‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 54 sur 63 · BALAKLAVA S · texte numérisé non relu

BALAKLAVA S

aujourd'hui le modeste chef-lieu d'une petite colonie grecque, dont l'origine remonte au règne de Catherine II, et qui compte plusieurs villages réunissant environ 600 familles. Ce fut au milieu de ses guerres avec la Porte ottomane^ que la célèbre impératrice songea à faire un appel à la nationalité de Grecs et à leur haine contre les Turcs. Le manifeste impérial fut suivi d'un prompt suc(!èSy et I& Russie ne tarda pas à disposer d'un nombreux corps naval qui, dans toutes ses rencontres avec l'ennemi, se distingua par une éclatante bravoure. A peine la campagne contre la Turquie fut-elle terminée, que les auxiliaires de l'Archipel prirent une part active aux opérations militaires de la Crimée; plus tard, après la conquête de cette presqu'île, nous les voyons chargés de réprimer les insurrections, en frappant de terreur les Tatars par la cruauté sanglante de leurs expéditions. A cette époque seulement, les musulmans de la Tauride leur donnèrent le nom d'Arnaoutes, qui s'est conservé jusqu'à nos ' jours.

La Crimée une fois soumise, la mission des Grecs devint plus pacifique. Le régiment reçut une nouvelle organisation à la fois militaire et coloniale, et on lui concéda pour résidence la ville et le territoire de Balaklava. La colonie compte aujourd'hui 600 hommes de troupes, dont les fonctions se bornent à surveiller, à tour de rôle, la ligne des côtes. D'après les statuts impériaux, l'activité de service ne peut être exigée d'un colon que durant quatre

iàH LES STEPPES DE LA UER CASP mois de l'année ; les huit autres resteti sitiou pour qu'il puisse se livrer à la c terres. Chaque soldat reçoit vingt-hui:

traitement annuel, et se chargé de :

ment.

Le lendemain de notre arrivée, noi promenade matinale ayant pour but qut géologiques. Embarqués dès cinq heur nous eûmes le spectacle du lever du soi dide eu mer. Les flots étaient pailletés mes elles-mêmes semblaient pétiller La ligne de rochers que nous longia relief par la lumière, nous laissait sa!

tours les plus délicats. Nos rameurs quèrent sur une petite plage sablonnt par une échancrure du rocher, où les II une grande quantité de coquillages et marines. Là, pour horizon, on n'a bleue; pour bruit, que les tempêtes c Une profusion d'arbustes en fleurs U toutes les anfractuosités de la falaise.

armé de son marteau de gt^.otogue, gr grand efTroi, ces masses calcaires qui tées, de loin en loin, que par quelques présence inattendue et le bruit de son t sèrent, parmi les oiseauic qui nictiaii belles solitudes, une révolution compl< vîmes un grand nombre voler au-d'"" en donnant tous les signes d'une vi

Les rameurs, en se remettant en n

BAMKLAV'

ihes d'aubépine rorërent ]es bo ces fraîches ^ ée à Balaklava.

, à la vue du bt meurs grecs qu siècles, sur la s de leurs aïeu) Dent à l'une de quité, qui,chaq lupe de leurs :

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ae journée, il M. Taïtbout qi nous nous don ulie arrotidissai s'éloignait de B 1 couvent de Si ! pérédatnoif ru les souvenirs dt Q de notre es{ e héroïque, les (l'on se figure i illemeut étroite e y trouver plai aquets des voy 1, et l'on conce force d'équilib s'empêcher de ti

trois vigoureux chevaux emportent d'une poste à l'autre avec une f imaginer. C'est pourlant ainsi qu Uusses voyagent, suppoitaul pend entières ce rude exeicice.

Le bras passa sous celui de i avoir du moins un point d'appi véritable Moscovite, toutes tes diflii de locomotion, et j'eus la sali: saine et sauve chez [es cénobiti allions, au nom d'Oreste et d'iphi l'hospitahté ; plaisanterie à pai l'eiliibition de ces noms païens susceptibilité religieuse des moi n'est pas leur fort, et peu leur im que leur église ait peut-être poi ruines d'un temple rougi tant de des hommes,

La roule de Balaklava au mon cideiitée; elle parcourt un imim offre toute l'aridité des steppes de I heure avant le coucher du soleil, tout pièsdu couvent, mais sansq conque nous aniiuiiçât son voisin; nous très-surpris loi'stjue le coche Bernent son siège, vint nous p exemple. Interrogeant vainement ( environs, nous étions tentés de cr quait de nous, et nous hésitâmes UD passage voûté où il venait de s

LE MONASTÈRE SAlNT-GEÛRGfiS »i

narquois, qui noufi semblait être le comble de Timp^tinence. Mais» à l'extrémité du passage, un cri d' admiration s'échappa de nos lèvres : le monastère, avec ses maisonnettes adossées contre le rocher, ses terrasses, son église à dôme vert, ses jardins, sa riche végétation, s'oiTrit à nos yeux, suspendu à plusieurs ceu^iaines de pieds au-dessus de la mer. Longtemps nous contemplâmes l'effet magique que produisaient les travaux de Tliomme sur ce terrain d'éboulement couvert de roches volcaniques et d'arbres séculaires, et qui paraissait, par son aspect sauvage et bouleversé, n'avoir été destiné qu'à être le domaine de la soUtude.

Les monastères russ^ et grecs sont loin d'offrir l'aspect monumental des couvents ultramontains : ils ne se composent que d'un groupe de maisonnettes à un étage, bâties sans symétrie et ne dénotant en rien les habitudes austères d'une communauté religieuse. Les âmes poétiques^ qui trouvent dans les longues galeries d'un cloître tant de sujets de rêverie et de graves méditations, ne pourraient guère s'accommoder d'un pareil mépris pour la forme. L'expérience a toujours démontré combien les objets extérieurs exercent, même à notre insu, d'influence sur nos facultés intellectuelles. La beauté visible élève l'âme en exaltant son culte pour l'éternelle beauté, l'éternelle grandeur, pour le prinràpe enfin de toute perfection. Nos pères le comprenaient parfaitement, en érigeant ces magnifiques cathédrales gothiques, ces abbayes, ces cha-

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