.

Cet homme obligeant, ancien serviteur de Napoléon, est un des mille débris qu'on trouve éparpillés (tans toute la Russie. Fait prisonnier de guerre en 1812, il n'eut d'autres ressources que celles de l'enseignement. Stauropol lui doit la création d'un pensionnat, établissement très-précieux dans une ville aussi reculée. Pendant les quelques jours que nous passâmes chez lui, nous ne pûmes assez nous louer de lui et de sa famille.

Il faut avoir voyagé dans ces contrées éloignées, pour comprendre tout le bonheur que peut causer ■ la rencontre d'un compatriote parlant votre langue, et svninatbisant avec tout ce oui fait le charme de

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m'aperçois que dans le cours de ce voyage, je n'ai pas encore cité le nom d'une ville sans y accoler tout aussitôt le nom de foire. C'est qu'en effet nous ne pouvions arriver nulle part sans retrouver ces solennités mercantiles si propres à nous donner une haute idée du commerce de la Russie. Cepen'lant, à Stauropol, la foire nous occupa beaucoup moins que le général Grabe, revenu depuis huit jours à peine d'une expédition contre les Circassiens. Son étatmajor remplissait toute la ville du bruit de ses fanfares et de ses exploits. Chaque officier avait à raconter quelque brillant fait d'armes, dont, bien entendu, il s'attribuait tout Thonneur. A peine de retour, le général Grabe s'occupait déjà activement de préparer une autre campagne sur laquelle il fondait les plus grandes espérances. Ne s'avisa-t-il pas de faire des instances très-vives auprès de mon mari, pour l'engager à l'accompagner, tout comme s'il se fût agi d une partie de plaisir. Il lui offrait sa tente, des instruments de physique, tout ce dont il pouvait disposer pour faire tourner cette excursion au profit de la science. Dans toute autre circonstance, l'idée de pénétrer chez les tribus du Caucase, protégé par une armée entière, aurait sans doute séduit M. de Hell, mais c'eût été une véritable folie que d'entreprendre un semblable ouvrage après ceux que nous venions à peinr^ de terminer.

Nous passâmes deux ou trois jours à nous remettre de nos fatigues, au sein de l'excellente famille Crou-

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piez; puis, il fallut prendre congé do ^,^,

et de sa population variée. L'idée de quitter pour toujours ces braves et hardis Circassiens qui semblaient être venus tout exprès à Stauropol , pour nous dire un dernier adieu, doublait encore l'intérêt qu'ils avaient à nos yeux. Peu d'heures avant notre départ, nous nous rendîmes exprès sur le théâtre delà foire pour les admirer une dernière fois et graver dans notre mémoire un type qui représente avec tant de noblesse et de bea"''^ I'hiki Hbb millo variétés de la race humaine.

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